L'Afrique du Sud convoque l'envoyé américain suite à ses propos

NOTE DE LA RÉDACTION
L'édition d'aujourd'hui met en lumière un moment crucial de réajustement politique et de réorientation des rapports de force en Afrique. Des pays d'Afrique de l'Ouest qui mobilisent indépendamment une force d'intervention de la CEDEAO pour contrer les réseaux djihadistes, au Sénégal qui a récemment adopté une loi affirmant sa souveraineté culturelle face aux pressions internationales, les États africains affirment activement leur souveraineté.
Pourquoi c'est important
En affirmant avec vigueur leur autonomie militaire et politique, les États africains redéfinissent profondément les rapports de force géopolitiques du continent et redessinent l'avenir des alliances mondiales.
13 mars 2026
Dix reportages. Cinq minutes. Un regard plus clair sur l'Afrique d'aujourd'hui.

1. L'Afrique du Sud convoque l'envoyé américain suite à ses propos.

L'Afrique du Sud a récemment convoqué le nouvel ambassadeur américain, Leo Brent Bozell III, après que ce dernier a publiquement dénigré le système judiciaire du pays . Lors d'un événement, M. Bozell a déclaré se moquer de la position de la justice sud-africaine concernant un chant historique de libération, le qualifiant ensuite de « discours de haine ». Cependant, la polémique semble s'être apaisée, un responsable sud-africain ayant révélé que M. Bozell s'était excusé pour cet incident. Suite à cet événement, les autorités sud-africaines ont renforcé leur position politique intérieure, défendant leur souveraineté juridique contre toute ingérence étrangère. Parallèlement, Washington, en conflit avec Pretoria depuis le retour du président Donald Trump à la Maison Blanche, a encore davantage terni son image diplomatique dans le pays.

2. L'Ouganda enregistre une croissance annuelle moyenne de 6 % sous Museveni

Yoweri Museveni a récemment remporté un septième mandat présidentiel lors d'une élection que les observateurs internationaux ont qualifiée de profondément viciée. Au pouvoir depuis 1986, ses près de quatre décennies de règne présentent un véritable paradoxe : le PIB de l'Ouganda a bondi de 6,7 milliards de dollars à 65 milliards et la pauvreté a reculé de 56 % à 16 %, pourtant la richesse reste concentrée entre les mains d'élites proches du pouvoir. Alors que l'Ouganda se prépare à lancer la production commerciale de pétrole mi-2026, les observateurs craignent que le statu quo ne se consolide. Le cercle restreint de Museveni et ses fidèles continueront de monopoliser les opportunités économiques, tandis que les Ougandais ordinaires resteront prisonniers d'un cycle de pauvreté et de chômage. À long terme, cela risque de créer les conditions d'une instabilité politique, d'autant plus que les actions de Museveni ont, au fil du temps, réduit l'espace démocratique du pays.

3. La CEDEAO active une force régionale contre les djihadistes

Les chefs militaires ouest-africains ont officiellement approuvé l'activation d'une Force d'intervention de la CEDEAO , visant à déployer 2 000 soldats d'ici fin 2026 pour lutter contre les réseaux terroristes en pleine expansion qui ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés dans toute la région. Cette nouvelle armée régionale marque un tournant majeur, passant d'une diplomatie réactive à une action militaire déployable. Notamment, cette force sera autofinancée et directement contrôlée par les membres de la CEDEAO, permettant ainsi à la région de reprendre le contrôle de sa sécurité stratégique, actuellement sous la tutelle de puissances étrangères comme la France. Cette initiative bénéficiera immédiatement aux États côtiers d'Afrique de l'Ouest, tels que le Bénin, le Togo et le Nigéria, en leur offrant un rempart défensif collectif contre la progression vers le sud de groupes armés idéologiques comme le JNIM et l'ISWAP. Cependant, le plan se heurte à d'importants obstacles logistiques suite au retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, dirigés par leurs militaires, qui ont formé leur propre Alliance des États du Sahel (AES). Pour que cette force régionale soit efficace, la CEDEAO doit coopérer avec l'AES afin de garantir une réponse coordonnée contre les djihadistes.

4. Le Premier ministre libyen remanie le gouvernement

Le Premier ministre libyen, Abdulhamid Dbeibah, a remanié son gouvernement , remplaçant une dizaine de ministres sur 27 afin d'améliorer les services publics et d'apaiser les tensions régionales qui ont mis à rude épreuve ses relations avec ses principaux alliés institutionnels. Cette restructuration a permis de ramener à la table des négociations deux rivaux clés : Mohamed al-Menfi, chef du Conseil présidentiel, et Mohamed Takala, chef du Haut Conseil d'État, ce qui a temporairement aplani les profondes divisions régionales. Par cette manœuvre, Dbeibah assure sa survie politique, en apaisant ses rivaux internes tout en conservant une mainmise sur les ministères essentiels de la sécurité et des affaires étrangères. Cependant, cette évolution n'est pas nécessairement de bon augure pour les Libyens ordinaires, surtout si elle ne conduit pas à une véritable amélioration de la gouvernance. À long terme, ce réalignement tactique confère au gouvernement de Tripoli une stabilité cruciale, mais risque de masquer les profondes fractures institutionnelles de la Libye au lieu de faire avancer la question des élections nationales, maintes fois reportées.

5. Le président du Congo s'apprête à prolonger son règne de quatre décennies.

Denis Sassou Nguesso, 82 ans, brigue un nouveau mandat de président de la République du Congo lors des élections du 15 mars. Face au boycott du scrutin par les partis d'opposition traditionnels et à l'emprisonnement ou l'exil de ses principaux adversaires, six candidats, pour la plupart symboliques, se présentent contre lui – aucun n'ayant jamais dépassé 1 % des suffrages. Ce paysage politique fragmenté favorise Nguesso, dont la réélection est quasi assurée, prolongeant ainsi son règne de plusieurs décennies. Hormis Nguesso, il est difficile de voir comment cette situation profite à qui que ce soit, et surtout pas aux citoyens congolais. Bien au contraire, les conditions actuelles privent le peuple congolais d'une véritable représentation démocratique. À long terme, cette continuité ancrée étouffe la diversification économique et retarde toute réforme de la gouvernance, accroissant le risque d'une grave instabilité lorsque débutera l'inévitable bataille pour la succession du dirigeant vieillissant.

6. Les accords à court terme menacent l'influence de la Russie en Afrique

La Russie déploie une stratégie à deux volets pour étendre son influence en Afrique, tirant profit à la fois d'alliances historiques et de l'instabilité contemporaine. En Afrique australe, Moscou s'appuie sur un capital politique hérité de l'indépendance pour maintenir des partenariats stratégiques et durables. À l'inverse, au Sahel et en Afrique centrale, la Russie privilégie une approche transactionnelle, troquant une aide sécuritaire, via des organisations comme Africa Corps, contre des droits miniers lucratifs afin de soutenir des juntes militaires fragiles. Si la stratégie de Moscou au Sahel et en Afrique centrale lui permet de sécuriser des ressources essentielles et de réduire l'isolement occidental, elle est intenable à long terme. En cas d'effondrement des régimes sahéliens ou d'amélioration de la sécurité, la Russie perdrait son influence sur ces pays. En revanche, sa stratégie en Afrique australe s'est avérée plus pérenne et lui a permis de consolider son influence pendant des décennies.

7. Les Seychelles soutiennent Maurice dans le conflit des Chagos.

Les Seychelles ont apporté leur plein soutien diplomatique à Maurice dans sa quête de souveraineté sur l'archipel des Chagos. Le président Patrick Herminie a assisté en personne aux célébrations du 58e anniversaire de l'indépendance de Maurice en tant qu'invité d'honneur. Cette initiative confère à Maurice un allié régional essentiel pour légitimer ses revendications territoriales, tandis que les Chagossiens seychellois obtiennent l'assurance d'une compensation équitable. De plus, cette situation accroît la pression diplomatique sur le Royaume-Uni pour qu'il cède la souveraineté des Chagos à Maurice. Le différend des Chagos est particulièrement important car il constitue un cas d'école en matière de décolonisation, de droit international et de capacité des petits États insulaires à redéfinir l'ordre géopolitique selon leurs propres termes.

8. Le budget de la présidence kényane suscite l'indignation

Le budget de la présidence kényane a presque doublé, atteignant environ 130 millions de dollars dans les estimations supplémentaires pour 2025/26. Cette situation a suscité un vif débat sur les priorités gouvernementales, dans un contexte de dette publique croissante, de sécheresse et de dégradation des services publics. Des comparaisons ont été faites avec la Maison Blanche, bien que les autorités affirment que la comptabilité centralisée du Kenya rend toute comparaison directe trompeuse. Parallèlement, les citoyens subissent les conséquences des pressions budgétaires qui continuent d'entraver le financement de la santé, de l'éducation et de l'aide aux victimes de la sécheresse. Cette situation compromet la crédibilité du Kenya en matière de réforme fiscale, risque d'aggraver l'endettement et laisse entendre, tant aux citoyens qu'aux investisseurs, que l'austérité est appliquée de manière inégale, érodant ainsi la confiance dans la gouvernance à un moment économique critique.

9. Le Sénégal adopte une loi anti-gay stricte

Le Parlement sénégalais a approuvé une loi doublant la peine maximale d'emprisonnement pour les relations homosexuelles, la portant à 10 ans, et prévoyant des amendes pouvant atteindre 17 600 dollars, tout en criminalisant la « promotion » de l'homosexualité. Ce projet de loi, promesse de campagne du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, a été adopté par 135 voix contre zéro et attend désormais la signature présidentielle. Si cette mesure devrait consolider le pouvoir politique de M. Faye, les organisations de défense des droits humains estiment qu'elle aggravera les discriminations et les violences à l'encontre de la communauté LGBTQ+ du pays, risquant de provoquer un exode des minorités sexuelles. D'autres encore craignent que cette loi ne pousse les hommes homosexuels à la clandestinité et ne les éloigne des services de dépistage et de traitement du VIH, menaçant ainsi le taux de prévalence du VIH chez les adultes, remarquablement bas (0,3 %), et compromettant les progrès réalisés en matière de santé publique ces trente à quarante dernières années.

10. Les Tigréens fuient à nouveau face à la montée des tensions.

En Éthiopie, la crainte d'une nouvelle guerre civile s'intensifie alors que les troupes fédérales et les forces tigréennes se massent le long de la frontière. Malgré un accord de paix signé en 2022, les relations se sont rapidement détériorées, Addis-Abeba accusant l'Érythrée voisine de collusion avec le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT). Par conséquent, des centaines de civils fuient quotidiennement la région, confrontés à de graves pénuries alimentaires et au non-paiement de leurs salaires. Cette situation avantage les factions politiques radicales des deux camps, leur offrant un prétexte pour consolider leur pouvoir en instrumentalisant la menace de guerre afin de rallier leurs bases divisées. Toutefois, si la situation s'aggrave, elle entraînera des déplacements massifs de populations tigréennes, un effondrement économique et la perspective terrifiante d'un retour à un conflit meurtrier et généralisé. Ces nouveaux combats risquent d'entraîner l'Érythrée, qui a combattu aux côtés du gouvernement fédéral éthiopien lors du précédent conflit (bien que les deux pays se soient depuis brouillés), rompant ainsi définitivement le cessez-le-feu et plongeant la Corne de l'Afrique dans une instabilité catastrophique et durable.

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