L'ANC soutient Ramaphosa face au regain d'attention suscité par l'affaire « Farmgate ».

 Note de la rédaction

Bienvenue dans le Top 10 quotidien de RADIOTAMTAM.ORG. Au sommaire aujourd'hui :

  •  Le soutien apporté par la direction de l'ANC au président sud-africain Cyril Ramaphosa dans le scandale du « Farmgate ».
  •  Le soutien du président français Emmanuel Macron à l'attribution de sièges permanents au Conseil de sécurité de l'ONU à l'Afrique.
  • ⚖️ La difficulté pour la Namibie de traduire la rhétorique anticorruption en actes.
  •  Escalade dangereuse en Éthiopie : les rebelles du Tigré rétablissent leur gouvernement.

Nous rendons également compte de la manière dont l'aggravation de la crise sécuritaire au Mali découle des griefs non résolus des Touaregs.

 15 mai 2026

 Dix reportages. Cinq minutes. Un regard plus clair sur l'Afrique d'aujourd'hui.

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1. La direction de l'ANC soutient Ramaphosa

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a reçu le soutien de la direction suprême du Congrès national africain (ANC), alors que la procédure de destitution liée au scandale du « Farmgate » a été relancée. La controverse porte sur le vol d'environ 580 000 dollars en devises étrangères dans le ranch de Ramaphosa en 2020 et sur les incertitudes quant à la manière dont cet argent a été stocké et déclaré. Malgré la récente reprise de la procédure de destitution par la Cour constitutionnelle et la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire multipartite, Ramaphosa devrait être épargné par un éventuel vote parlementaire. Une destitution requiert une majorité des deux tiers, quasi impossible à atteindre étant donné que l'ANC détient 40 % des sièges. Cette décision offre à Ramaphosa une protection institutionnelle cruciale. Cependant, elle compromet les efforts des partis d'opposition pour le contraindre à la démission. Protéger le président d'une enquête pour corruption très médiatisée risque d'éroder la confiance du public dans les institutions démocratiques sud-africaines et de nuire davantage à la crédibilité de l'ANC en matière de transparence.

2. La lutte anticorruption en Namibie est entravée par l'inaction.

La présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah s'est fait remarquer par son discours anticorruption intransigeant, assimilant la corruption à la trahison et limogeant deux ministres. Pourtant, les résultats concrets tardent à venir. Ses détracteurs soulignent que ces limogeages n'étaient pas nécessairement liés à la corruption : l'un concernait une tentative de corruption dans une affaire de viol sur mineure, l'autre une possible insubordination. Par ailleurs, la justice n'a guère été mise en œuvre dans les affaires de corruption majeures. Le scandale Fishrot en est un exemple : des fonctionnaires auraient perçu des pots-de-vin pour l'attribution de permis de pêche. Les critiques pointent également du doigt le secteur minier, dont l'attribution des permis est opaque et sujette aux abus. Si le statu quo profite aux élites politiques et aux grandes entreprises, l'absence de responsabilité des corrompus risque de priver la population namibienne de ses droits civiques, car les ressources nationales continuent de servir une poignée de privilégiés. Sans réformes structurelles – notamment le financement de la Commission anticorruption, l'indépendance du parquet et la transparence des licences –, les déclarations de tolérance zéro de Nandi-Ndaitwah resteront lettre morte.

3. Les attaques au Mali trouvent leur origine dans des griefs touaregs non résolus

La récente vague meurtrière d'attaques coordonnées au Mali reflète des décennies de griefs non résolus de la part des Touaregs, bien plus qu'une activité djihadiste isolée. Ces griefs s'articulent autour de trois facteurs : l'exclusion politique et la marginalisation culturelle des Touaregs ; les opérations antiterroristes qui font des victimes civiles et alimentent le recrutement rebelle ; et la concentration des ressources du nord du Mali – or, sel et corridors commerciaux – sous le contrôle de l'État du sud. Le retrait militaire français de 2022 a accentué ce vide, enhardissant les djihadistes et leur permettant d'étendre leur influence territoriale. Les analystes citent le modèle de l'ancien président nigérien Issoufou comme une solution viable pour le Mali, incluant l'intégration des élites touarègues au sein du gouvernement, la décentralisation du pouvoir, le financement de programmes de désarmement et l'investissement dans les moyens de subsistance pastoraux. Sans concessions structurelles comparables, la détérioration de la situation sécuritaire au Mali risque de s'aggraver.

4. Le sud de la Somalie est confronté à un risque croissant de famine

Le sud de la Somalie est menacé de famine pour la première fois depuis 2022, avec plus de 37 % des enfants du district de Burhakaba, dans la région de Bay, souffrant de malnutrition aiguë. Environ 6 millions de Somaliens sont actuellement confrontés à une insécurité alimentaire critique, plus grave que prévu en raison de précipitations saisonnières inférieures à la moyenne. Cette situation est aggravée par un effondrement catastrophique des financements : l'aide humanitaire totale à la Somalie s'élève à 160 millions de dollars en 2026, contre 531 millions l'an dernier et 2,38 milliards pendant la sécheresse de 2022. Les réductions de l'aide américaine contribuent largement à cette crise, l'assistance actuelle ne couvrant que 12 % des besoins. Les organisations humanitaires ont averti que la Somalie pourrait devenir la première crise humanitaire majeure de « l'ère post-aide », où les besoins croissants se heurtent à une réponse internationale délibérément réduite.

5. Macron soutient la création de sièges permanents pour les Africains

Le président français Emmanuel Macron a conclu sa tournée africaine en Éthiopie en apportant son soutien aux appels à une représentation africaine permanente au Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU). Il s'est entretenu avec le Premier ministre Abiy Ahmed, le Secrétaire général de l'ONU António Guterres et le président de la Commission de l'Union africaine Mahamoud Ali Youssouf, avec lesquels il a abordé la question d'une gouvernance internationale inclusive. Ces discussions témoignent d'une prise de conscience internationale croissante : les institutions mondiales actuelles ne reflètent plus les réalités géopolitiques contemporaines. Le soutien apporté par M. Macron constitue une victoire majeure pour les nations africaines aspirant à une représentation permanente au Conseil de sécurité, ainsi que pour la France, qui se repositionne comme un partenaire réformateur plutôt que comme une puissance postcoloniale. À l'inverse, les membres traditionnels du CSNU risquent de subir des pressions accrues pour réduire leur influence. À long terme, une coordination africaine durable pourrait transformer en profondeur les institutions internationales.

6. Le Togo mène la lutte pour remplacer la projection de Mercator

L'Union africaine a apporté son soutien à la démarche du Togo visant à remplacer la projection de Mercator – la carte dominante à l'échelle mondiale datant de 1569 – par la projection Equal Earth, qui représente plus fidèlement les masses continentales. Cette décision fait suite à la prise de conscience croissante que la carte de Mercator sous-estime considérablement la taille de l'Afrique : le Groenland y apparaît presque aussi grand que l'Afrique, alors que cette dernière est 14 fois plus étendue. Les défenseurs de cette projection affirment que cette distorsion diminue subtilement l'importance économique et géopolitique perçue de l'Afrique, influençant ainsi la manière dont le continent est traité dans les négociations internationales. Le Togo prévoit de soulever cette question à l'Assemblée générale des Nations Unies en septembre. Si elle aboutit, cette campagne permettra aux nations africaines de reconquérir leur souveraineté géographique et narrative, en remettant en cause des préjugés mondiaux profondément ancrés qui minimisent l'importance du continent.

7. Les exportations indiennes d'opioïdes alimentent la crise des drogues en Afrique de l'Ouest

Une enquête de l'AFP a révélé que des fabricants pharmaceutiques indiens continuent d'exporter des millions de comprimés de tapentadol à forte dose vers l'Afrique de l'Ouest, malgré les mesures de répression réglementaires et les preuves croissantes liant ce médicament à une épidémie régionale d'opioïdes. Cet opioïde de synthèse, plus puissant que le tramadol et souvent vendu illégalement dans des pays comme le Nigeria, la Sierra Leone et le Ghana, est de plus en plus souvent mélangé à la dangereuse drogue de rue « kush ». Les responsables de la santé publique affirment que cette crise submerge les systèmes de réadaptation, alimente le crime organisé et contribue à l'augmentation des décès chez les jeunes. En l'absence d'une réglementation pharmaceutique internationale coordonnée, l'Afrique de l'Ouest est confrontée à une crise structurelle des opioïdes d'une ampleur comparable à celle qui a ravagé les États-Unis, mais avec des ressources bien moindres pour y faire face.

8. Le parti Zanu-PF impliqué dans un système de fraude électorale transfrontalière

Des fuites concernant les listes électorales des élections mozambicaines de 2024 semblent confirmer qu'au moins deux militants connus du Zanu-PF et de nombreux citoyens zimbabwéens sans nationalité mozambicaine se sont inscrits frauduleusement – ​​et, dans certains cas, ont voté – lors du scrutin national. Une enquête du Southern Africa Accountability Journalism Project a révélé que des agents du Zanu-PF dans la province de Masvingo, au Zimbabwe, ont recruté des sympathisants pour qu'ils s'inscrivent comme électeurs de la diaspora mozambicaine, exploitant une disposition légale autorisant la participation des citoyens résidant à l'étranger. Le recoupement de 2 475 noms figurant sur les listes mozambicaines avec les bases de données électorales zimbabwéennes a permis d'établir 579 correspondances exactes avec des citoyens zimbabwéens confirmés. Cette opération, qui a profité au Frelimo, le parti mozambicain, a privé de leurs droits civiques les électeurs du pays. Pire encore, cette manipulation électorale transfrontalière par un parti au pouvoir crée un dangereux précédent régional, risquant de normaliser les ingérences et de saper la crédibilité des élections en Afrique australe.

9. La reprise des luttes de pouvoir au Tigré fait craindre une guerre régionale.

Les tensions sont à leur comble dans le nord de l'Éthiopie après que le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) a unilatéralement démantelé l'administration intérimaire nommée par le gouvernement fédéral et rétabli son propre gouvernement régional. L'organisation a élu son chef, Debretsion Gebremichael, à la présidence, en violation flagrante de l'accord de paix de Pretoria de 2022 qui a mis fin à deux années de guerre civile sanglante. Des avions de chasse éthiopiens ont ensuite été observés au-dessus de Mekele, la capitale régionale, et les forces fédérales se repositionneraient dans les États voisins d'Amhara et d'Afar. Les experts avertissent que cette escalade risque d'entraîner l'Érythrée voisine, qui entretient des tensions de longue date avec l'Éthiopie, et les puissances alliées dans un conflit renouvelé et catastrophique. Cette situation profite aux factions radicales du FLPT, car elle leur permet de réaffirmer leur domination militaire et politique sur la région. À l'inverse, elle met en danger les citoyens tigréens qui ont survécu de justesse à l'un des conflits les plus meurtriers de ce siècle.

10. Amnesty International accuse l'armée nigériane de bombardements de civils.

Amnesty International accuse l'armée nigériane d'avoir tué plus de 100 personnes lors de frappes aériennes sur le marché de Tumfa, dans l'État de Zamfara, au nord-ouest du Nigeria, qualifiant l'attaque de potentiel crime de guerre . Des femmes et des enfants figurent parmi les victimes, selon des survivants, un responsable local et un représentant de la Croix-Rouge nigériane. L'armée a confirmé les frappes, présentant le site comme une cachette terroriste et ne citant aucune preuve de décès de civils, tout en précisant que les allégations font l'objet d'une enquête. Amnesty a documenté des frappes similaires sur un marché villageois du nord-est le mois dernier, et l'armée a reconnu d'autres attaques dans le centre de l'État de Niger au cours du même week-end. Les observateurs des droits humains estiment que frapper des zones civiles peuplées – même en présence de militants – viole le droit international humanitaire. Cette série d'incidents risque d'aggraver la méfiance entre les communautés du nord et le gouvernement fédéral, renforçant potentiellement la base de recrutement des groupes que l'armée cible.

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