Radio TAMTAM AFRICA TRIBUNE LIBRE — RÉGIS MASSIMBA À GABON TÉLÉVISIONS : DEUX COUACS D’ENTRÉE ? PODCAST « TAMBOURS PARLANT COMMUNICATIONS » 30 juillet 2026
30 juillet 2026 - 22:54 - 8vues
Tribune libre
Régis Massimba à Gabon Télévisions : deux couacs d’entrée ?
PAR RADIOTAMTAM AFRICA
LA PAROLE EST UNE FORCE
À peine installé à la tête de Gabon Télévisions, Régis Massimba se trouve déjà confronté à deux séquences qui pourraient constituer des signaux d’alerte. Elles interrogent moins l’homme que la vision éditoriale qu’il entend imprimer à l’audiovisuel public gabonais.
1 — La visite d’État à Paris : une communication réussie, mais quelle médiation journalistique ?
La visite d’État du président de la République gabonaise à Paris restera certainement comme une réussite diplomatique et communicationnelle.
Les images diffusées par la communication présidentielle ont parfaitement restitué la solennité de l’événement : Champs-Élysées, château de Versailles, Mont-Valérien et protocole républicain français. Sur le plan de l’image institutionnelle, la partition a été soigneusement exécutée.
Mais derrière cette réussite apparaît une faiblesse plus discrète : l’insuffisance de la médiation journalistique.
Comme l’a relevé le Dr Freddhy Koula Moussavou, spécialiste de l’économie des médias, la presse gabonaise traditionnelle a semblé peu présente dans le récit historique qui se construisait à Paris. Peu d’envoyés spéciaux, peu d’analyses approfondies et trop peu de mises en perspective historiques, diplomatiques, économiques et géopolitiques.
La communication a raconté l’événement. Le journalisme, lui, n’a pas pleinement occupé sa place.
C’est précisément l’un des grands chantiers qui attend Régis Massimba. Gabon Télévisions ne peut pas se limiter à retransmettre les séquences officielles. Une télévision publique digne de cette mission doit expliquer les événements, interroger leurs enjeux, organiser le débat contradictoire et contribuer à la construction de la mémoire nationale.
2 — La séquence Wilfried Okoumba Kamitatou, dit « Lénine d’Adjongo »
Le retour au Gabon de Wilfried Okoumba Kamitatou, connu sous le nom de « Lénine d’Adjongo », a profondément divisé l’opinion publique.
Cette séquence a ravivé les accusations d’indignation sélective et de traitement judiciaire à géométrie variable sous la Ve République.
Après plusieurs années d’activisme numérique marqué, selon ses détracteurs et certaines personnes disant en avoir été victimes, par une grande violence verbale et des attaques visant notamment des communautés gabonaises, son retour et sa médiatisation soulèvent de nombreuses interrogations.
Le passage de « Blois-Chambord » au « remords », pour reprendre la formule de Serge Abslow, pose une question essentielle : peut-on tourner la page sans examiner ce qui a été écrit sur les pages précédentes ?
La réconciliation est une nécessité nationale. Mais elle ne peut pas devenir une simple opération de communication au cours de laquelle les personnes qui s’estiment victimes seraient invitées à oublier, tandis que l’auteur présumé de propos portant atteinte à la cohésion sociale reconstruirait publiquement son image sans véritable débat contradictoire.
Dans une tribune consacrée à cette affaire, l’acteur civique Geoffroy Foumboula rappelle qu’il convient de distinguer le pardon accordé pendant la période de Transition politique de celui qui pourrait intervenir sous la Ve République.
Il souligne également que le respect des droits fondamentaux des activistes, y compris les plus virulents, ne doit être confondu ni avec l’immunité ni avec l’effacement automatique de leurs actes passés.
C’est précisément à cet endroit que le rôle des médias publics — et particulièrement celui de leur nouveau directeur général — devient crucial.
Une télévision nationale ne doit être ni un tribunal médiatique ni une agence chargée de promouvoir ou de réhabiliter une personnalité. Elle doit être un espace d’éthique, de confrontation des récits et de construction collective de la mémoire. Elle doit surtout demeurer l’un des garants de la cohésion nationale.
Sauf erreur de ma part, cette ambition figurait parmi les engagements exprimés par Régis Massimba lors de sa prise de fonction.
Un premier test pour la nouvelle direction
Ces deux séquences constituent donc un premier test éditorial majeur pour le nouveau directeur général de Gabon Télévisions. À mes yeux, ce test n’a pas encore été pleinement réussi.
Le défi de Régis Massimba ne consistera pas uniquement à moderniser techniquement Gabon Télévisions. Il devra surtout répondre à une question fondamentale :
Quelle place accordera-t-il au journalisme ?
1. Lui donnera-t-il le même rôle que sous l’IVème République dominée par le Parti démocratique gabonais, ou instaurera-t-il un journalisme public plus indépendant, contradictoire et conforme aux ambitions institutionnelles de la Ve République ?
L’avenir de Gabon Télévisions dépendra largement de la réponse apportée à cette question.
Tribune libre reçue par RADIOTAMTAM AFRICA.
Les opinions exprimées dans ce texte appartiennent exclusivement à leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale de notre média. Les personnes citées disposent d’un droit de réponse.
Vous avez une information à partager ou une question ?
➤ Répondez à ce message et discutons-en.
Contacter RADIOTAMTAM AFRICAOFFRE RADIOKING – PARTENAIRE DE RADIOTAMTAM AFRICA
RADIOTAMTAM AFRICA vous partage une offre exceptionnelle proposée par notre partenaire RadioKing !
C’est le moment idéal pour lancer votre propre radio en ligne, moderniser votre site web radio, ou renforcer votre diffusion audio et podcast à moindre coût.
PROFITEZ DE L’OFFRE MAINTENANTAvant de continuer, promets-moi de t'abonner à la chaîne d'actualité RADIOTAMTAM AFRICA :
Cliquez ici
Cliquez ici
Télécharger le podcast

Se connecter Inscription