Discours en langue Ntoumou de Marc Ona Essangui traduit par Félicité Amaneyâ Râ VINCENT Actualité Afrique 2050 12 octobre 2024
12 octobre 2024 - 11:00 - 3073vues
Par Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Marc Ona Essangui, vice-président du Sénat et figure éminente de la société civile gabonaise, fait l'objet d'attaques injustifiées pour des propos tenus lors d’un colloque réunissant les filles et fils Fang du Woleu-Ntem. Faussement accusé de « tribalisme », son discours était en réalité un appel à l’unité et à la solidarité, des valeurs profondément enracinées dans la culture traditionnelle africaine. Une analyse attentive de ses paroles révèle que cette interprétation biaisée cherche à porter atteinte à sa réputation d’homme sage, tout en renforçant des stéréotypes infondés sur le peuple Fang.
Discours en langue Ntoumou de Marc Ona Essangui traduit par Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Il ne faut jamais déformer les paroles de celui qui maîtrise sa langue. Voici exactement ce que Marc Ona Essangui a dit dans cette vidéo, et non les absurdités propagées par les manipulateurs qui pullulent sur internet.
Je m'adresse à vous en Fang (Ntoumou). Pourquoi m'exprimer en Fang aujourd'hui ? Tout simplement parce que nous sommes ici entre gens du village, et que nous retournerons au village, là où nous sommes nés. Zima Ebeyard vient de s'exprimer, et je souhaite simplement ajouter ceci : je suis Ona Essangui, de la tribu Essangui de Ngouh. À ma gauche se trouve mon petit-fils (en désignant Daniel Ona Ondo), c'est chez moi qu'il suspend son sac. Et ici, mon oncle (en désignant Emmanuel Ondo Metogo), c'est chez lui que je suspends mon sac. N'ai-je pas le droit d'épouser ta sœur ? (en s'adressant à Minaut). Marie Julie, c'est la première fois que je me retrouve face à elle. Le véhicule qui m'a amené aujourd'hui était le sien. Le siège que j'occupe actuellement au Sénat était le sien. Le bureau dans lequel elle travaillait, c'est celui où je travaille aujourd'hui.
Tout cela représente ce que, dans la langue fang, on appelle « Agnos », c'est-à-dire la solidarité fraternelle. Je souhaite maintenant aborder les points essentiels de notre réunion. Nous ne sommes pas ici pour plaisanter ou nous divertir. Ce n’est pas une assemblée pour des confrontations politiques. Il ne s'agit pas de débattre des luttes politiques entre le PDG, l'Union Nationale et la société civile. Depuis qu'OLIGUI est au pouvoir, il a demandé que nous suspendions les activités politiques qui ont épuisé notre pays. Il nous a encouragés à œuvrer pour un idéal commun : le Gabon.
Nous faisons partie de ceux qui savent se plier instantanément quand il le faut, comme cela nous a été enseigné dans le Grand Nord, n'est-ce pas ? Que signifie l'expression « tribu de ceux qui se plient d’un seul coup » ? Aujourd'hui, en nous réunissant ici, je ne vois autour de moi que des notables du Woleu-Ntem, ce qui montre bien que nous sommes ici pour discuter de notre province, le Woleu-Ntem. Comme l'a dit Minaut précédemment, nous ne savions pas qu’un jour, les habitants du Woleu-Ntem se rassembleraient dans une réunion incluant les aînés, les jeunes, les femmes et les hommes pour réfléchir à la requête formulée par notre fils : « Je suis désormais le leader politique du Woleu-Ntem, je ne veux plus entendre parler de divisions parmi vous ».
N'est-ce pas ce qu'il nous a demandé ? Si notre fils, qui est aussi le chef de l'État, nous le demande, qui pourrait contester cette volonté ? Nous revenons d'Engong, et à Engong, une fois qu’Akoma Mba a parlé, est-ce qu’Engwang Ondo peut contester la parole d’Akoma Mba ? C’est pour cela que nous sommes ici.
La deuxième chose que je souhaite clarifier est que nous sommes engagés dans une compétition politique. C’est semblable aux femmes qui partent pêcher. Chaque femme a un panier, et à la fin de la pêche, elles déversent le contenu de leurs paniers sur un plateau pour voir qui a fait la meilleure prise. Nous sommes sur le point de commencer notre propre pêche. Nous en sommes encore aux préparatifs, en train de poser les nasses. Chacun de nous va bientôt vérifier et vider sa propre nasse. À la fin, nous verrons qui a capturé le plus de poissons. Ce que nous entreprenons (le référendum), si nous n’adoptons pas le principe de nous unir comme un seul homme, nous risquons de perdre cette pêche. Qui ne sait pas à quel point nous sommes en conflit entre nous ? C’est comme lors d'une chasse : si tu attrapes un silure sans bien le tenir, il se débattra et s'échappera.
Pour remporter le combat à venir, il est essentiel que nous abandonnions nos étiquettes politiques et de société civile pour former un front uni. Marc Ona Essangui a chanté une chanson de l’orchestre Akweza, créée pour les célébrations du 17 août 1978. Les paroles appellent à l’unité et posent une simple question : à qui la faute si l’entreprise échoue ?
Donnez un peu, recevez beaucoup.



Se connecter Inscription