CAMEROUN : La Femme Mariée dans la Tradition Béti : Une Héritière Dépossédée ? Actualité Afrique 2050 08 mars 2025
08 mars 2025 - 18:01 - 1483vues
Par Brice Mvogo
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il est crucial de rappeler que la question des droits des femmes ne concerne pas uniquement le monde moderne. Dans nos traditions, la femme mariée occupait une place centrale. Bien plus qu’une épouse ou une mère, elle était la gardienne du foyer, la garante de la prospérité et la détentrice d’un savoir ancestral. Pourtant, aujourd’hui, ce rôle tend à s’effacer, emportant avec lui des droits qui lui étaient pourtant reconnus.
Prenons l’exemple de ce rituel ancestral Béti, où, à la mort d’une matriarche, l’une des belles-filles était désignée pour prendre sa place. Ce n’était pas une simple formalité : cette passation de pouvoir témoignait de l’importance accordée à la femme mariée dans la continuité et l’équilibre du foyer. Pour prouver sa légitimité, celle qui devait succéder remplissait une hotte de semences variées qu’elle devait planter sous la surveillance des anciennes du village. La qualité de sa récolte déterminait si elle recevait la bénédiction des ancêtres et, avec elle, la responsabilité de préserver l’abondance et la cohésion familiale.
Ce rituel ne se réduisait pas à une simple tâche agricole. Il consacrait la femme mariée comme une figure d’autorité, une véritable héritière, reconnue et respectée. Mais aujourd’hui, que reste-t-il de ce droit ? Plus rien. La transmission qui devait s’opérer n’a plus lieu. Les traditions se vident de leur sens, la femme mariée perd peu à peu son statut, reléguée à un simple rôle d’exécutante dans un foyer où son pouvoir décisionnel s’amenuise.
Pire encore, l’image de la femme mariée est aujourd’hui fragilisée par des préjugés nourris par les écarts d’une minorité. Ne laissons pas cette minorité effacer la valeur du mariage. La grande majorité des femmes mariées sont dignes, responsables et respectables, mais leur image est trop souvent éclipsée par des jugements hâtifs.
On parle de modernisation, de progrès. Mais peut-on réellement parler de progrès lorsqu’on dépouille la femme mariée de ses droits ancestraux ? Lorsqu’on l’empêche d’être la pierre angulaire du foyer qu’elle était autrefois ? Les traditions ne sont pas figées, elles évoluent. Mais doivent-elles évoluer au prix de l’effacement de celles qui les portaient fièrement ?
Aujourd’hui, nous devons nous interroger : comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi acceptons-nous que la femme mariée ait perdu ce qui faisait sa force dans nos cultures ? Et surtout, que faisons-nous pour que cette reconnaissance, autrefois évidente, ne devienne pas un lointain souvenir ?
Sur ce, bonne Journée internationale des droits des femmes.
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