JOURNAL PARLÉ — RADIOTAMTAM AFRICA LE GRAND JOURNAL DE L’AFRIQUE Actualités africaines 22 août 2026
22 août 2026 - 14:00 - 180vues
JOURNAL PARLÉ — RADIOTAMTAM AFRICA
LE GRAND JOURNAL DE L’AFRIQUE
Samedi 22 août 2026
Présentation : Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Réalisation : G.-V.
En direct de Bezons, en Île-de-France
RADIOTAMTAM AFRICA — La Parole est une Force
Bonsoir à toutes et à tous.
Bonsoir l’Afrique, bonsoir la diaspora.
Bienvenue sur RADIOTAMTAM AFRICA, la radio panafricaine indépendante qui informe, analyse et donne la parole à l’Afrique et à sa diaspora.
Nous sommes en direct de Bezons, en Île-de-France.
Je suis Félicité Amaneyâ Râ VINCENT, journaliste, éditorialiste et fondatrice de RADIOTAMTAM AFRICA.
Merci de nous rejoindre pour Le Grand Journal de l’Afrique, votre rendez-vous consacré aux grandes actualités politiques, économiques, sociales, sanitaires et géopolitiques qui façonnent l’avenir du continent.
LES TITRES
À la une de cette édition :
- En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola progresse rapidement, tandis qu’une partie importante des malades pourrait encore échapper aux dispositifs de surveillance.
- Au Nigeria, des familles réclament le retour de dizaines d’enfants enlevés depuis près de cent jours dans l’État de Borno.
- En Zambie, l’opposant Brian Mundubile est convoqué par la police alors qu’il prépare un recours contre les résultats de l’élection présidentielle.
- Au Ghana, le groupe brésilien Petrobras ouvre des négociations pour accéder à quatre blocs pétroliers offshore.
- En Somalie, la crise nutritionnelle s’aggrave : plus de deux cents centres sanitaires et nutritionnels ont déjà fermé faute de financement.
- Enfin, à Ceuta, les premières victimes de la traversée meurtrière de juillet sont inhumées, mais la majorité des corps demeure sans identité.
Voilà pour les titres.
Et maintenant, place à l’actualité.
1. AFRIQUE AUSTRALE — ZAMBIE
L’opposant Brian Mundubile convoqué par la police
Nous ouvrons ce journal en Zambie.
Selon Reuters, la police zambienne a convoqué Brian Mundubile, candidat battu à l’élection présidentielle, afin de l’interroger sur des déclarations considérées comme une menace pour la sécurité nationale.
Brian Mundubile et sa colistière prépareraient actuellement un recours contre les résultats du scrutin. La police affirme également que les deux responsables politiques se seraient placés sous la protection d’une organisation internationale.
Deux rapports d’observation électorale ont relevé des indices laissant penser que certains résultats auraient pu être artificiellement gonflés. Ces mêmes rapports estiment toutefois que les anomalies observées n’auraient probablement pas suffi à remettre en cause la victoire du président Hakainde Hichilema.
À ce stade, les accusations visant Brian Mundubile restent formulées de manière imprécise et aucune condamnation n’a été prononcée.
Une contestation électorale documentée doit pouvoir être examinée sereinement par la justice. L’invocation de la sécurité nationale ne peut se substituer à la présentation de preuves vérifiables.
2. AFRIQUE DE L’OUEST — GHANA
Petrobras négocie l’accès à quatre blocs pétroliers offshore
Direction maintenant le Ghana.
Le gouvernement ghanéen a autorisé le groupe pétrolier brésilien Petrobras à engager des négociations concernant quatre blocs situés dans le bassin maritime de Keta.
La compagnie brésilienne estime que la géologie de cette zone présenterait des similitudes avec celle de la marge équatoriale du Brésil. Petrobras souhaite ainsi renforcer sa présence sur le continent africain.
À ce jour, il ne s’agit cependant ni d’un contrat définitivement signé, ni du lancement d’une campagne de forage, encore moins d’une découverte commerciale.
Les conditions fiscales, les participations accordées aux entreprises ghanéennes, les obligations environnementales et la place réservée à la main-d’œuvre locale restent à négocier.
L’enjeu, pour le Ghana, sera de faire de cette coopération Sud-Sud un véritable outil de souveraineté énergétique, de transfert de compétences et de création d’emplois locaux.
3. AFRIQUE DE L’EST — ÉTHIOPIE
Un accord provisoire autour de l’euro-obligation d’un milliard de dollars
Toujours sur le terrain économique, l’Éthiopie avance dans la restructuration de sa dette.
Le comité des créanciers publics, coprésidé par la France et la Chine, soutient provisoirement l’accord conclu entre Addis-Abeba et les détenteurs de son euro-obligation d’un milliard de dollars, arrivée à échéance en 2024.
Le comité estime que cette restructuration respecte, à ce stade, le principe de traitement comparable entre les créanciers publics et les investisseurs privés.
Des inquiétudes demeurent cependant autour d’un mécanisme financier qui pourrait accorder ultérieurement un avantage supplémentaire aux détenteurs d’obligations.
L’accord définitif reste donc à conclure.
Au-delà des négociations techniques, une question demeure : qui supportera réellement les conséquences de cette restructuration ? Les investisseurs, les partenaires bilatéraux ou les citoyens éthiopiens confrontés aux restrictions budgétaires ?
4. AFRIQUE DE L’OUEST — NIGERIA
Des dizaines d’enfants toujours captifs dans l’État de Borno
Au Nigeria, l’attente devient insupportable pour les familles.
Des parents ont manifesté à Uba, dans l’État de Borno, afin de réclamer le retour d’environ quarante-cinq enfants enlevés le 15 mai dans des salles de classe à Mussa.
Trente-six autres élèves et un enseignant, capturés le 29 juin dans la localité voisine de Lassa, seraient également toujours détenus.
Ces chiffres ont été communiqués par des représentants des communautés locales. Ils ne constituent pas encore une liste gouvernementale officielle et actualisée.
La police affirme que l’armée poursuit ses recherches. Les autorités n’ont toutefois communiqué ni bilan opérationnel détaillé ni preuve de vie récente.
Après près de cent jours d’attente, les familles demandent davantage que des promesses. Elles réclament une liste vérifiée des captifs, des informations régulières et un véritable accompagnement psychologique et scolaire.
5. CORNE DE L’AFRIQUE — SOMALIE
Un pétrolier sous sanctions détourné par des hommes armés
Nous restons dans la Corne de l’Afrique.
Le Sibu 1, un pétrolier battant pavillon érythréen, a été détourné jeudi par six hommes armés.
Selon Reuters, ce navire serait associé au commerce du pétrole iranien soumis à des sanctions internationales. Il aurait été conduit vers les côtes somaliennes.
Le sort exact de l’équipage et de la cargaison n’était pas encore établi au moment de la rédaction de ce journal.
Il s’agirait du treizième navire attaqué dans cette région depuis le début de l’année 2026, contre cinq bâtiments pendant toute l’année 2025.
Cette recrudescence témoigne d’un retour inquiétant de la piraterie maritime. Elle met également en lumière l’opacité de certains circuits pétroliers, dans lesquels les pavillons, les propriétaires et les cargaisons peuvent changer rapidement d’identité.
Mais quelles que soient la provenance du navire et la nature de son commerce, la protection des marins doit rester une priorité absolue.
6. AFRIQUE CENTRALE — RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Ebola progresse plus rapidement que les capacités de détection
L’alerte sanitaire de ce journal nous conduit en République démocratique du Congo.
Au 19 août, le pays comptait 5 290 cas confirmés d’Ebola et 2 516 décès. Au moins 837 patients étaient hospitalisés à l’isolement.
L’Ituri demeure la province la plus touchée, avec 4 447 cas et 1 984 décès. Au total, 56 zones de santé sont affectées dans six provinces, selon les données publiées par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. ECDC
Africa CDC estime cependant que seulement 30 à 40 % des cas pourraient être détectés. La réalité de l’épidémie serait donc potentiellement beaucoup plus importante que ne l’indiquent les chiffres officiels.
Au moins 160 professionnels de santé auraient été contaminés et 43 seraient décédés.
Le financement international destiné à la riposte pourrait également être épuisé dans les prochaines semaines.
Le chiffre le plus inquiétant n’est donc pas seulement celui des décès. C’est aussi celui des malades invisibles, des contacts non suivis et des communautés que le système sanitaire ne parvient plus à atteindre.
7. AFRIQUE ET DIASPORA — LIBERIA ET GUINÉE ÉQUATORIALE
Cinq personnes transférées à Malabo malgré leur refus
Une affaire sensible concerne maintenant le Liberia et la Guinée équatoriale.
Selon des sources anonymes citées par Reuters, cinq personnes expulsées des États-Unis auraient refusé de quitter l’avion qui les avait conduites au Liberia.
Elles auraient ensuite été transférées vers la Guinée équatoriale, après avoir cru qu’elles retournaient aux États-Unis, puis contraintes à débarquer à Malabo.
Le groupe comprendrait trois ressortissants cubains, un Brésilien et une Camerounaise.
Plus de trente personnes expulsées seraient actuellement détenues en Guinée équatoriale.
Ces informations n’ont pas encore été confirmées dans leur totalité par les gouvernements concernés. Elles soulèvent néanmoins de graves interrogations sur les expulsions successives vers des pays avec lesquels les personnes concernées ne possèdent parfois aucun lien.
Ces procédures doivent garantir l’accès à un avocat, le droit de demander l’asile et la possibilité de contester une expulsion devant un juge.
8. AFRIQUE DU NORD — TUNISIE
Au moins treize personnes portées disparues en Méditerranée
En Tunisie, une nouvelle tragédie est signalée en Méditerranée.
Une embarcation partie jeudi en direction de l’Italie aurait fait naufrage au large des côtes tunisiennes.
Selon l’Observatoire tunisien des droits humains, deux personnes ont été secourues, dont une dans un état critique. Au moins treize autres personnes sont toujours portées disparues.
Ce premier bilan, établi par une organisation de la société civile, n’avait pas encore été confirmé par les garde-côtes tunisiens.
Le naufrage intervient alors que les départs ont diminué sous l’effet du renforcement des contrôles soutenus par l’Union européenne.
Plusieurs organisations de défense des droits humains critiquent cependant les conditions dans lesquelles ces politiques migratoires sont appliquées.
Une politique migratoire ne peut être évaluée uniquement au nombre de départs empêchés. Elle doit également être jugée au regard des vies sauvées, des disparitions, des violences signalées et des voies légales réellement accessibles.
9. CORNE DE L’AFRIQUE — SOMALIE
Deux cent cinq centres sanitaires et nutritionnels fermés
Nous retournons en Somalie, où la crise nutritionnelle s’aggrave.
L’UNICEF estime que près de 1,9 million d’enfants pourraient souffrir de malnutrition aiguë cette année. Près d’un demi-million seraient confrontés à une forme sévère de la maladie.
Les admissions d’enfants présentant une malnutrition grave accompagnée de complications ont augmenté de 32 %.
Au moins 205 centres sanitaires et nutritionnels ont déjà fermé faute de financement. Jusqu’à 618 établissements pourraient devenir inopérants si les ressources nécessaires ne sont pas rapidement mobilisées.
Dans un pays déjà touché par la sécheresse, la pauvreté et les conflits armés, ces fermetures augmentent directement le risque de mortalité infantile.
Derrière chaque réduction budgétaire se trouvent des familles contraintes de parcourir davantage de kilomètres, des diagnostics plus tardifs et des enfants qui meurent parfois de maladies normalement traitables.
10. AFRIQUE–EUROPE — CEUTA
Des victimes de la traversée meurtrière toujours privées de nom
Nous terminons cette édition à Ceuta.
Les premières victimes de la traversée massive du mois de juillet ont été inhumées dans l’enclave espagnole, tandis que plusieurs dizaines d’autres sépultures sont en préparation.
Environ 95 % des corps demeurent non identifiés. Seulement six victimes, toutes présentées comme des hommes marocains adultes, auraient jusqu’à présent retrouvé un nom.
Une organisation marocaine de défense des droits humains demande la suspension des inhumations jusqu’à l’épuisement des procédures d’identification et de rapatriement.
Les bilans disponibles font état de 82 morts recensés du côté espagnol et de quatorze au Maroc. Ces deux comptages restent toutefois distincts et doivent être interprétés avec prudence.
Identifier les victimes est une obligation humaine et juridique.
Les prélèvements ADN, les photographies, les effets personnels et les registres doivent être conservés et rendus accessibles aux familles qui recherchent encore un proche.
Car derrière chaque corps sans nom se trouve une famille privée de réponse, de mémoire et de deuil.
CONCLUSION
Ainsi s’achève cette édition du Grand Journal de l’Afrique.
Ce samedi, l’actualité nous rappelle que les chiffres ne doivent jamais effacer les visages : ceux des enfants enlevés au Nigeria, des malades invisibles en République démocratique du Congo, des migrants disparus en Méditerranée et des familles toujours privées de réponses.
Informer, c’est établir les faits, donner du contexte et maintenir l’attention sur celles et ceux que l’actualité risque trop vite d’oublier.
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