RADIOTAMTAM AFRICA LE GRAND JOURNAL D’AFRIQUE

RADIOTAMTAM AFRICA

LE GRAND JOURNAL D’AFRIQUE

Dimanche 16 août 2026

Présentation : Félicité Amaneyâ Râ VINCENT

Réalisation : G.-V.

RADIOTAMTAM AFRICA — La Parole est une Force

Bonsoir à toutes et à tous.

Bonsoir l’Afrique, bonsoir la diaspora.

Où que vous soyez en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie ou ailleurs dans le monde, merci de votre fidélité.

Bienvenue dans Le Grand Journal d’Afrique, votre rendez-vous consacré à l’actualité du continent, aux grands enjeux internationaux, à l’économie, à l’innovation et aux transformations qui façonnent l’Afrique d’aujourd’hui et de demain.

Vous êtes en direct de Bezons, dans le Val-d’Oise et en Île-de-France, sur RADIOTAMTAM AFRICA, le média panafricain indépendant qui informe, décrypte et donne la parole à l’Afrique et à sa diaspora.

Je suis Félicité Amaneyâ Râ VINCENT, journaliste, éditorialiste et fondatrice de RADIOTAMTAM AFRICA.

LES TITRES

À la une de cette édition :

Intelligence artificielle : selon la Banque mondiale, les pays en développement auraient davantage à gagner qu’à craindre de cette révolution technologique. Mais l’Afrique devra investir dans l’électricité, la connectivité, la formation et la souveraineté numérique.

Entrepreneuriat : une nouvelle génération de jeunes Africains transforme les problèmes du continent en projets économiques, technologiques et sociaux.

Finance : malgré les incertitudes provoquées par la guerre en Iran, les obligations souveraines africaines continuent d’attirer les investisseurs internationaux.

— Enfin, souveraineté minière : la Guinée interdit l’exportation d’or brut et veut imposer sa transformation locale afin de conserver une plus grande part de la richesse produite sur son territoire.

Voilà pour les titres.

Et maintenant, place à l’actualité.

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE — AFRIQUE ET PAYS EN DÉVELOPPEMENT

La Banque mondiale estime que l’IA peut soutenir le développement

L’intelligence artificielle représente-t-elle une menace ou une occasion historique pour les économies africaines ?

La Banque mondiale apporte une réponse globalement optimiste, mais appelle les gouvernements à agir sans attendre.

Dans son Rapport sur le développement dans le monde 2026, consacré à l’intelligence artificielle, l’institution estime que les économies en développement ont davantage à gagner qu’à craindre de cette technologie.

Selon les chiffres publiés par la Banque mondiale, environ 4,5 % des emplois dans les pays à revenu faible ou intermédiaire pourraient être exposés à une automatisation par l’intelligence artificielle générative.

Dans les pays à revenu élevé, cette proportion atteindrait 14,2 %.

En revanche, l’intelligence artificielle pourrait améliorer la productivité d’environ 16,2 % des emplois dans les économies en développement.

Cette proportion se rapproche des 18,7 % annoncés pour les économies à revenu élevé.

Autrement dit, dans de nombreuses économies africaines, l’intelligence artificielle pourrait davantage compléter le travail humain que le remplacer immédiatement.

Elle pourrait notamment aider les petites entreprises, les agriculteurs, les enseignants, les professionnels de santé, les administrations et les entrepreneurs à accéder plus rapidement à l’information et à améliorer leurs services.

Des opportunités pour les petites entreprises africaines

En Afrique, une grande partie de l’activité économique repose sur les très petites entreprises, le commerce informel et le travail indépendant.

Des outils d’intelligence artificielle intégrés aux téléphones mobiles, aux applications de messagerie ou aux logiciels professionnels pourraient aider ces acteurs à gérer leur comptabilité, traduire des documents, communiquer avec leurs clients ou obtenir des conseils adaptés à leur activité.

Ces technologies pourraient également soutenir l’agriculture, la santé, l’éducation, la justice et les services publics.

Mais ces promesses ne se réaliseront pas automatiquement.

Le défi des infrastructures et de la souveraineté

La Banque mondiale souligne que les modèles d’intelligence artificielle les plus puissants, les semi-conducteurs et les centres de données sont contrôlés par un nombre limité d’entreprises implantées dans quelques grandes économies.

Cette concentration crée un risque de dépendance technologique pour les pays africains.

Le continent doit également faire face au manque d’électricité fiable, au coût de la connexion à Internet, à l’insuffisance des centres de données et à la faible représentation des langues africaines dans les modèles numériques.

Les États devront donc investir dans quatre domaines essentiels :

— la connectivité et l’électricité ;

— les capacités informatiques et les centres de données ;

— les données locales et les langues africaines ;

— enfin, la formation et les compétences numériques.

L’intelligence artificielle peut constituer un levier de développement. Mais sans infrastructures, sans gouvernance et sans maîtrise des données, elle risque aussi de renforcer de nouvelles formes de dépendance.

Transition :

Cette révolution technologique est déjà portée par une nouvelle génération d’entrepreneurs africains. Des jeunes qui ne veulent plus seulement consommer les innovations conçues ailleurs, mais qui souhaitent produire leurs propres solutions.

ENTREPRENEURIAT — JEUNES VISIONNAIRES AFRICAINS

Une génération qui transforme les difficultés en solutions

L’Afrique possède l’une des populations les plus jeunes du monde.

Du Nigeria à l’Éthiopie, de l’Angola à l’Afrique du Sud, de jeunes entrepreneurs développent des entreprises et des initiatives sociales dans des secteurs aussi variés que l’agriculture, la santé, l’éducation, la finance, l’énergie et le numérique.

Beaucoup d’entre eux partent d’un problème vécu personnellement.

Manque d’accès aux soins, faiblesse de la productivité agricole, absence de financement, difficultés de transport, accès limité à l’électricité ou insuffisance des services publics : ces obstacles deviennent le point de départ de nouvelles solutions.

Ces jeunes innovateurs ne disposent pas toujours de moyens considérables. Ils travaillent souvent dans des environnements marqués par des infrastructures insuffisantes et un accès difficile au crédit.

Pourtant, ils développent des applications, des services financiers numériques, des plateformes éducatives, des solutions agricoles et des entreprises à vocation sociale.

L’accès au financement demeure un obstacle

Le talent et les idées ne suffisent pas toujours à construire une entreprise durable.

Les jeunes entrepreneurs africains restent confrontés au manque de financement, à la lourdeur administrative, au coût de l’énergie et à la difficulté d’accéder aux marchés régionaux.

Une partie importante des investissements consacrés aux entreprises technologiques africaines demeure concentrée dans quelques pays et quelques grandes métropoles.

Le défi consiste donc à créer des écosystèmes capables d’accompagner les projets au-delà de leur lancement.

Cela suppose des formations adaptées, des incubateurs, des financements locaux, des marchés publics accessibles et une meilleure circulation des capitaux entre les pays africains.

Produire des solutions africaines

La jeunesse africaine ne doit pas être présentée uniquement comme une population en attente d’emplois.

Elle constitue également une force de création, de transformation et d’innovation.

Mais pour que cette énergie bénéficie réellement au continent, les États doivent favoriser la production locale, protéger les données, soutenir la recherche et permettre aux entreprises africaines de se développer à l’échelle régionale.

L’avenir économique de l’Afrique dépendra aussi de sa capacité à transformer les idées de sa jeunesse en entreprises solides et en emplois durables.

Transition :

Le développement de ces entreprises exige des capitaux. Or, malgré les tensions internationales, les marchés semblent retrouver un certain intérêt pour la dette souveraine africaine.

ÉCONOMIE — FINANCEMENT DES ÉTATS AFRICAINS

La demande d’obligations africaines résiste aux tensions internationales

Les craintes d’un blocage des émissions obligataires africaines en raison de la guerre en Iran ne se sont pas entièrement confirmées.

Selon les informations rapportées par le média économique African Business, Citibank affirme avoir accompagné des gouvernements africains dans la levée d’environ 6,2 milliards de dollars depuis le début de l’année 2026.

Ce montant représenterait une progression d’environ 70 % par rapport à la même période en 2025.

Cette évolution indique que les investisseurs internationaux continuent de s’intéresser aux obligations souveraines africaines, malgré les incertitudes géopolitiques et la volatilité des marchés.

Pourquoi les investisseurs reviennent-ils ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet intérêt.

Certaines obligations africaines proposent des rendements plus élevés que les titres émis par les économies développées.

Les investisseurs recherchent également une diversification de leurs placements.

Enfin, certains pays africains ont amélioré leur discipline budgétaire ou engagé des réformes destinées à restaurer la confiance des marchés.

Mais cette reprise ne signifie pas que les risques ont disparu.

Les taux d’intérêt restent élevés. Les monnaies africaines demeurent fragiles face au dollar. Le remboursement de la dette absorbe une part importante des recettes publiques de plusieurs pays.

Les tensions au Moyen-Orient peuvent également faire augmenter les prix de l’énergie, les coûts de transport et les dépenses d’importation.

Une vigilance indispensable

L’accès aux marchés internationaux peut permettre aux États de financer des infrastructures, l’énergie, les transports ou les services publics.

Cependant, le recours à la dette doit rester maîtrisé.

Les sommes empruntées doivent financer des investissements productifs capables de créer de la richesse et des recettes futures.

Une dette utilisée pour couvrir durablement les dépenses courantes peut rapidement devenir un poids pour les populations.

Le retour des investisseurs constitue donc une occasion, mais également une responsabilité.

La question essentielle demeure la suivante : ces financements serviront-ils à transformer les économies africaines ou seulement à repousser les difficultés budgétaires ?

Transformer les économies africaines signifie aussi transformer les matières premières sur le continent. C’est précisément la stratégie que la Guinée veut appliquer à son secteur aurifère.

AFRIQUE DE L’OUEST — GUINÉE — SOUVERAINETÉ MINIÈRE

Conakry interdit l’exportation d’or brut

La Guinée veut conserver une plus grande part de la valeur produite par ses ressources naturelles.

Le gouvernement guinéen a décidé d’interdire l’exportation d’or non raffiné et d’imposer sa transformation sur le territoire national.

Cette décision s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays africains, qui cherchent à ne plus exporter uniquement des matières premières brutes.

La Guinée dispose d’importantes ressources en or, en bauxite, en diamants et en minerai de fer.

Le pays abrite également le gisement de fer de Simandou, considéré comme l’un des plus importants gisements inexploités de minerai de fer de haute qualité au monde.

Pourtant, comme dans de nombreux pays africains, une part importante de la valeur ajoutée est créée en dehors du territoire national.

Une raffinerie destinée au marché régional

La Guinée développe une nouvelle raffinerie d’or à Conakry.

Selon les informations disponibles, cette installation pourrait traiter environ 530 tonnes d’or par an dans une première phase, avant d’atteindre une capacité supérieure à 700 tonnes à plein régime.

Cette capacité dépasse les besoins de la seule production guinéenne. Le pays souhaite donc devenir un centre régional de raffinage pour l’Afrique de l’Ouest.

L’objectif est de mieux contrôler les volumes produits, de renforcer la traçabilité, de réduire la contrebande et d’augmenter les recettes publiques.

Transformer localement pour créer de la valeur

Raffiner l’or en Guinée pourrait favoriser la création d’emplois qualifiés, le transfert de compétences et le développement d’activités industrielles liées au secteur minier.

Mais une interdiction d’exportation ne suffit pas, à elle seule, à garantir le succès de la transformation locale.

La Guinée devra assurer la compétitivité de sa raffinerie, garantir la transparence du secteur et proposer aux producteurs artisanaux des circuits d’achat accessibles et sécurisés.

Elle devra également veiller à ce que les nouvelles richesses produites bénéficient aux populations, aux collectivités territoriales et au développement des infrastructures.

La transformation locale des ressources ne doit pas seulement changer le lieu de traitement du minerai.

Elle doit permettre une redistribution plus juste de la valeur, la création d’emplois et la construction d’une véritable souveraineté économique.

CONCLUSION ET ÉDITO FINAL

Ce Grand Journal met en lumière une même exigence : l’Afrique doit maîtriser les instruments de sa transformation.

Maîtriser l’intelligence artificielle et les données.

Soutenir les entrepreneurs et les innovateurs africains.

Utiliser la dette pour financer des projets productifs.

Et transformer localement les ressources naturelles afin que leur valeur bénéficie davantage aux populations.

L’Afrique ne manque ni de talents, ni de ressources, ni d’ambition.

Mais elle doit renforcer ses infrastructures, investir dans la connaissance et construire des politiques publiques capables de transformer ses potentialités en prospérité partagée.

Ainsi s’achève cette édition du Grand Journal d’Afrique.

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