Gabon-Guinee-Equatoriale-accord-Cij-Mbanie-Cocotiers-Conga Actualités africaines 30 juillet 2026
30 juillet 2026 - 20:31 - 39vues
Gabon–Guinée équatoriale
Un accord pour appliquer l’arrêt de la CIJ sur Mbanié
Par Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Journaliste, éditorialiste et fondatrice de RADIOTAMTAM AFRICA
LA PAROLE EST UNE FORCE
Bienvenue et merci de me rejoindre.
Le Gabon et la Guinée équatoriale signent un accord pour appliquer l’arrêt de la CIJ sur les îles Mbanié, Cocotiers et Conga.
L’INFORMATION SANS PARTI PRIS
RADIOTAMTAM AFRICA est un média associatif à but non lucratif, pleinement indépendant. Nous n’appartenons à aucun groupe industriel, n’avons aucun actionnaire et ne sommes soumis à aucune influence gouvernementale.
Notre mission est claire : informer et servir l’intérêt public, pas rechercher le profit.
Chaque don nous aide à produire une information africaine libre, rigoureuse et accessible, à donner la parole à l’Afrique et à sa diaspora, et à préserver notre indépendance éditoriale.
En soutenant RADIOTAMTAM AFRICA, vous ne financez pas des actionnaires : vous soutenez un journalisme indépendant au service de toutes et de tous. Faites un don dès aujourd’hui. Chaque contribution compte.
RADIOTAMTAM AFRICA — La Parole est une Force.
Libreville et Malabo choisissent le dialogue pour régler un différend territorial vieux de plus de cinquante ans
Le Gabon et la Guinée équatoriale ont signé, mardi 28 juillet 2026 à Addis-Abeba, un accord d’engagement conjoint destiné à mettre en œuvre l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice, dans le différend concernant les îles Mbanié, Cocotiers et Conga.
La cérémonie s’est déroulée au siège de l’Union africaine, en marge de la 49ᵉ session ordinaire de son Conseil exécutif. Cet accord ouvre une nouvelle étape dans les relations entre les deux pays voisins d’Afrique centrale, opposés depuis le début des années 1970 au sujet de ces territoires insulaires.
Qui a signé l’accord entre le Gabon et la Guinée équatoriale ?
L’accord a été signé par Simeón Oyono Esono Angue, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Diaspora de Guinée équatoriale, et Dieudonné Aba’a Owono, président de la Cour constitutionnelle du Gabon.
La cérémonie s’est tenue en présence de Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, et d’Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères et président du Conseil exécutif de l’UA.
Selon l’Union africaine, le texte établit un cadre pour l’application pacifique de la décision de la Cour internationale de Justice, conformément au droit international et aux principes de bonne foi, de coopération et de bon voisinage.
Un engagement en faveur de la paix en Afrique centrale
L’Union africaine a salué un accord traduisant la volonté commune du Gabon et de la Guinée équatoriale de privilégier le dialogue et le règlement pacifique des différends.
Dieudonné Aba’a Owono a présenté cette signature comme un acte de confiance mutuelle et un engagement politique en faveur de la préservation de la paix en Afrique centrale. Pour le représentant gabonais, le dialogue et la coopération constituent des instruments essentiels pour prévenir les tensions entre États voisins.
Simeón Oyono Esono Angue a, de son côté, insisté sur la responsabilité historique des deux pays. Libreville et Malabo doivent désormais démontrer qu’une décision judiciaire internationale peut être appliquée avec responsabilité, sérénité et respect des institutions africaines et internationales.
Quel est le rôle de l’Union africaine dans cet accord ?
L’Union africaine a joué un rôle de médiation dans le rapprochement entre les deux États.
En février 2026, Mahmoud Ali Youssouf avait facilité une rencontre entre le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, et le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema. Les deux dirigeants avaient alors réaffirmé leur volonté d’appliquer pacifiquement l’arrêt de la CIJ.
L’ambassadeur Albert Shingiro avait ensuite été désigné envoyé spécial de l’Union africaine afin de poursuivre les consultations et d’accompagner les deux parties dans la recherche d’un cadre commun de mise en œuvre.
L’accord signé à Addis-Abeba constitue donc l’aboutissement de plusieurs mois de dialogue sous l’égide de l’organisation continentale.
Pourquoi les îles Mbanié, Cocotiers et Conga sont-elles disputées ?
Le contentieux porte sur Mbanié, une île d’environ 30 hectares, ainsi que sur les îlots Cocotiers et Conga. Ces territoires, pratiquement inhabités, se trouvent dans le golfe de Guinée, entre les côtes gabonaises et équato-guinéennes.
Leur importance dépasse largement leur superficie. Ils sont situés dans un espace maritime considéré comme stratégique, notamment en raison de son potentiel en hydrocarbures et des enjeux liés à la délimitation des zones maritimes.
Mbanié se trouve à une dizaine de kilomètres du territoire équato-guinéen le plus proche et à environ vingt kilomètres des côtes gabonaises.
Quelle est l’origine du différend territorial ?
L’origine juridique du litige remonte à la convention franco-espagnole signée à Paris en 1900. La France et l’Espagne, alors puissances coloniales, avaient défini les limites de leurs possessions respectives dans la région du golfe de Guinée.
La Guinée équatoriale estimait que les droits détenus par l’Espagne sur les îles lui avaient été transmis lorsqu’elle a accédé à l’indépendance en 1968.
Le Gabon invoquait pour sa part la convention de Bata, un texte présenté comme ayant été conclu en 1974 entre les deux États indépendants. Selon Libreville, cet instrument reconnaissait la souveraineté gabonaise sur Mbanié, Cocotiers et Conga.
Qu’a décidé la Cour internationale de Justice en mai 2025 ?
Saisie conjointement par Libreville et Malabo, la Cour internationale de Justice devait déterminer quels instruments juridiques faisaient autorité pour établir les titres territoriaux et délimiter les espaces concernés.
Dans son arrêt du 19 mai 2025, la Cour a conclu que la convention de Bata de 1974 ne constituait pas un titre juridique ayant force de loi entre les deux pays.
La CIJ a retenu comme titres juridiques les instruments issus de la convention franco-espagnole de 1900. Pour les trois îles, ces titres avaient été détenus par l’Espagne avant d’être transmis à la Guinée équatoriale lors de son accession à l’indépendance.
L’arrêt complet et les documents relatifs à cette affaire sont disponibles sur le site officiel de la Cour internationale de Justice.
Une nouvelle étape pour la coopération entre Libreville et Malabo
L’accord du 28 juillet 2026 ne constitue pas une nouvelle décision judiciaire. Il fixe un cadre politique et diplomatique destiné à permettre l’application pacifique de l’arrêt rendu par la CIJ.
Cette distinction est importante : la question des titres juridiques a été tranchée par la Cour, tandis que les deux États doivent désormais organiser concrètement la mise en œuvre de sa décision.
Pour le Gabon et la Guinée équatoriale, l’enjeu consiste maintenant à transformer la fin du contentieux en une occasion de renforcer leurs relations diplomatiques, économiques et sécuritaires.
Cette démarche peut également servir d’exemple au continent africain : même lorsqu’un différend territorial dure depuis plusieurs décennies et concerne des intérêts stratégiques, le droit, le dialogue et la médiation africaine peuvent prévaloir sur la confrontation.
RADIOTAMTAM AFRICA — La Parole est une Force.
Vous avez une information à partager ou une question ?
➤ Répondez à ce message et discutons-en.
Contacter RADIOTAMTAM AFRICAOFFRE RADIOKING – PARTENAIRE DE RADIOTAMTAM AFRICA
RADIOTAMTAM AFRICA vous partage une offre exceptionnelle proposée par notre partenaire RadioKing !
C’est le moment idéal pour lancer votre propre radio en ligne, moderniser votre site web radio, ou renforcer votre diffusion audio et podcast à moindre coût.
PROFITEZ DE L’OFFRE MAINTENANTAvant de continuer, promets-moi de t'abonner à la chaîne d'actualité RADIOTAMTAM AFRICA :
Cliquez ici
Cliquez ici

Se connecter Inscription