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1. Le président du Nigéria promulgue la loi électorale
Le président nigérian Bola Tinubu a promulgué la loi d'amendement de la loi électorale de 2026, peu après son adoption par l'Assemblée nationale. Ce texte avait suscité une vive polémique dans les jours précédant sa signature. La semaine dernière encore, des manifestants ont pris d'assaut l'Assemblée nationale pour exiger le rétablissement d'une disposition imposant la transmission électronique des résultats. Cette clause, adoptée par la Chambre des représentants, avait été rejetée par le Sénat, qui estimait que le Nigeria ne disposait pas encore des capacités techniques nécessaires. Face à la mobilisation de la société civile, le Sénat a modifié sa décision pour autoriser la transmission électronique, tout en prévoyant une clause de dépouillement manuel en cas de panne d'internet.
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2. La prolongation du mandat de Mnangagwa contestée par des anciens combattants
Six anciens combattants zimbabwéens contestent les amendements constitutionnels proposés par le parti au pouvoir, la ZANU-PF. Ces amendements, récemment approuvés par le gouvernement zimbabwéen, visent à porter la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans. De plus, ils confieraient l'élection présidentielle au Parlement, et non plus au suffrage universel. Les anciens combattants affirment que ces amendements sont inconstitutionnels, d'autant plus que leurs promoteurs n'ont pas l'intention de les soumettre à référendum et qu'ils sont conçus pour favoriser le président Emmerson Mnangagwa. Ce dernier doit actuellement achever son second et dernier mandat en 2028, mais pourrait rester en fonction jusqu'en 2030 si les amendements sont adoptés.
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3. Pourquoi le chef de l'Alliance démocratique, Steenhuisen, a-t-il démissionné ?
John Steenhuisen, chef de l'Alliance démocratique (DA) sud-africaine, a récemment annoncé qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat en avril, mettant ainsi fin à six années de mandat. Si son leadership a permis à la DA d'accéder pour la première fois au gouvernement au sein d'une coalition de dix partis, il a également été entaché par des scandales. Le plus préjudiciable est sans doute la révélation qu'il fait l'objet d'un jugement par défaut pour dettes de carte de crédit impayées, alors qu'il perçoit un salaire de plus de 160 000 dollars. M. Steenhuisen, qui dirige également le ministère de l'Agriculture, a été vivement critiqué pour sa gestion de l'épidémie de fièvre aphteuse, qui a ravagé l'élevage du pays. Son départ fait craindre un retour de la DA à la politique conflictuelle qui la caractérisait avant son entrée au pouvoir.
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4. La campagne RSF El Fasher porte des marques de génocide
Des experts des droits humains mandatés par l'ONU ont conclu que l'assaut mené en octobre par les Forces de soutien rapide (FSR) contre El Fasher, dans la région du Darfour au Soudan, présente des « caractéristiques d'un génocide » à l'encontre des communautés non arabes, en particulier les groupes ethniques Zaghawa et Fur. Après un siège de 18 mois, les combattants des FSR ont tué plus de 6 000 personnes en trois jours d'horreur, et seulement 40 % des 260 000 habitants de la ville ont réussi à s'échapper. Selon les experts, le sort des autres habitants demeure inconnu. La mission d'enquête a établi qu'au moins trois des cinq critères du génocide définis par le droit international étaient réunis : massacres de masse, infliction de lésions corporelles graves et infliction délibérée de conditions destinées à anéantir des groupes protégés. Des survivants ont rapporté que les combattants appelaient explicitement à l'élimination des communautés non arabes et noires, ciblant de manière sélective les femmes Zaghawa et Fur tout en épargnant celles perçues comme arabes. Les experts ont demandé que les auteurs de ces crimes rendent des comptes.
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5. Le cessez-le-feu dans l'est de la RDC suscite l'espoir
Un accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 18 février a suscité des espoirs prudents de paix dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Toutefois, les experts avertissent que le succès reste improbable compte tenu du réseau complexe de groupes armés présents dans la région et des trêves rompues par le passé. Cet accord, négocié par Washington entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir la milice M23, constitue la dernière tentative en date après l'échec des médiations menées par l'Angola, le Kenya, le Togo et le Qatar. Les États-Unis ont menacé de sanctions toute partie violant le cessez-le-feu. Massad Boulos, conseiller de Trump, a insisté sur les intérêts économiques américains dans cette région riche en ressources minières, où cinq concessions d'exploitation ont été promises à des entreprises américaines. Cependant, environ 120 groupes rebelles opèrent dans l'est du Congo, outre le M23, notamment les ADF, liées à l'État islamique, et les milices Wazalendo, partiellement contrôlées par l'État, ce qui rend une paix globale, sous le couvert d'un accord unique, pratiquement impossible.
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6. L'Éthiopie et l'Érythrée déploient des troupes à leur frontière commune.
L'Éthiopie et l'Érythrée semblent se diriger tout droit vers une guerre ouverte, les deux pays mobilisant troupes et matériel à leur frontière commune dans la région éthiopienne du Tigré. Cette situation fait suite à des semaines d'escalade verbale de part et d'autre, notamment des accusations d'Addis-Abeba selon lesquelles Asmara soutiendrait des rebelles dans la région éthiopienne d'Amhara. L'Érythrée a nié ces accusations, affirmant que l'Éthiopie s'en servait comme prétexte pour déclencher une guerre. Après des décennies de relations tendues, ces deux ennemis de longue date avaient signé un accord de paix en 2018 afin de normaliser leurs relations. Les troupes érythréennes avaient même combattu aux côtés de leurs homologues éthiopiens pendant la guerre civile éthiopienne de 2020-2022. Cependant, les relations se sont considérablement détériorées après qu'Addis-Abeba a exclu Asmara de l'accord de paix qui a mis fin à la guerre civile. Depuis lors, le Premier ministre Abiy Ahmed a déclaré à plusieurs reprises que l'Éthiopie, pays enclavé le plus peuplé du monde, a un droit d'accès à la mer. L'Érythrée, située entre l'Éthiopie et la mer Rouge, perçoit cela comme une menace.
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7. La France et l'Algérie reprennent leur coopération en matière de sécurité.
La France et l'Algérie ont convenu de reprendre leur coopération sécuritaire de haut niveau lors de la visite du ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, à Alger, marquant ainsi le premier dégel des relations diplomatiques tendues depuis 2024. Les relations entre les deux pays s'étaient détériorées après que Paris a officiellement soutenu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, s'opposant ainsi frontalement au soutien algérien au Front Polisario, mouvement indépendantiste, dans ce territoire contesté. Ce partenariat renouvelé portera sur la coopération judiciaire, la police et le partage de renseignements. Notamment, l'Algérie a accepté de réadmettre ses ressortissants en situation irrégulière en France, une mesure à laquelle elle s'était opposée pendant des mois. De hauts responsables de la sécurité des deux pays ont participé à des discussions qui devraient aborder le trafic de drogue et la lutte contre le terrorisme, des enjeux particulièrement cruciaux compte tenu des frontières de l'Algérie avec le Niger et le Mali, deux pays dirigés par des juntes et en proie à de graves violences djihadistes.
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8. Le président turc Erdogan condamne la reconnaissance du Somaliland par Israël
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué la décision d'Israël de reconnaître le Somaliland, région sécessionniste, la qualifiant d'illégale. Lors d'une récente visite à Addis-Abeba, M. Erdogan a accusé Jérusalem de tenter de déstabiliser la Corne de l'Afrique, une région instable. Selon lui, les problèmes régionaux doivent être résolus par les nations africaines elles-mêmes et « ne doivent pas devenir un champ de bataille pour des puissances étrangères ». Le Somaliland a fait sécession de la Somalie en 1991 à la suite d'une guerre civile et s'autogouverne depuis. Cependant, la Somalie a toujours refusé de reconnaître son indépendance, le considérant comme une région sécessionniste. Cette position a été largement adoptée par la communauté internationale jusqu'à ce qu'Israël, fin 2025, reconnaisse la souveraineté du Somaliland. Les autorités somaliennes affirment que cette reconnaissance est liée à un projet de déplacement forcé des Palestiniens vers le Somaliland.
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9. L'UE prolonge l'embargo sur les armes à destination du Zimbabwe
L'Union européenne a renouvelé son embargo sur les armes à destination du Zimbabwe pour une année supplémentaire, maintenant ainsi une interdiction initialement imposée en 2002 suite aux violations des droits de l'homme commises sous le gouvernement de l'ancien président Robert Mugabe. Ces restrictions interdisent la vente, la fourniture et le transfert d'équipements militaires et d'assistance technique connexe au Zimbabwe. L'UE a toutefois souligné qu'elle restait « engagée de manière constructive » avec le pays et espérait approfondir ses relations commerciales et d'investissement. Il convient de noter que tous les gels d'avoirs et interdictions de voyager ont été levés, et que Zimbabwe Defence Industries a été retirée de la liste des sanctions l'année dernière, seul l'embargo sur les armes demeurant en vigueur. En raison de cet embargo, le Zimbabwe a dû trouver d'autres sources d'approvisionnement en équipements militaires, notamment la Chine et la Russie.
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10. Plus de 1 000 mercenaires kényans combattent pour la Russie
Un nouveau rapport des services de renseignement kényans révèle que plus de 1 000 Kényans ont été recrutés frauduleusement pour combattre aux côtés de la Russie en Ukraine. Des agences de recrutement illégales ciblent d'anciens militaires, des policiers et des civils désespérés âgés de 25 à 50 ans en leur promettant des salaires mensuels d'environ 2 000 dollars, des primes substantielles et la possibilité d'obtenir la nationalité russe. L'opération impliquerait des fonctionnaires corrompus des services d'immigration, des enquêtes criminelles et des agences de recrutement, qui aideraient les recrues à échapper aux contrôles aéroportuaires. La Russie aurait subi de lourdes pertes dans sa guerre contre l'Ukraine, ce qui l'inciterait à recruter des hommes à l'étranger, notamment en Afrique. Cependant, ce recrutement manque de transparence : de nombreuses recrues se voient promettre des emplois de chauffeurs ou de gardes avant de se retrouver au front. Ce phénomène s'étend à toute l'Afrique : en novembre, l'Ukraine a signalé que plus de 1 400 combattants originaires de 36 pays africains combattaient pour la Russie.
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