28 août 2026
Dix reportages. Cinq minutes. Un regard plus clair sur l'Afrique d'aujourd'hui.
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1. Le parti au pouvoir en Tanzanie expulse le vice-président démissionnaire.
Le parti au pouvoir en Tanzanie, le Chama cha Mapinduzi (CCM), a destitué le vice-président Emmanuel Nchimbi quelques jours après sa démission, une décision largement perçue comme une mesure de représailles. Le parti accuse Nchimbi d'indiscipline et a nommé le ministre de l'Énergie, Deogratius Ndejembi, pour le remplacer. Les observateurs estiment que le désaccord entre Nchimbi et le président Samia Suluhu Hassan porte sur des questions de gouvernance, notamment la répression violente des manifestants à la suite des élections contestées d'octobre dernier. Pour le CCM, l'éviction d'une figure importante renforce la discipline du parti et l'autorité de Hassan. Pour l'opposition et la société civile tanzaniennes, en revanche, cela signifie un rétrécissement de l'espace pour la dissidence interne. Le CCM gouverne la Tanzanie depuis l'indépendance du pays en 1961 et est profondément intégré à l'État. Cet épisode met à l'épreuve la domination politique du parti et la réputation de la Tanzanie en matière de transitions pacifiques.
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2. Le PDP, parti autrefois dominant au Nigéria, risque un effondrement total.
Le Parti démocratique populaire (PDP) du Nigeria, autrefois force politique dominante du pays, lutte pour sa survie à l'approche des élections générales de janvier. Après avoir détenu la présidence pendant 16 ans, le parti a perdu le pouvoir en 2015 et est depuis en déclin. Une lutte de pouvoir entre factions rivales, dont une alliée à Nyesom Wike, membre du gouvernement dirigé par le Congrès des progressistes (APC) du président Bola Tinubu, a privé l'une d'entre elles de représentants sur les bulletins de vote. Le PDP, qui contrôlait jadis la plupart des 36 États du Nigeria, n'en détient plus aucun, suite à une vague de défections de gouverneurs au profit du parti au pouvoir, l'APC, et d'autres formations politiques. Le départ de personnalités importantes, comme l'ancien vice-président Atiku Abubakar, a encore affaibli son appareil politique national. Si ses partisans mettent en avant son infrastructure locale et citent des exemples de retour en force dans d'autres pays, les analystes estiment que seule une fusion avec des partis d'opposition pourrait raisonnablement permettre au PDP d'éviter de sombrer dans l'insignifiance lors des prochaines élections.
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3. Le différend électoral en Zambie met ses institutions à l'épreuve
L'élection présidentielle contestée en Zambie met de plus en plus à l'épreuve la capacité des institutions démocratiques du pays à résister aux pressions politiques . Alors que la commission électorale a proclamé le président sortant, Hakainde Hichilema, vainqueur, son adversaire, Brian Mundubile, a rejeté le résultat et promis de le contester devant les tribunaux. Cependant, les tribunaux zambiens sont fermés depuis le 24 août pour des raisons de sécurité, ce qui empêche M. Mundubile de poursuivre sa procédure judiciaire par les voies légales habituelles. Le juge en chef, Mumba Malila, a confirmé avoir reçu les documents relatifs à la contestation électorale par courriel privé, une procédure qu'il a qualifiée d'irrégulière. Il a ensuite saisi la Cour constitutionnelle. Les autorités insistent sur le fait que ces fermetures sont des mesures de sécurité préventives et non une tentative d'entraver les contestations. Toutefois, Transparency International et d'autres observateurs s'interrogent sur le moment choisi pour ces fermetures, soulevant des inquiétudes quant à l'accès de l'opposition aux voies de recours légales. Cet épisode met à l'épreuve la réputation de la Zambie, considérée comme l'une des démocraties multipartites les plus stables d'Afrique australe, à un moment où les élections régionales font l'objet d'une surveillance accrue.
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4. La mission de l'UA fait état des progrès accomplis dans la préparation des élections au Soudan du Sud.
Le Soudan du Sud a reçu une évaluation positive de la part d'une mission préélectorale de l'Union africaine chargée d'examiner les préparatifs des prochaines élections dans le pays. La délégation, conduite par l'ancien ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, a rencontré des représentants du gouvernement à Juba, dont le ministre des Affaires du Cabinet, Martin Elia Lomoro, afin d'évaluer les progrès accomplis vers un processus électoral crédible. M. Onyeama a salué les efforts du gouvernement et s'est dit confiant quant à la tenue d'élections libres, équitables, transparentes et crédibles. L'Union africaine a également promis de poursuivre son soutien et ses consultations avec les institutions gouvernementales et les autres parties prenantes. Pour le gouvernement de transition du président Salva Kiir, cette approbation constitue un appui diplomatique précieux, alors qu'il s'efforce de démontrer sa capacité à organiser des élections après des années d'instabilité politique. Pour l'UA, la poursuite de son engagement lui offre un levier pour encourager le renforcement des institutions et une participation plus large des acteurs concernés.
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5. Le président du Parlement sud-africain échappe à une motion de censure.
L'Assemblée nationale sud-africaine a rejeté une motion des Combattants pour la liberté économique (EFF) visant à destituer la présidente de l'Assemblée, Thoko Didiza, pour avoir prétendument mal géré la procédure de destitution du président Cyril Ramaphosa. L'EFF reprochait à Mme Didiza de ne pas avoir défendu le Parlement en refusant de s'opposer à la demande de M. Ramaphosa de suspendre la procédure. Mme Didiza a rétorqué qu'elle respectait la décision de justice. Plusieurs partis d'opposition, dont l'EFF, le parti MK et l'UTA, ont soutenu la motion, tandis que l'ANC, l'Alliance démocratique et d'autres partis s'y sont opposés. Le vote s'est soldé par une nette majorité : 282 députés ont voté contre la motion et 101 pour. Ce résultat renforce la position de Mme Didiza et démontre que la coalition au pouvoir en Afrique du Sud demeure capable de surmonter les contestations de son leadership. Plus largement, ce vote met en lumière les tensions politiques persistantes liées à la procédure de destitution de M. Ramaphosa et à l'équilibre des pouvoirs au sein du Parlement.
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6. Le Rwanda renouvelle ses accusations contre le Congo
Le président rwandais Paul Kagame a réitéré ses accusations selon lesquelles la République démocratique du Congo (RDC) soutiendrait les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), arguant que la présence continue de ce groupe armé sur le territoire congolais justifierait l'intervention sécuritaire du Rwanda dans l'est du Congo. Kinshasa dément ces allégations et accuse au contraire Kigali de soutenir le groupe rebelle M23 et de déployer des troupes sur le sol congolais, ce que le Rwanda rejette. Les FDLR sont une milice hutue issue du génocide de 1994. Ces accusations contradictoires risquent de compromettre la mise en œuvre du cessez-le-feu, au moment même où un mécanisme conjoint de vérification commence ses activités dans l'est du Congo. Le Rwanda renforce son influence politique en présentant son intervention comme un acte de légitime défense, tandis que la RDC subit des pressions accrues pour s'attaquer aux groupes armés. Ces accusations menacent de mettre en péril les efforts de paix régionaux et de prolonger l'instabilité dans l'est du Congo, déjà théâtre de l'un des conflits les plus longs d'Afrique.
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7. La rivalité entre l'Éthiopie et l'Érythrée menace l'accord de paix du Tigré
Le différend entre l'Éthiopie et l'Érythrée concernant l'accès à la mer Rouge complique la mise en œuvre de l'Accord de Pretoria de 2022, qui a mis fin à la guerre du Tigré. Bien que les combats à grande échelle aient cessé, des dispositions essentielles restent inachevées : les forces étrangères et non fédérales ne se sont pas totalement retirées, le Tigré occidental demeure hors de l'administration tigréenne, le désarmement est incomplet et le Tigré reste politiquement marginalisé. La volonté de l'Éthiopie d'accéder au port érythréen d'Assab a exacerbé les tensions. Addis-Abeba présente cet accès maritime comme une nécessité stratégique et historique, tandis qu'Asmara perçoit ces revendications comme une menace pour sa souveraineté. Cette rivalité incite également l'Éthiopie, l'Érythrée et le Front populaire de libération du Tigré à instrumentaliser les dispositions non résolues à des fins politiques. Les Tigréens sont les plus durement touchés par ces tensions persistantes, avec plus de 760 000 personnes toujours déplacées. À moins que le différend portuaire et la réintégration politique du Tigré ne soient traités séparément, cette rivalité régionale risque de paralyser l'accord de paix et d'accroître le risque d'une reprise du conflit.
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8. Israël renforce ses liens avec le Nigeria
Israël a commencé à livrer des ambulances et du matériel médical au Nigéria, conformément à un engagement pris en début d'année. Le Magen David Adom, service de secours israélien, a remis le premier lot au port d'Ashdod, au nom du gouvernement israélien. L'ambassadrice du Nigéria, Nkechi Ufochukwu, a réceptionné le matériel. Ce matériel, comprenant des ambulances entièrement équipées et des aides à la mobilité, est destiné aux hôpitaux et aux centres d'urgence du Nigéria. Cette livraison s'inscrit dans le cadre de l'engagement d'Israël de fournir entre 50 et 60 ambulances et de former le personnel nigérian. Ce don coïncide avec le renforcement des liens bilatéraux : les deux pays ont discuté d'un accord de défense et, plus récemment, d'une coopération en matière de sécurité, de partage de renseignements et de gestion des frontières. Pour le Nigéria, cette aide permet de combler les lacunes de son infrastructure de secours, notamment dans les communautés les plus défavorisées. Pour Israël, ce programme est l'occasion d'approfondir ses relations d'amitié et institutionnelles avec le pays le plus peuplé d'Afrique.
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9. La Chine ordonne à ses citoyens de quitter l'Eswatini, territoire allié de Taïwan.
La Chine a intensifié la pression sur l'Eswatini concernant sa reconnaissance diplomatique de Taïwan, ordonnant aux citoyens et institutions chinois de quitter le royaume d'Afrique australe. Pékin affirme que son dernier avertissement est lié à la cyberfraude et aux jeux d'argent en ligne, suite à l'arrestation d'au moins 55 citoyens chinois par l'Eswatini lors d'une opération de répression. L'Eswatini, l'un des douze seuls pays à reconnaître encore Taïwan, a rejeté les accusations de Pékin et déclaré qu'il ne se laisserait pas contraindre ni déstabiliser en raison de ses choix de politique étrangère. Ce différend s'inscrit dans une rivalité plus large entre Pékin et Taipei pour la reconnaissance diplomatique. La Chine a déjà exclu l'Eswatini d'une politique de droits de douane nuls étendue à d'autres pays africains en début d'année. Pour Taïwan, le soutien continu de l'Eswatini, malgré les pressions chinoises, est l'occasion de démontrer la valeur de ses partenariats. Pour l'Eswatini, sa reconnaissance persistante de Taïwan l'expose à des pressions économiques et politiques de la part de la Chine.
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10. Les États-Unis approuvent une aide de 5 millions de dollars pour le Libéria dans le cadre d'un accord sur les expulsions.
Les États-Unis ont approuvé un versement de 5 millions de dollars au Libéria dans le cadre d'un accord autorisant Washington à y envoyer des migrants, selon des documents consultés par le New York Times. Le Libéria a accepté d'accueillir jusqu'à 1 200 personnes expulsées au cours de l'année à venir, le premier groupe étant arrivé à Monrovia ce mois-ci. Ce versement, prélevé sur un fonds d'aide aux migrants et aux réfugiés, pourrait financer le système d'immigration libérien, les centres d'hébergement, l'aide alimentaire et la formation professionnelle. Cet accord offre à l'administration Trump un nouveau moyen d'accélérer les expulsions tout en fournissant au Libéria les ressources nécessaires pour gérer l'afflux de migrants. Cependant, cet accord a suscité des critiques car les autorités libériennes avaient précédemment déclaré n'avoir reçu aucune compensation. Les organisations de défense des droits humains affirment que de tels accords avec des pays tiers compromettent la protection des réfugiés et exposent les migrants à des environnements inconnus.
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