GABON « 1 Candidat, 1 Projet » : Le monologue maîtrisé de Brice Clotaire Oligui Nguema. Actualité Afrique 2050 09 avril 2025
09 avril 2025 - 16:25 - 1334vues
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À propos de Félicité Amaneyâ Râ VINCENT - Rédactrice en chef à RADIOTAMTAM AFRICA , Félicité s'engage à façonner la radio de demain pour une Afrique prospère, inspirante , et prête à illuminer le monde. Nous Contacter
Hier soir, sous les projecteurs soigneusement ajustés de l’émission « 1 Candidat, 1 Projet », le public gabonais assistait à ce qui devait être un grand rendez-vous démocratique : la première apparition télévisée de Brice Clotaire Oligui Nguema en tant que candidat déclaré à la magistrature suprême.
Après la prestation plus vivante – et controversée – d’Alain Claude Bilie-By-Nze la semaine précédente, beaucoup espéraient un moment de vérité, un face-à-face de haute intensité. Ce fut, en réalité, une partition maîtrisée… mais sans véritable contre-chant.
L’homme seul au centre du plateau
Dès son entrée, le ton est donné. L’ancien général devenu civil avance calme, droit, sûr de lui, presque comme en parade militaire. Il déclare d’emblée :
« Je ne suis pas un excellent orateur ou tchatcheur, je ne suis pas venu pour divertir. »
La phrase, sèche et calculée, sonne comme une consigne de silence adressée à toute tentative de légèreté ou de contradiction. Ce ne sera pas un dialogue. Ce sera une déclaration de doctrine, une mise en scène de l’autorité tranquille.
Un monologue bien huilé, sans aspérité
L’intervention de Brice Clotaire Oligui Nguema s’inscrit dans le registre du contrôle absolu : un discours structuré, des chiffres maîtrisés, un message limpide. Mais surtout, aucun mot plus haut que l’autre, aucun angle d’attaque risqué. Le « je » règne en maître, reléguant l’équipe, le collectif, et le « nous » au second plan.
Pendant ce temps, les journalistes présents semblent retenus, figés, presque absents. À l’exception d’une tentative de relance – saluée – d’une journaliste cherchant à creuser certaines ambiguïtés, aucune véritable contradiction n’est venue troubler l’exercice. On est loin du choc des idées : plus proche d’une démonstration unilatérale, déroulée comme une leçon.
Le silence sur l’éléphant dans la pièce
Aucun mot sur les figures du Parti Démocratique Gabonais qui gravitent autour de sa campagne, pourtant héritier d’une gouvernance longtemps critiquée. Pas de mise en cause, pas de question directe, rien sur la mémoire d’un système dont l’ombre plane toujours. L’éléphant était dans la pièce — soigneusement évité.
Quand le débat devient rituel
Ce que les citoyens attendaient, c’était un vrai débat. Ce qu’ils ont eu, c’est un monologue élégant, soigné, maîtrisé — mais vide de confrontation réelle. À la télévision, il ne suffit pas d’occuper l’espace pour éclairer le pays : encore faut-il accepter la contradiction, accueillir la relance, et faire face aux aspérités du réel.
Sans cela, le débat devient rituel, et l’interview, une chorégraphie figée.
❓ Les vraies questions restent ouvertes
Alors, faut-il croire à une prudence journalistique ? À un excès de respect devant un homme de pouvoir ? Ou à une mécanique bien orchestrée pour éviter toute dissonance ?
Dans une démocratie adulte, la parole du candidat doit être mise à l’épreuve : celle du feu de la vérité, de l’interpellation citoyenne, de l’analyse critique.
À défaut, la politique devient un théâtre — et le peuple, un spectateur passif.




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