AFRIQUE2050 : La question de la mobilité reste une préoccupation très importante de la jeunesse africaine Actualité Afrique 2050 12 octobre 2021
12 octobre 2021 - 19:23 - 4034vues
Par RadioTamTam
Venus d'au moins 12 pays du continent, des jeunes Africains ont exprimé leurs attentes et leurs frustrations sur la démocratie et la relation avec la France, lors d'un sommet inédit à Montpellier qui a privilégié la parole de la société civile. Ils viennent du Burkina Faso, du Mali, de la République Démocratique du Congo, du Maroc... et ils ont beaucoup à dire à la France, concernant l'héritage colonial, la politique des visas ou l'aide au développement. Dès l'ouverture du sommet vendredi matin, auquel quelque 3000 personnes étaient conviées, la table ronde « Engagement citoyen et démocratie » a attiré de nombreux spectateurs et intervenants. "Nous espérons que Montpellier sera un nouveau départ. Ecoutons le terrain africain, la jeunesse africaine, elle a des choses à dire au monde et à la France", a déclaré Bakary Sambe, directeur de l'Institut Tombouctou. Aucun chef d'État du continent n'a été invité à ce sommet qui se tient dans un contexte délicat alors que l'influence de la France dans son ancien pré-place est de plus en plus contestée, notamment par la Russie, et que Paris est en crise ouverte avec deux de ses anciennes colonies, le Mali et l'Algérie.
Se référant à la récente décision de Paris de réduire drastiquement le nombre de visas pour les Algériens, les Marocains et les Tunisiens, Mehdi Alioua, professeur de sciences politiques à Rabat, a déploré ce qu’il a qualifié de « punition collective ». Alioua, sous les applaudissements du public, a dénoncé la politique des visas comme un « système d’humiliation (et) de vexation ».
Aussi, la question de la mobilité reste une préoccupation très importante de la jeunesse africaine, qui n’a pas vu se concrétiser les promesses du président Emmanuel Macron, quatre ans après son discours à Ouagadougou.
Un autre sujet qui a été beaucoup discuté était l’état de la démocratie sur le continent africain, et le « Français l’ingérence ».
« Nous sommes coincés entre un discours occidental condescendant qui veut éduquer les Africains et un discours de nos gouvernements disant que les Occidentaux veulent imposer leurs valeurs », a déclaré Habiba Issa Moussa, une jeune étudiante de l’Université d’Aix-Marseille, d’origine nigériane.
« Nous devons repenser la gouvernance en Afrique et ne pas copier-coller le modèle européen de gouvernance », a déclaré Clément Dako, un Malien, plaidant pour que « l’Afrique ait sa propre voie démocratique.
« Les enjeux essentiels ici ne sont pas l’entrepreneuriat ou le sport – largement discutés lors du sommet de Montpellier, n’est-ce pas – c’est la politique ! » a lancé pour sa part la Burkinabé Sibila Saminatou Ouedraogo, critiquant « le rapport de dépendance » de l’Afrique à la France.
- Doutes -
Dans l’après-midi, le président Macron devait débattre avec un panel de douze jeunes femmes africaines, sélectionnées à l’issue de dialogues menés depuis des mois à travers le continent par l’intellectuel camerounais Achille Mbembe, chargé de préparer le sommet.
« J’aimerais vraiment y croire », a déclaré à l’AFP David Maenda Kithoko, réfugié politique de la RDC en France. « Mais j’ai beaucoup de doutes. Concernant la relation entre la France et l’Afrique, il y a beaucoup de grands mots d’un côté, et un manque de courage de l’autre », déplore le jeune militant, qui appelle à la reconnaissance des « écocides » miniers dans son pays. « J’aimerais que la France s’engage de manière frontale sur ce sujet, mais Français entreprises comme Total profite de l’exploitation minière », a-t-il rappelé.
Dans son rapport, remis mardi au président Français, Achille Mbembe estime que la France est trop déconnectée « des nouveaux mouvements et des expériences politiques et culturelles » portées par la jeunesse du continent.
A l’issue du sommet, le président Français, qui devrait se représenter dans sept mois, pourrait faire des annonces générales sur la base des propositions d’Achille Mbembe. Parmi eux, la création d’un fonds pour soutenir des initiatives de promotion de la démocratie, des programmes permettant une plus grande mobilité des étudiants, ou la mise en place d’un « forum euro-africain sur la migration »
SOURCE : NOUVELLES AFRICAINES
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