GABON : CICIBA Un patrimoine à l'abandon transformé en poubelle à ciel ouvert Actualité Afrique 2050 15 septembre 2024
15 septembre 2024 - 12:17 - 4156vues
LIBREVILLE - Autrefois symbole de la promotion de la civilisation bantoue, le Centre International de Civilisation Bantou (CICIBA), situé à Libreville, est aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, transformé en véritable poubelle à ciel ouvert. Ce site, censé être le fer de lance de la culture bantoue à travers l’Afrique et le monde, est aujourd'hui abandonné par les autorités et laissé à l'abandon.
Lors de notre visite sur le site, nous avons constaté que les bâtiments du CICIBA sont aujourd'hui squattés par des familles gabonaises en situation de grande précarité. Le centre est devenu un refuge pour ceux qui n'ont nulle part où aller, transformant ce lieu historique en un espace de survie.
"L'État n'est jamais venu ici !", nous confie avec amertume le président de l'association des squatters qui habitent sur le site. Ce dernier, qui vit lui-même au CICIBA avec sa famille, raconte que depuis des années, aucun représentant de l’État ne s'est présenté pour évaluer la situation ou proposer des solutions de relogement ou de réhabilitation. Il dénonce un abandon total de la part des autorités, qui laisse ce patrimoine culturel se détériorer jour après jour, tout en ignorant les conditions de vie des nombreuses familles qui ont fait de cet endroit leur refuge.

Le CICIBA, qui devait être un centre dédié à la promotion de la culture bantoue, abritait autrefois des conférences internationales, des expositions et des recherches sur les traditions bantoues. Aujourd'hui, ce lieu est envahi par les ordures, avec des débris et des déchets s'accumulant dans les cours et les bâtiments. Ce triste état de délabrement reflète non seulement l'abandon du site, mais aussi l'absence de politiques publiques pour la préservation du patrimoine culturel gabonais.
"C'est une honte," affirme un ancien employé du centre, qui a préféré garder l'anonymat. Il explique que la dégradation du CICIBA est un symbole de la manière dont le Gabon traite son patrimoine culturel. "Nous avons laissé mourir un symbole important de notre identité et de notre histoire", ajoute-t-il avec tristesse.
Les squatters, pour la plupart des familles en situation d'extrême pauvreté, vivent sans accès à des infrastructures de base, comme l'eau potable ou l'électricité. "Nous vivons ici parce que nous n'avons pas d'autres choix," confie une mère de famille. "Mais vivre ici, c'est vivre dans des conditions insupportables."
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour demander que des mesures soient prises. De nombreux Gabonais appellent à une réhabilitation du CICIBA, non seulement pour rendre hommage à l’histoire et à la culture bantoue, mais aussi pour offrir des solutions dignes aux familles qui y vivent actuellement. Le manque d’action de l’État est pointé du doigt, et certains militants estiment que la réhabilitation du CICIBA pourrait devenir un projet symbolique pour le pays, en combinant la restauration culturelle et l'amélioration des conditions de vie des plus démunis.
Le CICIBA, jadis pilier de la culture bantoue, est aujourd'hui un symbole de l'abandon et de l'oubli. Les familles qui y vivent et les militants culturels espèrent que cette situation dramatique attirera l'attention des autorités et déclenchera une réponse concrète pour redonner vie à ce centre historique, tout en améliorant les conditions de vie de ceux qui l'occupent.
L’heure est venue pour l’État gabonais de répondre à cet appel, de restaurer le CICIBA à sa gloire d’antan et de faire en sorte que les Gabonais n’aient plus à choisir entre leur histoire et leur survie.
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