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CULTURE : Culture « Les Olympiades », « Compartiment n° 6 », « Burning Casablanca » : les films à voir cette semaine au cinéma Culture 15 novembre 2021

15 novembre 2021 à 21h41 - 915 vues

Seidi Haarla est Laura, Finlandaise en errance dans la Russie post-soviétique. • 2021 SAMI KUOKKANEN / AAMU FILM COMPANY

Par Félicité VINCENT

C'est une histoire d’amour dans un train qui traverse la Russie postsoviétique, Jacques Audiard dans le Chinatown parisien et un thriller marocain sur vitaminé est parmi nos recommandations pour les sorties du 3 novembre  2021.

Le Compartiment n° 6 de Juho Kuosmanen

L’époque était encore aux Walkmans et aux caméscopes à cassettes.  Quand Desireless chantait Voyage, voyage, et l’URSS venait d’imploser et il ne fallait pas moins de deux jours pour relier en train Moscou à Mourmansk, au nord du cercle polaire arctique. Mourmansk c’est la destination de Laura, cette jeune Finlandaise venue étudier le russe est curieux de découvrir des pétroglyphes vieux de 10000 an. Elle va  laisser derrière elle la capitale ainsi que sa professeure et amante, et c’est le cœur en berne qu’elle pousse la porte du compartiment n° 6, où elle découvre avec inquiétude son compagnon de voyage, un jeune homme, Ljoha, le crâne rasé, déjà bien alcoolisé

À ce stade le film paraît lancé sur des rails avec d’un côté la très gentille étudiante sensible, de l’autre un prolo macho, vite envahissant, voire désagréable et harceleur, multipliant propos misogynes et gestes menaçants. Et pourtant Juho Kuosmanen, le réalisateur finlandais révélé par les élans du cœur d’un boxeur (Olli Mäki), insuffle de l’humour à cette trame de prime abord convenue et entraîne peu à peu l’histoire dans une zone floue, entre estime mutuelle, amitié et amour.

Les premières images s’ouvrent sur une citation de Marilyn Monroe : « Seuls quelques fragments de nous toucheront un jour des fragments d’autrui. » Ce sont ces minuscules et délicats points de contact qu’explore Compartiment n° 6 avec le concours de deux acteurs surprenants. On peut dire que, avant d’être une histoire et une succession de péripéties – et il n’en manque pas, le film est une ambiance.

Par cette mise en scène notamment le soin apporté aux détails, Juho Kuosmanen recrée superbement l’atmosphère à bord de ce train, avec ses rituels, son wagon-restaurant, toute sa faune. S’ajoutent des scènes comme échappées d’un rêve avec pour décor des gares sous la neige, la nuit, ou des villes traversées au milieu de nulle part. La dernière partie, à Mourmansk est dans les prémices d’une tempête de neige, qui achève de nous transporter ailleurs, dans une Russie qui défie nos clichés et surprend. En compétition au dernier Festival de Cannes, Compartiment n° 6 a été couronné (ex aequo avec Un héros de l’Iranien Asghar Farhadi) par le Grand Prix du Jury. Une récompense méritée.

RadioTamTam aime : beaucoup.

Albatros, de Xavier Beauvois.

C'est Bon mari, bon père, bon gendarme. Avec Laurent (l’excellent Jérémie Rénier), officier en poste à Étretat, qui apparaît comme un modèle du genre, un homme droit, carré, solide, mais dont la vie va brusquement dérailler. Xavier Beauvois qui prend le temps de montrer la routine quotidienne d’une caserne, entre suicide, infraction routière et possible affaire de pédophilie. C'est là que survient le drame : une intervention dans une ferme qui tourne mal, un coup de feu mortel, et Laurent qui se retrouve mis en examen. C'est pourquoi dès lors, le film devient l’histoire d’une chute et d’une renaissance, d’un anéantissement et d’une reconstruction, avec la mer comme échappatoire et force salvatrice. Xavier Beauvois n’évite pas une fin édifiante, empreinte d’un optimisme un peu forcé. Il n’empêche que son Albatros séduit, tant il est à la fois solidement ancré dans le réel et tourné vers un ailleurs lumineux.

RadioTamTam aime : bien.

Les Olympiades, de Jacques Audiard

Ces Olympiades pour qui n’est pas familier avec Paris, ce sont, aux confins du XIIIème arrondissement, ces tours et leur communauté asiatique. Le réalisateur de Dheepan, gagne le Palme d’or en 2015, il joue avec brio de l’architecture du quartier et de son cosmopolitisme pour y installer une histoire entre trois personnages, un prof de lettres noir, une jeune Chinoise en galère et une Bordelaise nouvellement débarquée dans la capitale pour reprendre ses études. le cinéaste Jacques Audiard remet au goût du jour, celui de la diversité et des médias sociaux, le vieux schéma « A aime B qui aime C »… Les acteurs jouent leur partition sans fausse note, la mise en scène est élégante avec ses images en noir et blanc. Et pourtant, à cette histoire tissée avec le désir, il manque quelque chose pour pleinement subjuguer, peut-être le souffle de la passion, peut-être un brin d’originalité.

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Pingouin & Goéland et leurs 500 petits, de Michel Lecler

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Avec le réalisateur Michel Leclerc (Le Nom des gens, La Lutte des classes) dit préférer l’oubli au devoir de mémoire, ou du moins la joie du présent à la tristesse du passé. Et plus encore, il a voulu forger sa propre identité, se défiant des étiquettes que l’on vous appose si facilement. Ainsi il lui a donc fallu se faire violence pour ouvrir la boîte à souvenirs et dévoiler son histoire intime, lui qui fut enfant d’une mère juive cachée sous l’Occupation. Mais, si Michel Leclerc dit « je », c’est d’abord pour mettre en lumière un couple d’enseignants hors pair, remisé aux oubliettes de l’Histoire, Yvonne et Roger Hagnauer, surnommés Pingouin et Goéland. C'est en 1941, que ces syndicalistes pacifistes vont se jouer de Vichy et transformer leur maison pour enfants en banlieue parisienne en un refuge pour les fugitifs, gamins et adultes traqués par les polices allemande et française. C'est à la Libération, loin d’être célébrés, ces résistants auront maille à partir avec un Parti communiste stalinien peu tendre avec les anticonformistes. Pingouin et Goéland continueront néanmoins de faire souffler sur leur école une pédagogie novatrice inspirée notamment de Freinet. Même en dépit de quelques longueurs et d’une forme délibérément brouillonne, voilà un documentaire enthousiasmant. Surtout dans une période de division et d’anathèmes faciles. RadioTamTam aime : beaucoup Ils se rencontrent tous dans un fracas de tôle. C'est un choc des voitures, une explosion des sens. C'est la passion embrase Rajae et Larsen (Khansa Batma et Ahmed Hammoud), la pute et le rocker détruit par la drogue, deux êtres dévorés par une même douleur intérieure. L’argument a des allures de polar à deux sous, mais, avec Casablanca pour décor et de l’énergie qui confine à la rage, ce premier film est tout sauf banal. Ismaël El Iraki qui fait souffler sur ses personnages les esprits de Brian Jones et de Jimi Hendrix, rappelant les liens entre le rock et les musiques berbère et gnawa. Habillé avec son blouson et ses bottes en peau de serpent, Car Larsen ne manque pas également d’évoquer Nicolas Cage dans Sailor et Lula. C'est comme chez David Lynch, la poisse et quelques sales types s’acharnent, non sans violence, sur les amoureux. La belle musique est là pour panser les plaies et les sauver. Envoyant ce thriller mâtiné de western, Ismaël El Iraki n’emprunte pas le chemin le plus court pour amener Rajae et Larsen sous des cieux les plus cléments. Vraiment on se laisse aisément entraîner par ce duo explosif.

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Burning Casablanca, d’Ismaël El Iraki

La Bataille de l’Escaut, de Matthijs van Heijningen Jr. C'est avec Gijs Blom, Jamie Flatters Car l’histoire a déjà été contée par Richard Attenborough dans Un pont trop loin : c’est celle de l’opération Market Garden qui, en 1944, visait à s’emparer de la ville d’Arnhem et par là à ouvrir aux navires alliés le port d’Anvers. Remarquons que de prime abord moins ambitieuse, la version de Matthijs van Heijningen ne manque toutefois pas de force. Sa lecture de ces pages d’Histoire est des plus sombres. Nous voyons que le cinéaste néerlandais expurge son récit de tout romantisme et de toute exaltation guerrière. L’héroïsme ici se paye au prix fort, les aveuglements d’hier se soldent par des réveils douloureux et les combats virent au massacre. Ce scénario mêle, en convoquant parfois avec insistance le hasard, le destin de ces trois personnages : un pilote anglais de planeur, un soldat hollandais portant l’uniforme de la Wehrmacht et une jeune femme engagée dans la Résistance. Sans pourtant renouveler le genre, La Bataille de l’Escaut s’inscrit dans cette lignée de films qui s’attachent à une vision réaliste voire crue de la guerre, à l’instar des récents Dunkerque et 1917.

À voir sur Netflix

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