Présidentielle au Cameroun : les alliés du Nord se rebiffent, Paul Biya fragilisé Actualité Afrique 2050 16 juin 2025
16 juin 2025 - 14:33 - 1280vues
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À propos de Félicité Amaneyâ Râ VINCENT - Rédactrice en chef à RADIOTAMTAM AFRICA , Félicité s'engage à façonner la radio de demain pour une Afrique prospère, inspirante , et prête à illuminer le monde. Restons en contact
À quelques mois de la prochaine élection présidentielle au Cameroun, des tensions éclatent au sein des partis politiques du Nord, longtemps alliés du pouvoir. Deux figures majeures de cette région stratégique — Issa Tchiroma Bakary (FSNC) et Bello Bouba Maïgari (UNDP) — remettent publiquement en cause leur soutien à Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 40 ans.
Lors d’un meeting à Garoua, Issa Tchiroma, ancien ministre et porte-parole du gouvernement, a surpris en dénonçant frontalement la misère, le chômage et l’absence d’avenir pour la jeunesse. S’exprimant en langue locale, il a exhorté les militants à tourner le dos à celui qui, sans le nommer, serait responsable de ces maux depuis quatre décennies.
« Je ne fais que porter la voix de ma base », affirme-t-il, tout en entretenant le flou sur une éventuelle candidature : « Vous aurez bientôt toutes les clarifications. »
Dans le même temps, l’UNDP de Bello Bouba est traversé par une fronde interne. Son Secrétaire à la communication, Maïdadi Saidou, appelle à rompre l’alliance historique avec le RDPC, estimant que cette collaboration a « fait son temps ». Un comité central extraordinaire, convoqué pour le 28 juin, pourrait acter la rupture. Bello Bouba, ministre d’État depuis 28 ans, est sommé par sa base de se présenter lui-même à la présidentielle.
Un Nord en pleine mutation
Ces contestations marquent une fracture potentielle dans le pacte politique scellé depuis des décennies entre le régime Biya et les élites du Nord, une région qui représente près de 40 % de l’électorat national. Longtemps marginalisée, cette zone géographique pourrait désormais faire basculer les équilibres traditionnels.
Au sein du RDPC, l'inquiétude monte. Hervé Emmanuel Nkom, voix influente du parti présidentiel, déclare :
« On ne peut pas être dedans et dehors à la fois », visant directement Issa Tchiroma.
Cette réaction démontre que Yaoundé prend très au sérieux cette fronde nordiste. Mais s’agit-il d’un réel tournant politique ou d’un coup de pression calculé à l’approche des tractations électorales ?
Vers un rééquilibrage du pouvoir ?
La crise actuelle dépasse les ambitions personnelles. Elle traduit un ras-le-bol social croissant et une volonté du Nord de ne plus être simplement un réservoir de voix. Si la rupture est confirmée, le soutien populaire et électoral du Nord pourrait se recomposer en dehors des logiques traditionnelles d’allégeance.
La date du scrutin présidentiel n’a pas encore été annoncée, mais le ton est donné : le Nord ne veut plus être spectateur, il entend devenir acteur. Et cette revendication pourrait bien rebattre toutes les cartes politiques au Cameroun.



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