FRANCE : Coronavirus, le portrait de Didier Raoult l’Africain Dakarois Actualités 29 avril 2020
29 avril 2020 - 18:37 - 3364vues
Par La rédaction de RadioTamTam
L’incroyable popularité du professeur Raoult sur le continent africain contraste avec le scepticisme, voire le mépris, avec lequel les milieux universitaires français accueillent ses travaux sur le coronavirus. Un portrait signé Michel Galy
Inconnu il y a quelques mois hors d’un milieu restreint de spécialistes, le professeur Raoult a construit sa renommée à coup d’éclats médiatiques, mais aussi à partir d’une relation très personnelle à l’Afrique confortée par son action spectaculaire à l’occasion de l’ épidémie en cours du coronavirus.
Didier Raoult, une enfance à Dakar
Fort longtemps avant la renommée internationale de l’épidémiologiste de Marseille , le petit Denis Raoult est effectivement né à Dakar en 1952. Son père, chercheur lui aussi, est médecin militaire d’origine bretonne ; il fonde au Sénégal l’Orana, l’Office de recherche sur alimentation et la nutrition africaine. Sa mère infirmière , son grand père, Paul Legendre infectiologue, forment un environnement qui pour le moins le familiarise avec l’univers de la recherche médicale , et qui peut-être l’y prédestine.
Sevré d’Afrique à 9 ans , le jeune Didier se rapatrie comme on disait alors « en métropole », mais en sera marqué, regrettera cette enfance (il dira ses souvenirs inoubliables de l’Anse Bernard à Dakar) ces seuls paradis perdus disait Borges, et n’aura de cesse que de renouer avec le continent en général, et le Sénégal en particulier.« Étant partiellement sénégalais, je ne peux pas ne pas me sentir concerné par ce qui se passe en Afrique » , dira-t- il à la presse de Dakar le 7 Avril dernier.
Une collaboration plus internationale que parisienne
Et pour cause. Après une jeunesse tumultueuse si ce n’est aventureuse, le jeune Didier a passé deux ans sur les bateaux à courir les mers avant son bac!), Didier Raoult, plutôt littéraire dans l’âme, fait des études de médecine et une brillante carrière à Marseille, avec une reconnaissance plus internationale que parisienne.
C’est il y a une douzaine d’année seulement que ce grand ponte de l’épidémiologie renoue avec l’Afrique, via une collaboration tout azimut avec les chercheurs de Dakar.
On passera au lecteur les détails des virus découverts par les équipes franco-africaines du professeur Raoult au Sénégal. Rappelons toutefois ses recherches sur le paludisme, la malnutrition, la rickettsiose ( sa grande spécialité, les rickettsies , bactéries pathogènes qu'il avait réussi à cultiver et étudier à Marseille ; et à prouver que ces bactéries peuvent être transmises par les puces et les moustiques.).
Ses équipes travaillent depuis longtemps au Sénégal sur des formes moins virulentes de coronavirus, et ce mixte de recherche fondamentale et de recherche appliquée a permis notamment de réduire des maladies chroniques en milieu rural, comme les affections respiratoires
Cette recherche appliquée dans deux villages sénégalais, assez éloignés de Dakar pour vivre encore à l’ ancienne, a pourtant permis à son équipe de mener des recherches de pointe, de proposer des stratégies thérapeutiques de pointe. Et aussi d'apporter un certain bien être : Raoult se souvient, ému, du jour où ils ont apporté l’électricité aux villages et comment plus tard des moulins artisanaux ont allégé les peines de hommes et surtout des femmes….
La chloroquine, un traitement à l’africaine
Peu importe pour la plupart des citoyens et surtout internautes africains que cette généalogie fort sympathique du Docteur Raoult ! D’ailleurs connue pour la plupart d’entre eux fin Mars, cette partie africaine de sa biographie se surajoute en fait à un choix médical rassurant pour beaucoup : la promotion constante de la chloroquine (déclinée surtout sous son appellation commerciale des laboratoires Sanofi en Plaquenil) comme traitement du Covid-19.
Certains pays africains ont adopté systématiquement cette thérapie, il faut le rappeler intéressante dans les débuts de la maladie et non dans ses stades très avancés – où le manque de respirateurs et de lits spécialisés se fait cruellement sentir sur l’ensemble du contient.
Ainsi au Sénégal, le Docteur Moussa Seydi, infectiologue au centre des maladies infectieuses de l’hôpital Fann à Dakar ne connaît pas personnellement le Professeur Didier Raoult, mais ayant adopté son traitement , il s'en trouve fort bien :seulement 545 cas le 24 avril , pour seulement 6 décès .
Propulsé par HelloAsso



Se connecter Inscription