Gabon – À Libreville, des expulsions brutales relancent le débat sur l’urbanisme et les droits humains

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La destruction soudaine d’habitations dans le quartier de Plaine-Oréty, situé derrière l’Assemblée nationale à Libreville, a suscité une vague d’indignation au sein de la population, de la classe politique et de la société civile.
Sans préavis clair, des engins militaires ont rasé plusieurs habitations, laissant derrière eux des familles à la rue et un quartier en ruine.

Appels à une enquête parlementaire

Face à ce qu’ils qualifient de déguerpissements arbitraires, plusieurs députés et partis politiques, dont l’Union nationale et Réagir, réclament l’ouverture d’une enquête parlementaire.
Le député Lionel Engonga, élu local, rappelle que la justice n’avait pas encore tranché et qu'une expertise contradictoire avait été ordonnée, en plus de la demande de présentation du titre foncier. Pourtant, les destructions ont eu lieu sans respecter ces prérequis et sans communication sur les indemnisations ni accompagnement social.

Modernisation urbaine ou urbanisme autoritaire ?

Le gouvernement de transition justifie l’opération par un projet d’aménagement : la construction d’une cité administrative et d’un boulevard censé désengorger Libreville, tout en luttant contre les inondations et le mal-logement.
Mais pour beaucoup, cette démarche s’inscrit dans la continuité d’un urbanisme autoritaire, malgré les promesses de rupture affichées par les nouvelles autorités.

⚖️ Une transition à l’épreuve de la justice sociale

Pour Ike Ngouoni, ancien conseiller d’Ali Bongo devenu opposant, la modernisation du pays ne doit pas se faire au prix de la dignité humaine. Il propose la mise en place d’un comité de suivi indépendant, incluant des représentants des quartiers touchés, pour garantir transparence et dialogue dans les futurs projets urbains.

L’Union nationale, dirigée par Paulette Missambo, ainsi que Michel Ongoundou Loundah, leader de Réagir, dénoncent une dérive inquiétante. Ils appellent à une reddition des comptes, pointant une gouvernance de transition encore marquée par des réflexes autoritaires.

Des familles livrées à elles-mêmes

Plus d’une semaine après les expulsions, des familles dorment toujours dehors, au milieu des gravats. Aucune solution de relogement n’a été officiellement présentée.
Les populations concernées affirment n’avoir reçu ni avertissement préalable, ni accompagnement administratif. Ce silence institutionnel, face à la gravité de la situation humaine, nourrit colère et incompréhension.

Une transition sous surveillance

La transition politique gabonaise est désormais confrontée à un test décisif : concilié fermeté de l’action publique et justice sociale.
Au-delà des discours, c’est la méthode de gouvernance qui est aujourd’hui scrutée. Ce dossier pourrait bien devenir un révélateur du vrai visage de la transition en cours.