Aucun secteur n’influencera autant les économies africaines en 2026 que celui des minerais stratégiques. Entre flambée des prix, rivalités géopolitiques et transition énergétique, l’Afrique est au cœur d’un nouveau super cycle minier. Profitera-t-il enfin aux populations, ou renforcera-t-il un modèle d’exploitation ?
Illustration — Minerais critiques et chaînes de valeur : l’Afrique au cœur des rivalités mondiales.
Le super cycle minier mondial : une opportunité décisive pour l’Afrique
Ni les élections, ni la géopolitique classique, ni même le commerce international n’auront cette année un impact aussi structurant sur le continent que la santé du marché des matières premières. Les variations de prix de l’or, du cuivre, du cobalt ou du lithium rappellent l’ampleur du potentiel… et la fragilité d’économies encore trop dépendantes des exportations brutes.
Mining Indaba : le continent face à son destin minier
Au Cap, le Mining Indaba réunit dirigeants, investisseurs et industriels autour d’une question simple et décisive : comment transformer la richesse du sous-sol africain en développement souverain et durable ? Les arbitrages engagés aujourd’hui peuvent façonner l’avenir de plusieurs économies africaines pour des décennies.
Washington, Pékin et la bataille des minerais critiques
Dans le même temps, Washington veut renforcer et diversifier ses chaînes d’approvisionnement afin de limiter la domination chinoise. Des propositions comme un prix plancher pour certains minerais critiques visent à rassurer les investisseurs et à réduire l’exposition à la volatilité. Mais rien ne garantit que ces dispositifs aideront les producteurs africains à franchir leurs obstacles structurels : énergie, financement, industrialisation.
RDC et Ghana : produire plus, mais transformer où ?
Des pays exportateurs de premier plan répètent désormais la même ambition : créer davantage de valeur ajoutée localement via la transformation et la fabrication. L’objectif est clair : emplois, expertise, et capacité industrielle. La question reste entière : avec quels leviers, et sous quelles conditions de marché ?
« Nous sommes exploités » : la colère monte à l’Est de la RDC
Dans l’est de la République démocratique du Congo, beaucoup redoutent que les accords internationaux ne changent rien aux réalités du terrain : pauvreté persistante, déplacements, faibles salaires, atteintes environnementales, et sentiment d’un partenariat structurellement déséquilibré.
Le corridor de Lobito : test décisif pour un modèle équitable
Les projets d’infrastructure, comme la réhabilitation d’axes ferroviaires destinés à exporter les minerais, sont présentés comme des catalyseurs. Mais ces initiatives posent aussi des questions sur la transparence, la protection des communautés et le partage réel des bénéfices.
Gouvernance, transparence et souveraineté : le vrai enjeu
Le cœur du sujet n’est pas seulement géopolitique : il est politique et social. Sans gouvernance solide, standards environnementaux, visibilité sur les contrats et stratégie industrielle, le super cycle minier risque de reproduire les mêmes dépendances, au détriment des populations.
Guerre et exploitation illégale : un cercle vicieux
Dans les zones de conflit, l’exploitation illégale prospère, fragilise l’État, et intensifie les dommages environnementaux. La paix, la régulation et la souveraineté économique deviennent indissociables.
Conclusion : l’Afrique fait face à un choix historique. Soit le nouveau cycle minier consolide un modèle extractiviste, soit il devient le socle d’un pacte économique fondé sur la transformation locale, l’emploi, et une répartition équitable de la valeur.



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