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GABON : LE MASQUE PUNU

19 novembre 2019 à 19h22 - 550 vues

Par Sandrine Nguemebemasque punu2.jpg (69 KB)  et Jophiel Mbeng 

La Reflexion du jour.

Je ne suis pas punu mais un masque m'a toujours fasciné par sa beauté ontologique: le Mbuanda y Mukudji (le danseur sur échasses allant de 4 à 5 mètres de hauteur et tenant dans chacune de ses mains des chasses mouches). Il appartient au groupe ''mériè'' (punu, lumbu, vungu, guisir...). Celui qui m'a captivé appartient au peuple punu. En effet, c'est en observant Itengui, la tête du masque, en étudiant ses canons de beauté symétriques à Marundu et son jumeau Mbuang Ma- de- Nzambi, le premier couple crée par Nzambi, que j'ai découvert la richesse de cette culture traditionnelle qui part du mythe du Mumbuangue. Le Mbuanda en actualisant le récit fondateur, le mythe qui retrace l'origine de la mortalité et le retrait de Nzambi, pose l'importance de la femme et son rôle prépondérant. On peut même à partir de là justifier l'appartenance au système matrilinéaire des punus.


Pour ne pas être trop longue, je vous partage succinctement mon analyse centrée sur la tête du masque. Itengui est sculpté suivant rigoureusement la forme géométrique d'un losange qui est l'union de deux triangles partageant une même base. Ces deux figures renvoient au couple incestueux Marundu et Mbuang. A la racine du nez et aux tempes 9 petits losanges rouges sont regroupés et forment de losanges. Le rouge renvoie à la femme, la matrice, celle qui porte la fécondité, la continuité génétique (menstruations). Le masque est peint en blanc, couleur qui renvoie à l'homme par sa semence (spermatozoïdes). La coiffure est formée de 3 coques noires qui font référence au fils incestueux Mbick, c'est par lui que la mortalité est inscrite dans les gènes de l'homme. Le Mbuanda qui est un rituel actualisant le récit fondateur est célébré pour deux principales raisons: la naissance des jumeaux et les retraits de deuils... Les punus commémorent donc le premier couple et le retour du fils incestueux (décédé) dans la cité des hommes. À chaque sortie ritualisée tout, je dis bien tout est au rythme, au son, au couleur, au costume, à la kinésie et à proxémie du récit même. ''Tout donne à penser'' (Ricœur). Une symétrie parfaite.

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Les Punu (aussi appelés Bapunu, pluriel de Mupunu) forment une ethnie principalement répartie dans le sud du Gabon. Les Punu migrèrent vers le sud du Gabon (dans le bassin de la Ngounié) au 18ème siècle. Ils vivent dans des villages indépendants divisés en clans et en familles. La cohésion sociale est assurée par la société Moukouji, dont le rôle essentiel est de subjuguer les esprits malfaisants de la forêt. Leur langue est le yipunu. On trouve des personnes parlant le yipunu dans les provinces de la Ngounié et de la Nyanga principalement. Les grandes concentrations sont les villes de Mouilla, Ndendé (Ngounié) ; Tchibanga et Moabi (Nyanga). Aujourd’hui, il faut y ajouter les villes comme Lambaréné (Moyen-Ogoué) et même la capitale du Gabon –Libreville.

En nombre de locuteurs, le yipunu se classe en seconde position, après la langue Fang. Au Gabon, dans le bassin de la Ngounié, le mukuyi commémore les défunts. Monté sur d’immenses échasses, un danseur masqué, dont le corps se dissimule sous un vêtement en tissu, autrefois en raphia, exécute des figures acrobatiques tout en brandissant de chaque main un chasse-mouches.

Les masques du Mukuyi sont censés représenter des ancêtres, parfois féminins. Le visage énigmatique du masque est légèrement triangulaire. Sous les yeux clos, étirés en amande, et comme gonflés par le sommeil, les pommettes haut placées s’arrondissent. Le nombre et la disposition des scarifications varient d’un style ou d’une ethnie à l’autre.

Le motif le plus courant, en forme d’écailles, comprend neuf losanges. Ce signe distinctif, nommé mabinda, était gravé dans la chair des enfants, vers l’âge de 10 à 14 ans. Les Punu vivent essentiellement au Gabon. Ils sont réputés pour la mystérieuse beauté de leurs masques avec leur face blanche peinte au kaolin et d’extrême finesse de leur trait.masques-punu_4.jpg (38 KB)

Leurs masques présentent leur idéal de la beauté féminine. Ils expriment la sérénité des anciens qui les protègent et les conseillent depuis le royaume des morts. Ils sont utilisés par les danseurs au cours des rites funéraires. Les masques noirs ont une fonction judiciaire. Les scarifications frontales ou temporales en forme de losange de neuf points représentent leur cosmogonie et évoquent la notion de perfection et de sagesse. Le point central est le principe création (DIEU) qui a donné naissance aux quatre points cardinaux (le monde) ainsi aux deux couples primordiaux (les humains.)

Nul n’est besoin d’être initié pour en profiter.

Les punus déracinés là, j'attends vos réactions. Fin.

Âniniiiii hééé ! Nos cultures se perdent ! Âniniiiii hééé ! Âniniiiii hééé !

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