Par Jophiel Mbeng
La prise de parole publique d’Adèle Haenel ces 3 et 4 novembre 2019 l’a montré : les femmes, lorsqu’elles dénoncent les violences sexuelles qu’elles subissent sont parfois entendues – oui, mais dans des conditions bien particulières. Prises dans des rapports de domination complexes, toutes les femmes ne se sentent pas la même légitimité à parler, la même possibilité de le faire. Samedi aura lieu la seconde édition de la marche contre les violences sexuelles faites aux femmes, il est temps de réfléchir sérieusement aux conditions dans lesquelles on leur permet, ou non, de se faire entendre.
Revenons à d’illustres prédécesseuses : pour cet article j’aimerais proposer l’exemple d’un récit de viol qui a eu un impact particulièrement important en 1970 parce qu’il a permis de contribuer à l’éclosion du Mouvement de Libération des Femmes en France. En juillet 1970 sort en kiosques un numéro de revue révolutionnaire, Partisans, avec pour gros titre « Libération des femmes : année zéro » ; suite à sa publication, les Françaises unissent leurs révoltes personnelles et entament ensemble les grandes luttes féministes des années 1970.
C’est un recueil d’articles féministes ; parfois américains, parfois français ; parfois très virulents, parfois gorgés de statistiques sur le sort des femmes dans la société française. Et puis, au milieu, ce texte, « Le viol », écrit de manière semi-anonyme par « Emmanuèle » : un récit. Il s’agit en fait d’Emmanuèle de Lesseps, dont la mère est codirectrice littéraire pour la maison Hatier, dont les sœurs écrivent et publient, qui est elle-même à l’époque jeune diplômée de sociologie et nouvelliste – jeune femme neuve en politique mais dont la parole se pose donc d’emblée comme particulièrement légitime.
Source : Conversation
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