AFRIQUE2050 « Afrique : Sans soutien de la jeunesse pas de monde d’après »

03 avril 2021 à 22h52 - 479 vues

Par RadioTamTam

L’actuelle crise du Covid-19 risque de laisser des traces profondes sur l’avenir des jeunes Africains si des mesures fortes ne sont pas prises.

Explications.

Si la jeunesse de la population et des réactions vigoureuses des gouvernements africains ont permis de maîtriser le choc sanitaire sur le continent, où le nombre de décès rapporté à la population demeure plus faible que dans les pays développés (100 000 morts sur le continent, dont la moitié recensée en Afrique du Sud), le choc social provoqué par la crise du Covid-19 est au moins aussi violent. Plus de trente millions de personnes, selon des estimations, retomberont dans la pauvreté en Afrique en raison des conséquences économiques de cette crise qui frappe particulièrement les jeunes.

Le risque de déclassement social

La jeunesse exposée à des risques spécifiques est susceptible de subir un déclassement social durable lors de telles situations de crise, comme l'a montré précédemment celle de 2008. Le continent africain sera le plus jeune, la démographie dynamique, entre 1,5 et 2 millions d'emplois doivent en temps normal être créés chaque année pour maintenir le taux d'emploi des jeunes et éviter une hausse du taux de chômage, selon les estimations de l'Organisation internationale du travail. La récession observée en 2020, marquée par un recul du PIB de 3,7 %, devrait détruire près de deux millions d'emplois pour les jeunes. Tout particulièrement exposés, les étudiants finissant leurs études en 2020 ou 2021, entrent sur le marché du travail au cœur de la crise et se trouvent souvent contraints d'accepter des emplois en deçà de leur niveau de qualification, ou de subir dès leur début de carrière de longues périodes de chômage.

La vision de mesures fortes et qui impactent

Avec une croissance de l'ordre de 3 % selon les dernières projections, le rebond espéré en 2021 sera trop modeste pour compenser cette année sombre. En l'absence de mesures de soutien spécifiques, une ou plusieurs générations pourraient être « sacrifiées » en Afrique, rendant indispensable la mise en œuvre de plans de relance massifs supportant une transition vers des modèles de développement plus durables. Pourquoi l'Afrique doit bénéficier de mesures différentes?  Alors que les pays européens ou les États-Unis ont la possibilité de financer la relance par un soutien monétaire. Des réallocations substantielles de cet argent par une émission massive de droits de tirage spéciaux par le FMI,  depuis les pays développés, apporteraient aux États africains la capacité de soutenir leur jeunesse et d'éviter au maximum des répercussions sociales de long terme sur le continent, alors que 40 % des travailleurs sont déjà précaires. L'éducation est plus menacée que jamais.

Des conséquences de la crise sanitaire annonce déjà  sur le long terme, concrétisées entre autres par les difficultés rencontrées par les systèmes éducatifs. En Afrique subsaharienne, les élèves n'auraient ainsi bénéficié que de 43 % du temps normal d'éducation sur les douze derniers mois*, un retard que la faible marge de manœuvre budgétaire des États africains rendra plus difficile à combler par le financement de mesures de rattrapage ou de suivi psychologique. Les inégalités perverses de la crise, les familles les plus aisées ont davantage de moyens de prendre

en charge elles-mêmes un soutien scolaire ou médical  de leurs enfants, les familles les plus démunies, sans soutien de l'État, ne pourront pas en faire autant. Conclusion ? Il y a un creusement des inégalités sociales non seulement entre les générations, mais aussi au sein des générations présentes, qui subissent la crise de façon différenciée.

La dette, un enjeu intergénérationnel

La dette des États qui augmente partout et laisse en héritage à chaque jeune une dette supérieure, c'est un autre facteur du renforcement des inégalités intra-générationnelles, creusant les écarts entre ceux qui n'hériteront que de dettes, et ceux qui hériteront aussi d'un actif. Il faut supporter davantage de redistribution ou une minimisation de la charge de cette dette pour endiguer ce phénomène.

La crise COVID-19, elle accentue les inégalités dans toutes leurs dimensions, c'est une crise sans précédente que nous traversons,  elle est unique dans la façon dont : inégalité d'accès aux soins, à l'éducation, au marché du travail… Il s'agit d'un moment charnière, dont les États ressortiront financièrement exsangues sans mesures appropriées. Il est essentiel de plaidoyer dès maintenant pour une prise en compte rapide et massive des  enjeux de cette crise pour la jeunesse, porteuse du monde de demain, et qui bien que moins touchée par le virus sur le plan sanitaire ne s'en trouve pas moins étouffée par les conséquences multidimensionnelles de cette crise globale.

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