Pour vivre heureux, vivons cachés… Bien des candidats aux élections municipales ne prennent plus aucune couleur aujourd’hui, s’affichent résolument sans aucune affiliation à un parti. C’était déjà le cas ces dernières années, mais le phénomène s’amplifie. Ici une maire, pourtant profondément ancrée socialiste, omet de faire figurer le poing et la rose sur ses documents de campagne. Là, un élu Les Républicains ne mentionne plus son appartenance à la famille politique qui l’a pourtant fait grandir et aidé à se faire connaître. Ici encore, un maire centriste pendant six ans ne dit plus qu’il est UDI ou MoDem….
Ce n’est évidemment pas un oubli. C’est même stratégique. Les partis ne font plus vendre. On le voit dans les différents sondages. On se préfère, alors, sans étiquette. Le programme local avant tout, forcément co-construit avec les habitants, pour montrer qu’on est à l’écoute de sa ville, au plus près des préoccupations quotidiennes de ses concitoyens, et non issu d’un appareil parisien.
Les candidats En marche ne font pas exception. Pour plusieurs d’entre eux, vu le climat ambiant, c’est également sauve qui peut. Mieux vaut ne plus porter l’investiture du parti présidentiel en étendard. C’est même recommandé par la direction de La République en marche dans ses instructions de campagne…
Ces municipales ne sont pas dépolitisées pour autant. On en revient aux fondamentaux : c’est idées contre idées, projets contre projets, parfois totalement exubérants comme à Paris. Certains candidats, nostalgiques du bon vieux temps, continuent quand même de solliciter des ministres ou des ténors nationaux pour venir les épauler dans leurs visites de quartiers. Pas certain, toutefois, que ces déplacements leur amènent une voix de plus dans leur escarcelle…
En début de semaine, histoire d’éteindre le feu qu’il avait allumé avec sa première circulaire, le ministre de l’Intérieur a demandé aux préfets de n’appliquer désormais de nuances politiques qu’aux candidats et listes en lice dans les communes de 3 500 habitants et plus. Un sacré défi en perspective pour nombre de ces représentants de l’Etat dans les départements ! Essayer de coller une étiquette à des candidats qui la fuient est pire que le plus retors des casse-têtes chinois.