JOURNAL PARLÉ — RADIOTAMTAM AFRICA LE GRAND JOURNAL DE L’AFRIQUE Actualités africaines 25 juillet 2026
25 juillet 2026 - 22:43 - 69vues
JOURNAL PARLÉ — RADIOTAMTAM AFRICA
LE GRAND JOURNAL DE L’AFRIQUE
Samedi 25 juillet 2026
Présentation
Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Journaliste, éditorialiste et fondatrice de
RADIOTAMTAM AFRICA
« La Parole est une Force »
Bonsoir à toutes et à tous.
Bonsoir l’Afrique.
Bonsoir à nos auditeurs de la diaspora.
Merci de nous rejoindre sur RADIOTAMTAM AFRICA, la radio panafricaine indépendante qui informe, analyse et donne la parole à l’Afrique ainsi qu’à sa diaspora.
Nous sommes en direct de Bezons, en Île-de-France.
Je suis Félicité Amaneyâ Râ VINCENT, journaliste, éditorialiste et fondatrice de RADIOTAMTAM AFRICA.
Bienvenue dans Le Grand Journal de l’Afrique, votre rendez-vous consacré aux faits, aux enjeux et aux transformations qui façonnent notre continent.
LES TITRES
À la une de cette édition :
En République démocratique du Congo, le bilan confirmé de l’épidémie d’Ebola approche désormais les 3 000 cas. Mais cette hausse spectaculaire résulte en grande partie d’une révision des données sanitaires.
Au Soudan, les femmes d’El-Obeid risquent leur vie simplement pour chercher de l’eau. Le jour, elles sont menacées par les drones. La nuit, elles s’exposent aux violences sexuelles.
Au Nigeria, le président Bola Tinubu approuve la création de quatre nouvelles divisions militaires et le recrutement de 28 000 soldats supplémentaires.
Au Mali, l’ancien directeur de la Sécurité d’État, Kassoum Goïta, est condamné à quinze ans de prison pour complot contre le gouvernement.
En Guinée-Bissau, l’opposant Domingos Simões Pereira est autorisé à se rendre au Portugal pour recevoir des soins médicaux. Une mesure provisoire qui ne constitue pas encore une libération politique.
En Afrique du Sud, la justice suspend temporairement la procédure parlementaire visant le président Cyril Ramaphosa dans l’affaire dite « Farmgate ».
Et puis, dans l’actualité économique, la Banque africaine de développement finance au Maroc la première gigafactory africaine de batteries au lithium-fer-phosphate.
Voilà pour les titres.
Et maintenant, place à l’actualité.
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO — SANTÉ
Ebola : le bilan confirmé approche les 3 000 cas
En République démocratique du Congo, le bilan officiel de l’épidémie d’Ebola a été fortement révisé.
L’Institut national de santé publique comptabilisait, vendredi 24 juillet, 2 905 cas confirmés et 1 269 décès.
Plus de 300 dossiers ont été ajoutés après l’intégration et la réconciliation de données provenant principalement de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Cette augmentation ne signifie donc pas que plus de 300 nouvelles personnes ont été contaminées en une seule journée. Elle révèle surtout les difficultés rencontrées pour centraliser les informations dans des régions touchées par les violences armées, les déplacements de population et la faiblesse des infrastructures sanitaires.
L’Organisation mondiale de la santé estime que le nombre réel de contaminations pourrait être deux à quatre fois supérieur aux chiffres officiels.
Cette épidémie, la dix-septième enregistrée en République démocratique du Congo, est provoquée par la souche Bundibugyo. Aucun vaccin homologué n’est actuellement disponible contre cette forme du virus.
La question dépasse donc la simple évolution d’un bilan statistique.
Elle concerne la capacité des autorités sanitaires à identifier rapidement les malades, à isoler les foyers de contamination et à atteindre les populations vivant dans les zones contrôlées ou menacées par les groupes armés.
Cette révision des données ne traduit peut-être pas une soudaine accélération de l’épidémie. Elle révèle cependant l’existence d’importants angles morts dans le système de surveillance sanitaire congolais. Reuters
Restons dans le domaine humanitaire, avec une situation particulièrement préoccupante au Soudan.
SOUDAN — CRISE HUMANITAIRE
À El-Obeid, chercher de l’eau devient un piège pour les femmes
Au Soudan, dans la ville d’El-Obeid, l’accès à l’eau est devenu une épreuve potentiellement mortelle pour les femmes et les jeunes filles.
Selon ONU Femmes, les déplacements vers les points d’eau sont menacés, pendant la journée, par les attaques de drones.
Certaines femmes choisissent alors de sortir la nuit pour éviter les frappes. Mais dans l’obscurité, elles sont davantage exposées aux viols et aux autres formes de violences sexuelles.
Autrement dit, elles doivent choisir entre deux dangers : risquer une attaque militaire le jour ou une agression sexuelle la nuit.
El-Obeid compte environ 500 000 habitants. Près de 70 % de cette population serait composée de femmes et d’enfants.
À l’échelle du Soudan, plus de 12,7 millions de femmes et de filles auraient désormais besoin de services de protection contre les violences fondées sur le genre.
L’effondrement des services essentiels transforme ainsi une nécessité vitale — cherché de l’eau — en une double menace, militaire et sexuelle.
Dans cette guerre, l’eau n’est plus seulement une ressource. Elle devient un enjeu de survie, de domination et de protection des populations civiles. ONU Femmes
Direction maintenant le Nigeria, où le gouvernement annonce une importante restructuration de l’armée.
NIGERIA — SÉCURITÉ ET DÉFENSE
Bola Tinubu approuve le recrutement de 28 000 soldats
Au Nigeria, le président Bola Tinubu a approuvé la création de quatre nouvelles divisions de l’armée de terre.
Le nombre de divisions militaires passera ainsi de huit à douze.
Ces nouvelles structures seront implantées à Makurdi, Ilorin, Jalingo et Benin City.
La présidence a également annoncé le recrutement de 28 000 militaires supplémentaires.
Les trois premières divisions devraient devenir opérationnelles en septembre 2026. La dernière, basée à Benin City, devrait être mise en place au mois de décembre.
Le Nigeria fait face à plusieurs menaces simultanées : les groupes djihadistes dans le nord-est, le banditisme et les enlèvements dans le nord-ouest, les conflits communautaires dans le centre du pays et les tensions séparatistes dans le sud-est.
Cette augmentation des effectifs constitue donc l’une des plus importantes expansions récentes de l’armée nigériane.
Mais davantage de soldats ne signifient pas automatiquement davantage de sécurité.
La réussite de cette réforme dépendra de la formation des nouvelles recrues, de leur équipement, du renseignement, du respect des populations civiles et de la capacité de la justice à accompagner les opérations militaires.
Le coût budgétaire complet de cette expansion n’a pas encore été détaillé. Reuters
De l’Afrique de l’Ouest au Sahel, poursuivons avec le verdict rendu contre un ancien responsable du renseignement malien.
MALI — JUSTICE ET GOUVERNANCE
Quinze ans de prison pour Kassoum Goïta
Au Mali, le colonel-major Kassoum Goïta, ancien directeur de la Sécurité d’État, a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle.
La justice malienne l’a reconnu coupable d’association de malfaiteurs et de complot contre le gouvernement.
Kassoum Goïta a nié avoir préparé un coup d’État.
Durant son procès, il a également accusé les autorités de détournements de fonds et de torture. Ces accusations n’ont pas été établies de manière indépendante et doivent donc être présentées avec prudence.
Six personnes étaient jugées dans cette affaire. Elles ont reçu des peines comprises entre sept et quinze ans de prison.
La défense a annoncé son intention d’exercer des recours.
Ce procès pose plusieurs questions : s’agissait-il véritablement d’un projet de déstabilisation des institutions ou cette affaire révèle-t-elle des fractures internes au sein du pouvoir malien ?
Au-delà du verdict, l’enjeu concerne l’indépendance de la justice et la possibilité, pour les accusés, de bénéficier d’un procès équitable dans un contexte politique particulièrement tendu. TV5MONDE
Restons en Afrique de l’Ouest, avec une évolution judiciaire en Guinée-Bissau.
GUINÉE-BISSAU — POLITIQUE
Domingos Simões Pereira autorisé à se soigner au Portugal
En Guinée-Bissau, l’ancien Premier ministre et dirigeant de l’opposition Domingos Simões Pereira a été autorisé à quitter sa prison pour recevoir des soins médicaux au Portugal.
La suspension de sa détention préventive est accordée pour une période de quatre-vingt-dix jours.
À l’issue de cette période, la justice devra réexaminer sa situation.
Domingos Simões Pereira reste accusé d’avoir soutenu une tentative de coup d’État. Il conteste ces accusations.
Son départ vers le Portugal intervient quelques jours après un appel de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. La CEDEAO avait demandé la libération sans condition des personnalités politiques détenues dans le pays.
Il convient donc de ne pas confondre cette autorisation médicale avec une libération définitive.
La mesure peut être interprétée comme un geste humanitaire ou comme un premier signe d’apaisement. Mais, sur le plan judiciaire, Domingos Simões Pereira demeure poursuivi.
La véritable question est désormais de savoir si cette parenthèse médicale ouvrira la voie à un dialogue politique ou si elle restera une décision exceptionnelle, sans changement institutionnel durable. Reuters
Quittons l’Afrique de l’Ouest pour l’Afrique australe.
AFRIQUE DU SUD — INSTITUTIONS
La procédure « Farmgate » temporairement suspendue
En Afrique du Sud, une Haute Cour a ordonné la suspension temporaire de la procédure parlementaire en destitution visant le président Cyril Ramaphosa.
Cette procédure concerne l’affaire dite « Farmgate ».
En 2020, la somme de 580 000 dollars en espèces avait été dérobée dans un canapé installé dans la ferme privée du président.
Cyril Ramaphosa affirme que cet argent provenait de la vente de buffles. Il nie avoir commis une faute.
En 2022, un panel indépendant avait néanmoins estimé que le chef de l’État pouvait avoir enfreint la Constitution.
Le parquet sud-africain avait abandonné les poursuites en 2024, mais les interrogations politiques et parlementaires sont restées ouvertes.
La décision judiciaire actuelle suspend l’enquête parlementaire jusqu’au début du mois de septembre, lorsque le fond du rapport contesté devra être examiné.
Cette décision ne blanchit donc pas Cyril Ramaphosa. Elle interrompt provisoirement la procédure.
Pour l’Afrique du Sud, l’enjeu touche directement à la crédibilité des institutions et à l’engagement du président dans la lutte contre la corruption. Reuters
Place maintenant à l’économie et à la souveraineté des ressources africaines.
MALI — ÉCONOMIE MINIÈRE
La production industrielle d’or restera sous pression jusqu’en 2029
Au Mali, la production industrielle d’or devrait rester inférieure à 60 tonnes par an jusqu’en 2029.
Selon le plan stratégique du ministère malien des Mines, la production devrait atteindre 43,2 tonnes en 2026, puis 57 tonnes en 2028, avant de redescendre à 50 tonnes en 2029.
À titre de comparaison, le Mali avait produit un niveau record de 66,5 tonnes en 2023. La production était ensuite tombée à 42,2 tonnes en 2025.
Cette baisse intervient après l’adoption d’un nouveau code minier destiné à augmenter les revenus et les participations de l’État.
Mais les relations entre le gouvernement et plusieurs compagnies minières se sont fortement détériorées.
Ces chiffres restent des prévisions. Ils dépendront de la reprise effective des sites miniers, des investissements, de la disponibilité des équipements et de l’évolution des relations entre l’État malien et les opérateurs privés.
Le Mali cherche légitimement à obtenir une part plus importante des richesses produites sur son territoire.
Toute la difficulté consiste à renforcer la souveraineté nationale sans provoquer une baisse durable de la production, des investissements et des recettes publiques. Reuters
Toujours dans l’économie, direction le Maroc, où se prépare un projet industriel majeur.
MAROC — INDUSTRIALISATION VERTE
La BAD finance la première gigafactory africaine de batteries LFP
La Banque africaine de développement a approuvé un prêt de 100 millions d’euros en faveur de Gotion Power Morocco.
Ce financement doit soutenir la construction, dans la région de Kénitra, de la première gigafactory africaine intégrée de batteries au lithium-fer-phosphate.
Le projet, porté par le groupe chinois Gotion High-Tech, représente un investissement initial d’environ 1,3 milliard de dollars.
L’usine doit produire des cathodes, des anodes et des cellules de batteries destinées notamment aux véhicules électriques.
La Banque africaine de développement prévoit également de mobiliser jusqu’à 141 millions d’euros supplémentaires auprès d’autres partenaires financiers.
Ce projet peut permettre au Maroc et à l’Afrique de prendre position dans une industrie mondiale stratégique.
Mais une question essentielle demeure : où sera réellement créée et conservée la valeur ?
Une grande partie de la production devrait être exportée vers l’Europe. Il faudra donc observer la provenance des minerais, la participation des fournisseurs africains, le transfert des technologies et le nombre d’emplois durables créés localement.
Construire une usine en Afrique ne suffit pas à garantir une véritable souveraineté industrielle africaine.
L’enjeu est de maîtriser progressivement l’ensemble de la chaîne de valeur : extraction des matières premières, transformation, recherche, fabrication, maintenance et recyclage des batteries. Banque africaine de développement
De l’industrie à l’innovation médicale, partons maintenant au Kenya.
KENYA — INNOVATION ET SANTÉ
Une ambulance solaire bientôt testée dans les zones isolées
Une équipe de vingt-trois étudiants de l’Université de technologie d’Eindhoven, aux Pays-Bas, a présenté un prototype d’ambulance alimenté par l’énergie solaire.
Le véhicule porte le nom de Stella Juva.
Il est conçu comme une clinique mobile capable d’apporter des soins dans les régions éloignées des établissements de santé.
L’ambulance peut alimenter différents équipements : matériel d’échographie, dispositifs de dépistage de la tuberculose, réfrigérateur pour les vaccins et défibrillateur.
Son autonomie annoncée atteint 715 kilomètres par temps ensoleillé, sur route.
Des essais sont prévus au Kenya au mois d’août, en partenariat avec l’organisation Amref Health Africa.
Mais Stella Juva reste pour l’instant un prototype.
Sa résistance aux pistes difficiles, son coût, sa maintenance et sa capacité à être réparée localement devront encore être évalués.
L’innovation ne deviendra véritablement africaine que si elle peut être adaptée, produite, entretenue et améliorée avec les professionnels et les ingénieurs du continent. Université de technologie d’Eindhoven
Terminons ce Grand Journal par la culture et le patrimoine africain.
TOGO — CULTURE ET PATRIMOINE
Les luttes Evala en route vers une candidature à l’UNESCO
Au Togo, le gouvernement souhaite faire inscrire les luttes initiatiques Evala sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Chaque année, dans la région de Kara, des milliers de jeunes Kabyè participent à ces luttes traditionnelles qui symbolisent le passage à l’âge adulte.
Les Evala transmettent des valeurs de courage, de discipline, de solidarité et d’appartenance communautaire.
Cette éventuelle reconnaissance internationale pourrait renforcer la préservation du patrimoine togolais, développer le tourisme culturel et soutenir l’économie locale.
Mais la sauvegarde d’une tradition ne doit pas empêcher le débat.
Des interrogations existent notamment autour de la pression sociale exercée sur certains jeunes, des blessures provoquées par les combats et de certaines pratiques rituelles associées à l’événement.


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