LE GRAND JOURNAL LA CEINTURE CACAOYÈRE D’AFRIQUE DE L’OUEST FACE À UNE CRISE D’APPROVISIONNEMENT

LE GRAND JOURNAL

LA CEINTURE CACAOYÈRE D’AFRIQUE DE L’OUEST FACE À UNE CRISE D’APPROVISIONNEMENT

Vendredi 7 août 2026

Présentation :
Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Journaliste, éditorialiste et fondatrice de RADIOTAMTAM AFRICA

Réalisation : G.-V.

RADIOTAMTAM AFRICA

La Parole est une Force

Bonsoir à toutes et à tous.

Bonsoir l’Afrique, bonsoir la diaspora.

Où que vous soyez sur le continent africain, en Europe, dans les Amériques, en Asie ou ailleurs dans le monde, merci de votre fidélité.

Vous écoutez RADIOTAMTAM AFRICA, le média panafricain indépendant, associatif et à but non lucratif qui informe, décrypte et relie l’Afrique à sa diaspora.

Nous sommes en direct de Bezons, en Île-de-France.

Je suis Félicité Amaneyâ Râ VINCENT, journaliste, éditorialiste et fondatrice de RADIOTAMTAM AFRICA.

Bienvenue dans cette nouvelle édition du Grand Journal.

LES TITRES

Au sommaire aujourd’hui :

Le Ghana prévoit une baisse d’au moins 16 % de sa production de cacao pour la campagne 2026-2027. La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, anticipe également un recul supérieur à 10 %.

En Zambie, plus de huit millions d’électeurs sont appelés aux urnes le 13 août, sur fond de hausse du coût de la vie, de pénuries d’électricité et d’enjeux liés à l’exploitation du cuivre.

Selon INTERPOL, l’intelligence artificielle facilite désormais 55 % des cybercrimes signalés en Afrique.

En Afrique du Sud, le gouvernement prépare un nouveau cadre réglementaire pour encadrer les transferts transfrontaliers de crypto-actifs.

Au Nigeria, le président Bola Ahmed Tinubu approuve une revalorisation comprise entre 30 et 80 % des salaires des militaires, à compter du 1er septembre.

Enfin, la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, connue sous le sigle AGOA, n’est prolongée que jusqu’au 31 décembre 2026. Une échéance qui maintient les exportateurs africains dans l’incertitude.

Agriculture, climat, souveraineté économique, sécurité numérique et choix politiques : plusieurs vulnérabilités du continent se rencontrent aujourd’hui.

Et maintenant, place à l’actualité.

AFRIQUE DE L’OUEST — GHANA ET CÔTE D’IVOIRE

SELON REUTERS ET LE COCOBOD

Cacao : la baisse annoncée de la production révèle une fragilité structurelle

Le Ghana prévoit une diminution d’au moins 16 % de sa production de cacao pour la campagne 2026-2027, qui doit commencer en septembre.

En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, les estimations disponibles font également état d’un recul supérieur à 10 %.

À eux deux, ces pays fournissent près de 60 % du cacao mondial. Leur situation dépasse donc le cadre d’une difficulté agricole locale.

Elle concerne toute la chaîne internationale, depuis les planteurs africains jusqu’aux transformateurs, aux chocolatiers et aux consommateurs.

Au Ghana, le COCOBOD, l’organisme public chargé de réglementer le secteur du cacao, cite plusieurs causes qui se cumulent.

Il s’agit notamment des conditions météorologiques défavorables, de l’alternance naturelle des rendements, du vieillissement des plantations et de la maladie du swollen shoot, également appelée maladie du gonflement des pousses.

À ces difficultés s’ajoute la destruction de terres agricoles provoquée par l’orpaillage illégal, connu au Ghana sous le nom de « galamsey ».

Les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest, qui assurent plus de la moitié de la production ghanéenne, sont particulièrement touchées.

Le COCOBOD annonce des opérations de réhabilitation, une augmentation des traitements phytosanitaires ainsi que la relance d’un programme de distribution gratuite d’engrais.

Mais renouveler des plantations vieillissantes et restaurer des sols dégradés demandera plusieurs années.

Sur les marchés internationaux, l’annonce ghanéenne a provoqué un rebond de plus de 9 % des contrats à terme sur le cacao, au-dessus de 5 900 dollars la tonne.

Cette remontée intervient cependant après une période de forte volatilité.

Elle ne garantit pas automatiquement une amélioration durable du revenu des producteurs. Ceux-ci restent confrontés au coût des intrants, aux maladies, à l’endettement et à la perte de terres cultivables.

L’enjeu central est donc celui de la souveraineté de la chaîne de valeur.

L’Afrique de l’Ouest produit l’essentiel de la matière première mondiale, mais elle ne transforme encore qu’une part insuffisante de cette production en beurre de cacao, en poudre, en chocolat et en produits finis à plus forte valeur ajoutée.

La crise actuelle rappelle l’urgence d’investir dans la recherche agronomique, le renouvellement des vergers, la protection des terres agricoles, l’irrigation et la transformation locale.

Elle pose également une question essentielle : comment garantir une rémunération véritablement décente aux planteurs qui font vivre toute l’industrie mondiale du chocolat ?

Du cacao au cuivre, les matières premières restent au cœur des choix économiques et politiques africains.

Direction maintenant la Zambie.

AFRIQUE AUSTRALE — ZAMBIE

SELON LA COMMISSION ÉLECTORALE DE ZAMBIE ET REUTERS

À une semaine du scrutin, l’économie et l’électricité dominent les préoccupations

Les élections générales zambiennes se tiendront le jeudi 13 août 2026.

Les bureaux de vote doivent ouvrir à 6 heures et fermer à 18 heures. Plus de huit millions d’électeurs sont inscrits.

Le président Hakainde Hichilema sollicite un second mandat.

Il aborde ce scrutin avec l’avantage du pouvoir et un bilan marqué par la restructuration de la dette ainsi que par la poursuite du programme conclu avec le Fonds monétaire international.

Mais une partie de la population urbaine exprime sa frustration face au coût de la vie, aux pénuries d’électricité et au décalage ressenti entre l’amélioration de certains indicateurs macroéconomiques et les difficultés du quotidien.

La campagne se déroule également dans un climat de critiques concernant l’espace accordé à l’opposition et à la dissidence politique.

Ces accusations sont contestées par le pouvoir.

Dans ce contexte, la transparence du scrutin, la liberté de campagne et l’acceptation des résultats seront déterminantes pour la stabilité du pays.

L’enjeu économique majeur demeure l’exploitation du cuivre.

Le secteur minier représente environ 9 % du produit intérieur brut de la Zambie et près de la moitié des recettes publiques.

Les entreprises minières réclament davantage d’investissements dans l’exploration, la production électrique et les infrastructures de transport.

Mais pour les citoyens zambiens, la question décisive reste la suivante : comment transformer cette richesse minière en emplois, en services publics, en infrastructures et en développement local ?

Après les urnes et les matières premières, intéressons-nous maintenant à une autre menace qui ne connaît aucune frontière : la cybercriminalité.

PANAFRICAIN — 36 PAYS AFRICAINS

SELON INTERPOL

Cybercriminalité : l’intelligence artificielle accélère et industrialise les fraudes

Selon l’Évaluation 2026 des cybermenaces en Afrique publiée par INTERPOL, l’intelligence artificielle facilite désormais 55 % des cybercrimes signalés sur le continent.

Les pertes financières recensées ont plus que doublé entre 2024 et 2025.

Elles sont passées de 192 millions à 484 millions de dollars.

Le nombre de victimes identifiées est, quant à lui, passé de 35 000 à 87 000.

INTERPOL précise que ces données restent probablement inférieures à la réalité, en raison du sous-signalement des infractions et des différences entre les méthodes de collecte utilisées par les pays africains.

L’intelligence artificielle permet aux cybercriminels de produire plus rapidement de faux profils, des messages d’hameçonnage particulièrement crédibles, des identités synthétiques et de fausses correspondances commerciales.

Les systèmes bancaires, les services de prêts mobiles, les entreprises, les administrations et les particuliers sont directement visés.

Des criminels utilisent notamment de fausses identités créées par l’intelligence artificielle pour contourner certains systèmes de vérification biométrique, ouvrir des comptes bancaires ou obtenir des prêts mobiles.

Cette menace appelle une réponse continentale.

Les pays africains doivent harmoniser leurs législations, former les enquêteurs, les magistrats et les forces de sécurité, renforcer les centres de réponse aux incidents et mieux protéger les données personnelles.

Ils doivent aussi développer l’éducation numérique du public.

Car la technologie seule ne suffira pas.

La confiance et la souveraineté numériques doivent désormais devenir de véritables politiques publiques africaines.

Face à ces nouveaux risques, plusieurs États tentent de mieux encadrer l’économie numérique.

C’est notamment le cas de l’Afrique du Sud.

AFRIQUE AUSTRALE — AFRIQUE DU SUD

SELON LE TRÉSOR NATIONAL, LA BANQUE CENTRALE ET REUTERS

Pretoria veut encadrer les transferts transfrontaliers de crypto-actifs

Le Trésor national sud-africain et la Banque de réserve sud-africaine ont publié un projet de manuel consacré aux activités transfrontalières en crypto-actifs.

Le texte propose que les transferts de crypto-actifs vers l’étranger passent par des prestataires autorisés.

Ces transactions devraient également être déclarées au Département de surveillance financière de la Banque centrale sud-africaine.

Les opérations nationales effectuées en rands entre des acteurs locaux ne seraient pas soumises aux mêmes obligations.

La consultation publique est ouverte jusqu’au 30 septembre 2026.

Il convient de préciser qu’il s’agit encore d’un projet et non d’une réglementation définitive.

L’objectif affiché est d’éviter que les actifs numériques soient utilisés pour contourner les règles de change ou faciliter des transferts financiers illicites.

L’Afrique du Sud ne reconnaît pas pour autant les cryptomonnaies comme une monnaie ayant cours légal.

Pour le continent africain, l’enjeu consiste à trouver un équilibre.

Il faut protéger les usagers et l’intégrité du système financier, sans étouffer l’innovation ni exclure les petites entreprises.

Une réglementation claire peut favoriser la confiance des particuliers, des institutions et des investisseurs.

Mais cette réglementation doit rester proportionnée, compréhensible et accessible.

Restons dans l’actualité économique, mais prenons maintenant la direction de l’Afrique de l’Ouest.

AFRIQUE DE L’OUEST — NIGERIA

SELON REUTERS ET PREMIUM TIMES

Hausse des salaires militaires : entre reconnaissance sociale et impératif de sécurité

Le président Bola Ahmed Tinubu a approuvé une hausse des salaires des forces armées comprise entre 30 et 80 %.

Cette revalorisation doit entrer en vigueur le 1er septembre 2026.

Les militaires des grades les moins élevés bénéficieront de la hausse maximale de 80 %.

Les officiers intermédiaires recevront une augmentation de 50 %, tandis que les généraux bénéficieront d’une hausse de 30 %.

La mesure concernerait environ 250 000 membres des forces armées.

Elle ferait passer la masse salariale militaire annuelle de 660 milliards à 924 milliards de nairas.

Cette décision intervient alors que les soldats nigérians sont engagés sur plusieurs fronts.

Ils affrontent l’insurrection dans le Nord-Est, le banditisme dans le Nord-Ouest, les enlèvements dans le Centre-Nord ainsi que les violences liées aux mouvements séparatistes dans le Sud-Est.

Une meilleure rémunération peut améliorer le moral, la fidélisation et la professionnalisation des forces armées.

Mais la réponse sécuritaire ne peut pas être uniquement militaire.

Elle doit également inclure le renseignement, la justice, la lutte contre la pauvreté, le développement des territoires, la prévention et le respect des droits des populations civiles.

Toujours au Nigeria, une importante opération financière attire maintenant l’attention des marchés.

AFRIQUE DE L’OUEST — NIGERIA

SELON LE NIGERIAN EXCHANGE ET LA PRESSE ÉCONOMIQUE NIGÉRIANE

First HoldCo : une importante cession d’actions teste la confiance du marché

Une opération portant sur environ 10,4 milliards d’actions de First HoldCo a été lancée sur le Nigerian Exchange, la place boursière nigériane.

Le bloc d’actions, proposé autour de 110 nairas par titre, représente plus de 1 100 milliards de nairas.

Une précision importante doit toutefois être apportée.

Il s’agit d’une cession secondaire de titres détenus par la société RC Investment Management.

First HoldCo ne recevra donc pas directement le produit de cette vente.

La rapidité avec laquelle les investisseurs absorberont cette offre sera suivie comme un indicateur de confiance dans le marché boursier nigérian.

Elle permettra également d’évaluer l’intérêt des investisseurs pour le secteur bancaire, alors que les établissements financiers doivent satisfaire aux nouvelles exigences de capitalisation imposées par la Banque centrale du Nigeria.

Quittons le Nigeria pour revenir en Afrique du Sud, où le secteur manufacturier reste confronté à d’importantes difficultés.

AFRIQUE AUSTRALE — AFRIQUE DU SUD

SELON ABSA

L’activité manufacturière reste sous pression

L’indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier sud-africain, publié par la banque Absa, a reculé à 46,8 points en juillet 2026, contre 47,3 points en juin.

Un indice inférieur à 50 indique une contraction de l’activité.

Il s’agit du deuxième mois consécutif sous ce seuil, et non du cinquième mois.

La demande intérieure et les nouvelles commandes montrent certains signes d’amélioration.

Mais l’industrie sud-africaine reste freinée par les difficultés logistiques, les contraintes énergétiques et les incertitudes pesant sur la demande.

Cette faiblesse rappelle une réalité fondamentale.

La stabilité monétaire ne peut remplacer ni les infrastructures, ni une politique industrielle cohérente, ni une production d’énergie fiable.

Pour créer des emplois durables et renforcer sa souveraineté économique, l’Afrique doit produire, transformer et transporter davantage sur son propre territoire.

Nous terminons ce journal avec les relations commerciales entre l’Afrique et les États-Unis.

AFRIQUE–ÉTATS-UNIS — COMMERCE

SELON LE REPRÉSENTANT AMÉRICAIN AU COMMERCE ET LA MAISON-BLANCHE

AGOA : une prolongation courte qui ne règle pas l’incertitude

La Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, connue sous le sigle AGOA, a été réautorisée jusqu’au 31 décembre 2026.

Cette prolongation s’applique rétroactivement au 30 septembre 2025, date à laquelle le programme avait précédemment expiré.

Elle maintient l’accès préférentiel au marché américain pour certains produits provenant de pays africains éligibles.

Mais cette prolongation d’une seule année reste trop courte pour offrir une visibilité durable aux entreprises africaines du textile et de l’habillement.

Le Lesotho, le Kenya, Maurice et l’Éthiopie figurent notamment parmi les pays concernés par cette incertitude.

Les industriels planifient leurs commandes, leurs investissements et leurs emplois sur plusieurs années.

Sans accord commercial de long terme, certaines entreprises pourraient différer leurs investissements ou réduire leurs activités.

L’Afrique doit donc défendre une relation commerciale prévisible et équilibrée avec les États-Unis.

Mais elle doit également accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, renforcer le commerce entre les pays africains et diversifier ses débouchés internationaux.

CONCLUSION — LE FIL ROUGE DU JOURNAL

Ce Grand Journal met en lumière une même question : comment transformer les ressources et les innovations africaines en sécurité économique, en emplois et en souveraineté réelle ?

Le cacao du Ghana et de la Côte d’Ivoire alimente une industrie mondiale, mais les producteurs africains restent exposés.

Le cuivre zambien attire les investisseurs, mais la population attend davantage d’emplois, de services publics et d’électricité.

Le numérique crée de nouvelles possibilités, mais il favorise aussi des fraudes de plus en plus sophistiquées.

Enfin, les accords commerciaux restent fragiles lorsqu’ils dépendent principalement de décisions prises en dehors du continent.

L’Afrique ne manque ni de ressources, ni d’intelligence, ni de marchés.

Elle doit renforcer ses infrastructures, protéger ses producteurs et ses citoyens, transformer localement ses matières premières et construire des politiques publiques à la hauteur de ses ambitions.

Merci d’avoir suivi Le Grand Journal sur RADIOTAMTAM AFRICA.

Je suis Félicité Amaneyâ Râ VINCENT, journaliste, éditorialiste et fondatrice de RADIOTAMTAM AFRICA.

Retrouvez-nous sur notre site Internet, www.radiotamtam.org, ainsi que sur nos différentes plateformes numériques.

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