GABON : Former pour l’avenir : Comment une taxe sur les compétences pourrait résoudre le paradoxe du chômage au Gabon

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À propos de Félicité Amaneyâ Râ VINCENT - Rédactrice en chef à RADIOTAMTAM AFRICA , Félicité s'engage à façonner la radio de demain pour une Afrique prospère, inspirante , et prête à illuminer le monde.

Un paradoxe inquiétant : diplômes en main, mais pas d’emploi

Le Gabon traverse une crise silencieuse mais préoccupante : un taux de chômage élevé malgré un nombre croissant de diplômés. Cette contradiction met en évidence une déconnexion entre l’enseignement supérieur et les besoins du marché du travail. Les entreprises peinent à trouver des employés avec les compétences adéquates, tandis que les jeunes diplômés restent sans emploi.

Ce constat appelle à une réforme urgente de la formation professionnelle et continue, afin de garantir une meilleure adéquation entre l’offre de formation et la demande des entreprises. L’instauration d’une taxe sur les compétences dédiée au financement de la formation continue pourrait être une solution efficace pour libérer le potentiel de la main-d’œuvre gabonaise.

Pourquoi une taxe sur les compétences est essentielle ?

Plutôt que d’imposer aux jeunes de longues études académiques souvent inadaptées, une politique volontariste basée sur la formation continue permettrait de :

Un modèle inspiré de l’international

Plusieurs pays ont déjà mis en place une fiscalité dédiée à la formation continue avec succès :

Le Gabon pourrait s’inspirer de ces modèles en instaurant une taxe progressive sur les entreprises en fonction de leur secteur d’activité et de leur taille. En contrepartie, les entreprises bénéficieraient de formations adaptées à leurs besoins, améliorant ainsi leur productivité et leur compétitivité.

Un projet structurant pour les autorités gabonaises

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Dans un contexte de transition politique, le gouvernement gabonais a une opportunité historique de refonder son système de formation professionnelle. Cette réforme permettrait de :

  1. Réduire le chômage des jeunes diplômés, en leur offrant des formations pratiques et qualifiantes.

  2. Renforcer la compétitivité des entreprises, qui bénéficieront d’une main-d’œuvre mieux formée.

  3. Dynamiser l’économie locale, en développant des pôles de formation spécialisés dans les secteurs clés du pays.

  4. Attirer des investisseurs, rassurés par la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée.

Recommandations pour une mise en œuvre réussie

Pour assurer le succès d’une telle réforme, plusieurs actions doivent être entreprises :

✅ Associer les entreprises et les organisations professionnelles à l’élaboration des formations pour garantir leur pertinence.
✅ Créer un fonds national de formation continue, géré de manière transparente, pour financer les programmes adaptés aux besoins du marché.
✅ Développer un système d’apprentissage en entreprise et encourager l’alternance comme voie d’accès privilégiée à l’emploi.
✅ Miser sur la digitalisation et les nouvelles technologies pour rendre les formations accessibles au plus grand nombre.

Conclusion : une réforme nécessaire pour l’avenir du Gabon

Le chômage des jeunes diplômés n’est pas une fatalité. Avec une politique ambitieuse de formation continue financée par une taxe sur les compétences, le Gabon pourrait transformer son économie en misant sur le développement du capital humain.

Les décideurs politiques et le président de la transition ont aujourd’hui l’opportunité de poser les bases d’un modèle durable, où l’éducation et la formation professionnelle deviennent les moteurs de l’emploi et de la croissance.

Le Gabon peut et doit relever ce défi. L’avenir du pays dépend de sa capacité à former une génération compétente et adaptée aux réalités du marché du travail.