JOURNAL PARLÉ — RADIOTAMTAM AFRICA LE GRAND JOURNAL DE L’AFRIQUE Actualités africaines 14 septembre 2026
14 septembre 2026 - 19:17 - 81vues
Bonjour à toutes et à tous.
Bonjour l’Afrique, bonjour à nos diasporas partout dans le monde.
Bienvenue sur RADIOTAMTAM AFRICA, votre média panafricain indépendant, associatif et à but non lucratif, au service de l’Afrique et de ses diasporas.
Nous sommes en direct de notre studio de Bezons, en Île-de-France.
Je suis Félicité Amaneyâ Râ VINCENT, journaliste, éditorialiste et fondatrice de RADIOTAMTAM AFRICA.
Merci de nous rejoindre pour Le Grand Journal de l’Afrique, votre rendez-vous consacré aux grandes actualités politiques, économiques, sociales, sanitaires, environnementales et géopolitiques du continent.
Nos équipes ont travaillé pour sélectionner, vérifier et décrypter les informations les plus importantes de ce lundi 14 septembre 2026.
LES PRINCIPAUX TITRES
À la une de cette édition :
· À Djibouti, plus de 2 000 personnes fuyant les combats au Yémen sont arrivées en vingt-quatre heures. La ville d’Obock fait face à une pression humanitaire croissante.
· Le Brent dépasse les 106 dollars le baril sur fond de nouvelles attaques visant les routes pétrolières. Les ménages africains pourraient rapidement en subir les conséquences.
· Au Nigeria, la raffinerie Dangote doit ouvrir son capital au public. Mais les investisseurs sont appelés à vérifier attentivement les documents et les canaux officiels.
· En Ouganda, plus de 154 000 enfants sont touchés ou menacés par la malnutrition aiguë dans la région du Karamoja.
· La Chine propose la création d’une zone d’intelligence artificielle ouverte au sein des BRICS. Quelle place sera accordée aux langues, aux données et aux chercheurs africains ?
· Enfin, au Kenya, des motos électriques silencieuses sont désormais utilisées pour protéger la faune dans la réserve du Maasai Mara.
Et maintenant, place à l’actualité.
1. AFRIQUE DE L’EST — DJIBOUTI — CRISE HUMANITAIRE
Plus de 2 000 personnes arrivent du Yémen en vingt-quatre heures
Plus de 2 000 personnes ayant fui les combats au Yémen ont rejoint Djibouti en l’espace de vingt-quatre heures, selon les chiffres communiqués par l’Organisation internationale pour les migrations et les autorités djiboutiennes.
Parmi elles figurent des femmes, des enfants et des familles particulièrement vulnérables.
Cinq cents réfugiés avaient auparavant dû être secourus en mer après que leurs embarcations eurent manqué de carburant pendant la traversée du détroit de Bab-el-Mandeb.
La ville côtière d’Obock, située à une vingtaine de kilomètres des côtes yéménites, constitue désormais le principal point d’arrivée et se retrouve sous une forte pression.
Les besoins concernent l’hébergement, l’eau potable, l’alimentation, les soins médicaux et la protection des enfants.
Cette crise rappelle également une réalité souvent méconnue : le détroit de Bab-el-Mandeb est emprunté dans les deux directions. Des populations yéménites fuient aujourd’hui vers Djibouti, tandis que des migrants venus de la Corne de l’Afrique tentent régulièrement de rejoindre les pays du Golfe en passant par le Yémen.
Les combats restent très évolutifs et certains bilans provenant des différentes forces engagées ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante.
L’urgence, pour Djibouti et ses partenaires, consiste désormais à organiser un accueil digne tout en renforçant les opérations de sauvetage maritime.
Source : Al Jazeera, citant l’Organisation internationale pour les migrations et l’Agence France-Presse.
2. ÉCONOMIE MONDIALE — PÉTROLE — POUVOIR D’ACHAT
Le Brent dépasse 106 dollars : quelles conséquences pour les ménages africains ?
Le marché pétrolier connaît une nouvelle flambée.
Le prix du Brent évoluait ce lundi au-dessus de 106 dollars le baril, après une attaque de drone ayant temporairement interrompu l’oléoduc saoudien Est-Ouest et une nouvelle attaque visant un navire dans le détroit d’Ormuz.
Selon des sources industrielles citées par Reuters, les réserves disponibles au terminal saoudien de Yanbu ne représenteraient que cinq à sept jours d’exportations.
À ces tensions s’ajoutent les menaces persistantes autour du détroit de Bab-el-Mandeb, passage stratégique pour le transport maritime mondial.
Pour l’Afrique, les conséquences pourraient être importantes.
Dans les pays importateurs de pétrole, une hausse prolongée peut entraîner une augmentation des prix à la pompe, du coût des transports collectifs, de la production agricole et, finalement, des produits alimentaires.
Les effets ne seront cependant pas identiques partout. Ils dépendront des stocks nationaux, des mécanismes de subvention, des capacités locales de raffinage, des taux de change et des décisions fiscales de chaque gouvernement.
Les États africains doivent donc communiquer avec transparence sur leurs réserves de carburant et préparer des mesures ciblées afin de protéger les ménages les plus fragiles.
Source : Reuters — évolution des prix du pétrole et tensions sur les approvisionnements.
3. AFRIQUE DE L’EST — OUGANDA — SANTÉ ET NUTRITION
La malnutrition aiguë s’aggrave dans le Karamoja
En Ouganda, la région du Karamoja fait face à une aggravation préoccupante de la malnutrition aiguë.
Selon l’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, plus de 154 200 enfants âgés de six à cinquante-neuf mois souffrent ou risquent de souffrir de malnutrition aiguë entre août 2026 et février 2027.
Environ 13 900 femmes enceintes ou allaitantes seraient également concernées.
Les districts de Kotido et de Kaabong sont classés en phase critique. Quatre autres districts se trouvent à un niveau jugé sérieux.
Cette situation est alimentée par l’insécurité alimentaire, le manque d’eau potable, les mauvaises conditions sanitaires ainsi que la forte prévalence des maladies diarrhéiques et respiratoires.
Précision importante : ces chiffres représentent une estimation cumulée sur sept mois. Ils ne correspondent pas au nombre d’enfants actuellement hospitalisés.
Les priorités sont désormais le dépistage, l’accès aux aliments thérapeutiques, la prise en charge des enfants et des mères, ainsi que le renforcement des points d’eau et des structures de santé dans les districts les plus touchés.
Derrière ces statistiques, il y a des enfants, des familles et des communautés qui ont besoin d’une réponse rapide, coordonnée et durable.
Source : IPC — Analyse de la malnutrition aiguë dans le Karamoja.
4. AFRIQUE DE L’OUEST — NIGERIA — FINANCE ET INDUSTRIE
L’introduction en Bourse de la raffinerie Dangote arrive à l’heure de vérité
Au Nigeria, la raffinerie Dangote prévoit de proposer au public 4,1 milliards d’actions, au prix annoncé de 525 nairas par action.
L’objectif serait de lever environ 2 150 milliards de nairas, soit près de 1,6 milliard de dollars.
La période de souscription annoncée doit s’étendre du 14 septembre au 13 octobre 2026, avec un minimum de dix actions.
Cette opération est présentée comme une occasion d’ouvrir le capital de la raffinerie aux investisseurs africains.
Mais la prudence reste indispensable.
Avant tout paiement, les particuliers doivent vérifier la publication du prospectus, l’ouverture effective de la souscription et l’identité des intermédiaires financiers officiellement autorisés.
Ils doivent également examiner la valorisation de l’entreprise, son niveau d’endettement, les risques liés au taux de change, les droits des actionnaires minoritaires et les conditions de revente des actions.
L’annonce peut susciter de fausses offres et des tentatives d’escroquerie. Aucun investisseur ne doit donc transmettre son argent ou ses informations bancaires par l’intermédiaire d’un lien non vérifié.
Participer au financement d’une grande infrastructure africaine peut constituer une démarche économique importante. Mais l’enthousiasme ne doit jamais remplacer l’information et la vigilance.
Sources : site officiel de l’offre publique Dangote et Reuters — montant envisagé et questions relatives à la valorisation.
5. BRICS — CHINE — INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Pékin propose une zone d’intelligence artificielle ouverte
Le président chinois Xi Jinping a proposé la création d’une zone d’intelligence artificielle ouverte destinée aux pays des BRICS.
Cette initiative, baptisée BRICS AI Open Source Zone, serait consacrée aux grands modèles de langage, à leur entraînement et au développement d’un écosystème technologique ouvert.
La Chine propose également de renforcer les partenariats entre les zones économiques spéciales des différents pays membres.
Pour l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie, membres africains des BRICS, cette annonce peut représenter une possibilité de coopération dans un secteur stratégique.
Mais plusieurs questions restent sans réponse.
Aucun budget précis, aucun calendrier opérationnel et aucun mécanisme détaillé de gouvernance n’ont encore été rendus publics.
Quelle place sera réservée aux langues africaines dans les modèles d’intelligence artificielle ?
Où seront stockées et traitées les données provenant du continent ?
Les universités et les entreprises africaines disposeront-elles gratuitement d’une puissance de calcul suffisante ?
Les chercheurs africains participeront-ils aux décisions ou seront-ils uniquement utilisateurs de technologies conçues ailleurs ?
L’Afrique ne doit pas seulement consommer l’intelligence artificielle. Elle doit participer à sa conception, à son encadrement et à sa gouvernance.
Source : Reuters — annonces de Xi Jinping et coopération économique au sein des BRICS.
6. AFRIQUE DE L’EST — ÉTHIOPIE ET INDE — COOPÉRATION STRATÉGIQUE
Défense et minerais critiques au cœur des discussions
Le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue éthiopien Abiy Ahmed se sont rencontrés en marge du sommet des BRICS à New Delhi.
Leurs discussions ont porté sur la défense, la formation, les investissements, les minerais critiques, l’énergie propre et la santé.
L’Éthiopie souhaite notamment attirer davantage d’entreprises minières indiennes.
Toutefois, aucun contrat précis, aucun montant d’investissement et aucun projet minier détaillé n’ont été annoncés à ce stade.
L’intérêt stratégique est réel, mais ses retombées économiques et sociales restent à négocier.
Dans le domaine minier, les questions fondamentales concernent la transformation locale, les redevances versées à l’État, la création d’emplois, la protection de l’environnement et l’identité des bénéficiaires effectifs.
La coopération entre pays du Sud peut offrir de nouvelles possibilités à l’Afrique. Mais elle ne sera véritablement bénéfique que si elle repose sur la transparence, le transfert de compétences et la création de valeur sur le continent.
Source : Financial Express — discussions entre l’Inde et l’Éthiopie.
7. AFRIQUE DU NORD — LIBYE — TRAFIC DE DROGUE
Cent mille comprimés d’ecstasy saisis selon les autorités
En Libye, l’agence de sécurité Al Rada, rattachée au Conseil présidentiel de Tripoli, affirme avoir intercepté environ 100 000 comprimés d’ecstasy.
Les comprimés auraient été moulés à l’effigie de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Selon l’agence, la cargaison aurait transité par un pays européen qui n’a pas été identifié, avant d’arriver dans un port libyen et d’être dissimulée dans une camionnette.
Des suspects auraient été remis au parquet.
Cependant, leur identité, l’origine exacte de la drogue et sa destination finale n’ont pas été rendues publiques.
Le nombre de comprimés et l’itinéraire annoncé reposent, pour le moment, sur la seule communication de l’agence de sécurité. Ces éléments doivent donc être présentés avec prudence.
Cette affaire met néanmoins en lumière l’utilisation des circuits commerciaux et maritimes par les réseaux criminels opérant entre l’Europe et l’Afrique du Nord.
Source : Reuters — saisie annoncée par l’agence Al Rada.
8. DIASPORA ET MÉMOIRE — ROYAUME-UNI — TRAITE TRANSATLANTIQUE
Environ 13 000 investisseurs britanniques identifiés
Après trois années de recherche, des historiens ont identifié environ 13 000 personnes ayant investi dans la traite britannique entre 1562 et 1807.
Le registre fournit des renseignements biographiques détaillés sur plusieurs milliers d’investisseurs.
Les chercheurs documentent notamment l’implication de membres de la monarchie, du Parlement, du clergé, de grands marchands ainsi que de nombreuses femmes.
Les archives étudiées montrent également que des Africains réduits en esclavage furent marqués au fer d’une couronne sur instruction de responsables d’une compagnie soutenue par l’État britannique.
Ces recherches permettent de mieux comprendre comment les richesses issues de la traite ont circulé dans la société britannique et contribué à l’enrichissement de familles, d’entreprises et d’institutions.
Ce travail historique ne concerne pas uniquement le passé.
Il nourrit les débats contemporains sur la mémoire, les réparations, la restitution et la responsabilité des institutions qui ont bénéficié de l’esclavage.
Pour l’Afrique et les diasporas, l’accès à ces archives constitue un outil essentiel de connaissance, de transmission et de justice historique.
Source : The Guardian — présentation du registre des investisseurs dans la traite britannique.
9. AFRIQUE AUSTRALE — AFRIQUE DU SUD — INNOVATION SOCIALE
Vendre au poids pour combattre la « taxe de pauvreté »
En Afrique du Sud, l’entreprise sociale Gcwalisa expérimente une nouvelle manière de vendre les produits essentiels aux ménages modestes.
Dans six commerces installés dans des conteneurs à Alexandra, les clients peuvent acheter du sucre, du riz, de l’huile ou des produits d’hygiène dans la quantité exacte qu’ils peuvent payer.
Ce système cherche à lutter contre ce que certains économistes appellent la « taxe de pauvreté ».
Les familles disposant de faibles revenus achètent souvent de très petits emballages. Or, rapporté au kilogramme ou au litre, ces formats coûtent généralement plus cher que les grands conditionnements.
Certains de ces commerces fournissent également de l’électricité solaire à des habitations et à une école. Ils servent aussi de points de collecte pour des médicaments.
Cette initiative reste locale et sa rentabilité à grande échelle doit encore être évaluée.
Il faudra notamment comparer les prix réels avec ceux des supermarchés et des commerces informels, mesurer la réduction des déchets d’emballage et vérifier la viabilité économique du modèle.
Cette expérience montre cependant que l’innovation africaine peut partir des besoins quotidiens des populations.
Source : The Guardian — fonctionnement des commerces Gcwalisa.
10. AFRIQUE DE L’EST — KENYA — ENVIRONNEMENT ET INNOVATION
Des véhicules électriques pour protéger la faune du Maasai Mara
Au Kenya, des gardes du Maasai Mara utilisent désormais des motos électriques silencieuses pour surveiller la faune et suivre les braconniers.
Ces motos, fabriquées par l’entreprise kényane ROAM, sont rechargées grâce à l’énergie solaire et peuvent parcourir environ 160 kilomètres.
Leur fonctionnement silencieux présente un avantage important : les gardes peuvent se déplacer dans la réserve sans perturber les animaux.
Des camps de safari commencent également à convertir certains de leurs véhicules thermiques à l’électricité.
Mais plusieurs limites doivent encore être examinées.
Le développement de ces patrouilles nécessite de nouveaux points de recharge. Le coût de conversion d’un véhicule serait compris entre 35 000 et 45 000 dollars, selon les estimations communiquées par l’opérateur.
Il faudra également vérifier la part réelle de fabrication africaine, la durée de vie des batteries, leur recyclage et l’accès des communautés rurales aux infrastructures solaires installées pour le tourisme.
L’innovation écologique ne doit pas uniquement profiter aux visiteurs et aux entreprises touristiques. Elle doit également contribuer au développement des populations vivant autour des réserves.
Source : Associated Press — véhicules électriques dans le Maasai Mara.
CONCLUSION ÉDITORIALE
Voilà pour l’essentiel de l’actualité dans ce Grand Journal de l’Afrique.
Cette édition nous rappelle que le continent se trouve au croisement de plusieurs transformations majeures.
La guerre au Yémen exerce une pression humanitaire directe sur Djibouti.
Les tensions énergétiques mondiales menacent le pouvoir d’achat des ménages africains.
La malnutrition continue de frapper des milliers d’enfants en Ouganda.
Dans le même temps, de nouvelles possibilités apparaissent dans la finance, l’intelligence artificielle, l’innovation sociale et la transition énergétique.

Se connecter Inscription