|
|
1. Pretoria bloque le débat de l'Union africaine sur les violences xénophobes
L'Afrique du Sud a réussi à bloquer la tentative du Ghana d' inscrire les violences xénophobes dans le pays à l'ordre du jour de la réunion de coordination de mi-année de l'Union africaine en octobre, persuadant plutôt les États membres d'engager un débat plus large sur les migrations à l'échelle du continent. Le Ghana avait demandé un contrôle renforcé de l'UA suite aux récentes violences xénophobes en Afrique du Sud, qui avaient entraîné l'évacuation de centaines de ses citoyens. Cependant, l'Afrique du Sud a fait valoir que les migrations devaient être examinées en tenant compte des conditions politiques et économiques qui les motivent, tout en reconnaissant que les attaques xénophobes sont inacceptables et en s'engageant à poursuivre les enquêtes. Ce succès de Pretoria dans le recentrage du débat lui offre un répit diplomatique, lui évitant une condamnation continentale immédiate. Parallèlement, le Ghana et les communautés migrantes touchées perdent de leur élan en faveur d'une responsabilisation ciblée.
|
|
|
2. Les États-Unis exhortent les nations africaines à quitter la CPI
Les États-Unis ont exhorté le Nigéria et d'autres pays africains à reconsidérer leur appartenance à la Cour pénale internationale (CPI), saluant la décision du Tchad de se retirer du Statut de Rome comme un pas vers la protection de la souveraineté nationale. Cet appel reflète les critiques de longue date de l'administration Trump à l'égard de la Cour de La Haye, qu'elle accuse de mener des enquêtes à motivation politique, notamment dans des affaires impliquant des alliés des États-Unis comme Israël. Le Nigéria, qui demeure membre de la CPI, n'a manifesté aucune intention de se retirer et n'a pas encore réagi officiellement. La démarche de Washington risque d'affaiblir l'influence de la CPI, surtout si d'autres États africains quittent le traité. Toutefois, le débat plus large porte sur la question de savoir si la responsabilité internationale ou la souveraineté des États doit prévaloir, un débat susceptible de redéfinir les relations de l'Afrique avec les institutions judiciaires internationales dans les années à venir.
|
|
|
3. Un tribunal de la RDC ouvre la voie à un débat référendaire
La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo a validé une loi référendaire qui, selon ses détracteurs, pourrait permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, en dépit des limites constitutionnelles. Si la Constitution interdit toute modification de la limitation du nombre de mandats présidentiels, la Cour a approuvé des dispositions autorisant des amendements constitutionnels par le biais d'une assemblée constituante, suivis d'un référendum, mais uniquement en cas de dysfonctionnement institutionnel majeur. Les partis d'opposition ont condamné cette décision, la qualifiant de menace pour l'ordre constitutionnel et prévenant qu'elle pourrait fragiliser les garanties démocratiques avant la fin du mandat de Tshisekedi en 2028. Cette décision renforce les options politiques du président tout en affaiblissant la capacité de l'opposition à bloquer les modifications constitutionnelles par la voie légale. Elle crée un précédent que d'autres dirigeants pourraient exploiter pour contourner la limitation des mandats, aggravant ainsi le risque de recul démocratique sur le continent et ailleurs.
|
|
|
4. Le report des élections au Soudan du Sud pourrait aggraver l'incertitude.
Le Soudan du Sud doit tenir ses premières élections nationales en décembre, après deux reports. Cependant, des interrogations subsistent quant à la capacité du pays à les organiser. La faiblesse des institutions, les retards dans l'inscription des électeurs, l'absence de réformes sécuritaires et la détention du premier vice-président Riek Machar alimentent les appels à un nouveau report. Les partisans du scrutin affirment que la tenue d'élections, aussi imparfaites soient-elles, profite aux citoyens ordinaires, dont environ 80 % sont favorables au vote malgré le risque de violence. Ils estiment également que le maintien du scrutin pourrait contraindre le parti au pouvoir à clarifier la succession du président Salva Kiir, réduisant ainsi l'incertitude quant à la future direction du pays. À l'inverse, tout report prolongé avantage les élites en place, qui échappent à toute responsabilité. Cette situation est préoccupante à long terme, car une succession non résolue risque de dégénérer en violents affrontements entre élites si le mandat de Kiir prend fin de manière inattendue. Par ailleurs, les reports indéfinis n'ont jamais permis de mettre en œuvre les réformes promises depuis 2018.
|
|
|
|
|
5. Washington renforce son engagement en Somalie et en Érythrée
Les États-Unis renforcent leur engagement diplomatique auprès de l'Érythrée et de la Somalie face à la multiplication des attaques contre la navigation en mer Rouge, qui menace l'un des corridors commerciaux les plus importants au monde. Massad Boulos, conseiller principal à la Maison Blanche, a récemment rencontré des représentants des deux pays au Caire afin de discuter de la sécurité dans la Corne de l'Afrique avec ses homologues égyptiens. Alors que des perturbations affectent déjà les détroits de Bab el-Mandeb et d'Ormuz, Washington cherche à prévenir toute instabilité sur les côtes africaines de la mer Rouge. En cas de succès, les États-Unis gagneront en influence diplomatique sur les événements dans la région. Les États de la Corne de l'Afrique pourraient également consolider leurs liens avec Washington grâce à une coopération accrue en matière de sécurité. À l'inverse, les groupes armés qui menacent les routes maritimes feront l'objet d'une surveillance internationale renforcée. À terme, l'importance stratégique de la région devrait encore s'accroître, les grandes puissances rivalisant pour sécuriser les voies maritimes essentielles au commerce et à l'approvisionnement énergétique.
|
|
|
6. Des experts de l'ONU exposent le réseau logistique de RSF
Un rapport préliminaire des Nations Unies conclut que des Boeing 727, liés au réseau d'un sous-traitant américain, ont transporté des combattants , des drones et des armes aux Forces de soutien rapide (FSR) du Soudan. Selon les enquêteurs, ces appareils transitaient par le Tchad pour rejoindre des bases contrôlées par les FSR au Darfour, tout en prenant des mesures délibérées pour éviter d'être repérés. Le rapport met également en évidence des preuves crédibles selon lesquelles jusqu'à 2 000 mercenaires colombiens, recrutés par une société basée aux Émirats arabes unis, ont soutenu les opérations des FSR lors de l'assaut contre al-Fashir. Ces conclusions accroissent la pression internationale sur les individus et les entités liés à ce réseau d'approvisionnement et renforcent les appels à une application plus stricte de l'embargo sur les armes imposé par l'ONU au Soudan en 2004. Une telle évolution pourrait réduire les avantages logistiques des FSR, ce qui pourrait favoriser les efforts internationaux de responsabilisation et influencer les futures initiatives diplomatiques visant à mettre fin au conflit soudanais.
|
|
|
7. L'UA envisage un changement de cap politique pour la mission de paix en Somalie
L'Union africaine subit une pression croissante pour repenser sa mission de paix en Somalie après l'annonce par les États-Unis de la fin de leur financement logistique à la Mission de stabilisation et de soutien de l'Union africaine en Somalie (AUSSOM) après décembre 2026. Washington estime que la Somalie n'a pas assumé suffisamment de responsabilités en matière de sécurité, tandis que des années de lassitude des donateurs et des progrès limités ont mis en évidence les faiblesses d'une approche militaire. Les analystes recommandent de remplacer l'AUSSOM par une mission politique allégée, appuyée par une coopération régionale en matière de sécurité, afin de préserver les acquis contre al-Shabaab tout en renforçant la gouvernance et la consolidation de l'État. Cette décision financière transfère le pouvoir de négociation des donateurs extérieurs vers l'UA et les autorités somaliennes, qui doivent désormais définir un modèle de sécurité durable. Bien que la Somalie risque de se retrouver face à un dangereux vide sécuritaire, cette transition offre également l'opportunité de privilégier la réconciliation politique à une intervention militaire indéfinie.
|
|
|
8. L'Ouganda lance une aide alimentaire face à la hausse des décès dus à la faim.
L'Ouganda a commencé à distribuer une aide alimentaire d'urgence dans la région de Karamoja, frappée par la sécheresse, après qu'au moins 19 personnes seraient décédées de la faim et que de graves pertes de récoltes aient plongé 1,5 million d'habitants dans une insécurité alimentaire encore plus grande. Le Parlement a approuvé un financement d'urgence d'environ 12 millions de dollars pour l'achat de 9 400 tonnes de vivres, ce qui constitue l'une des plus importantes interventions directes du gouvernement alors que l'aide humanitaire internationale diminue. Les autorités indiquent que cet effort de secours sera complété par des investissements à long terme dans des cultures résistantes à la sécheresse et dans les infrastructures hydrauliques. Cette intervention apporte un soulagement immédiat aux communautés confrontées à la faim. Néanmoins, les ménages restent vulnérables aux chocs climatiques récurrents et à la fragilité des systèmes agricoles. La crise renforce la responsabilité du gouvernement ougandais, alors que l'aide internationale se réduit, soulignant la nécessité de réformes durables pour consolider la sécurité alimentaire et la résilience climatique.
|
|
|
9. L'anniversaire du coup d'État au Niger révèle une aggravation de la situation
Trois ans après avoir renversé le président Mohamed Bazoum, le gouvernement militaire nigérien du général Abdourahamane Tiani a laissé se dégrader l'insécurité et restreindre considérablement les libertés civiles, selon l'ancien ambassadeur Kiari Liman-Tinguiri. Les données sécuritaires font état d'une recrudescence des attaques djihadistes, notamment dans la région de Tillabéri, ce qui remet en cause la justification initiale du coup d'État : le rétablissement de la stabilité. Parallèlement, les partis politiques et la société civile indépendante ont été démantelés, et le contrôle des médias s'est renforcé. Bien que l'économie ait progressé d'environ 7 % en 2025, après une croissance à deux chiffres l'année précédente, cette dynamique est en grande partie due à des projets lancés avant le coup d'État. Si les actions de l'armée lui ont permis d'accroître son pouvoir politique, elles se font au détriment des Nigériens ordinaires, qui ne peuvent même pas exiger des comptes. À plus long terme, le maintien d'un régime autoritaire pourrait déstabiliser davantage le Sahel, y compris le Mali et le Burkina Faso.
|
|
|
|
|
10. Le canal de Suez risque de pousser l'Égypte vers une diplomatie régionale.
L'escalade des tensions entre l'Iran, les Houthis et les États-Unis accentue la pression sur l'économie égyptienne en menaçant le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb, voie d'accès essentielle au canal de Suez. Si les recettes du canal ont chuté brutalement, passant d'environ 10,25 milliards de dollars en 2023 à près de 4 milliards en 2024, elles se sont depuis redressées. Cependant, le Caire est confronté à de nouveaux risques, les répercussions du conflit irano-américain ayant incité les compagnies maritimes à envisager des itinéraires alternatifs. Face à l'inflation, aux réformes soutenues par le FMI et à une dette publique élevée qui pèsent déjà lourdement sur les finances publiques, l'Égypte s'efforce de maintenir un équilibre délicat dans ses relations avec Washington, ses alliés du Golfe et Téhéran, tout en soutenant discrètement les efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions régionales. Une désescalade serait bénéfique au pays, car elle encouragerait la reprise du transit des navires par le canal de Suez. Parallèlement, un conflit prolongé ne favorise ni les économies régionales ni le commerce mondial. À plus long terme, une instabilité persistante pourrait affaiblir les recettes en devises étrangères de l'Égypte, aggraver les pressions budgétaires et renforcer sa dépendance à l'égard du soutien financier extérieur.
|
|
|