Dix reportages. Cinq minutes. Un regard plus clair sur l'Afrique d'aujourd'hui.
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1. Principaux moteurs du paysage économique africain en 2026
Le paysage commercial africain en 2026 devrait évoluer sous l'effet de dynamiques mondiales et régionales changeantes. L'un des principaux moteurs de cette évolution sera l'application accélérée de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les pays privilégiant le commerce intra-continental pour compenser le déclin des exportations vers des marchés protégés comme les États-Unis. Les analystes anticipent également une forte croissance des expéditions transfrontalières d'énergie et de minéraux critiques. Parallèlement, l'économie spatiale africaine est en passe de connaître une croissance annuelle de 8 %, portée par la création de nouvelles agences nationales et le développement de partenariats public-privé pour la collecte de données. La résolution des conflits, sous l'impulsion des investisseurs, dans des régions riches en ressources comme la RDC et le Soudan du Sud pourrait renforcer la stabilité des marchés, tandis que le développement des partenariats public-privé stimule le commerce transfrontalier. Dans un contexte d'activité économique croissante et d'inflation élevée, les gouvernements et les entreprises privilégient les réformes structurelles, la diversification des investissements et la coopération régionale afin de soutenir une croissance durable et d'attirer les capitaux.
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2. L'Éthiopie renoue avec une croissance à deux chiffres
L'Éthiopie s'apprête à renouer avec une croissance économique à deux chiffres cette année fiscale, le gouvernement ayant relevé ses prévisions de PIB à 10,2 % grâce aux premiers résultats des réformes soutenues par le FMI. La libéralisation du marché des changes et l'ouverture de secteurs clés comme la banque et les télécommunications aux investisseurs ont permis au pays d'atténuer la pénurie de dollars et de dynamiser l'activité économique. Les recettes d'exportation ont fortement progressé, les expéditions de marchandises atteignant 5,1 milliards de dollars au premier semestre 2025, portées par des prix du café record et une hausse spectaculaire des exportations officielles d'or. Ethiopian Airlines a également contribué à cette dynamique, enregistrant une forte croissance du nombre de passagers. Alors que le pays poursuit la restructuration de sa dette suite au défaut de paiement d'une obligation en euros, les autorités affirment que les réformes stabilisent l'économie et jettent les bases d'une croissance plus diversifiée et résiliente.
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3. L'Afrique du Sud fait progresser un accord commercial clé avec la Chine
L'Afrique du Sud a franchi une étape importante vers l'approfondissement de ses relations commerciales avec la Chine en signant un nouvel accord-cadre de partenariat. Ce pacte jette les bases d'un accès en franchise de droits pour les exportations sud-africaines au vaste marché chinois, une mesure d'autant plus cruciale dans le contexte des différends tarifaires persistants avec les États-Unis. L'accord marque un tournant stratégique vers la diversification des partenariats commerciaux et le renforcement des exportations clés, notamment dans les secteurs minier et agricole. Cette initiative s'inscrit dans le cadre de l'engagement plus large de la Chine à supprimer les droits de douane pour les pays africains. La prochaine étape concrète est un « accord de mise en œuvre anticipée » attendu d'ici mars 2026, qui officialiserait l'accès préférentiel et ouvrirait de nouvelles perspectives pour les entreprises et les investissements sud-africains.
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4. Un groupe de Dubaï mise sur l'IA et l'agriculture en Afrique
Le groupe Maser, basé à Dubaï, mise gros sur l'avenir de l'Afrique en investissant 1,6 milliard de dollars dans des centres de données dotés d'intelligence artificielle et dans des projets agricoles de grande envergure à travers le continent. L'entreprise a déjà investi près de 300 millions de dollars dans des projets fonciers et immobiliers, avec pour objectif de lutter contre l'insécurité alimentaire croissante tout en répondant à la demande grandissante d'infrastructures numériques. Soutenu par sa branche d'investissement MDR Investments et Chia Ventures, liée à la Chine, Maser noue des partenariats avec les gouvernements de pays comme le Nigeria, la Tanzanie, le Rwanda et la Zambie. Cette stratégie intervient alors que la facture des importations alimentaires de l'Afrique dépasse les 83 milliards de dollars et que la capacité des centres de données devrait croître fortement d'ici 2030. En combinant agriculture et technologie, Maser se positionne au cœur de la prochaine vague de croissance africaine.
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5. Petrobras s'étend en Afrique avec une participation dans un bloc pétrolier namibien
Le géant pétrolier brésilien Petrobras, détenu par l'État, effectue un retour stratégique en Afrique après l'acquisition d'une participation de 42,5 % dans un bloc d'exploration pétrolière offshore au large des côtes namibiennes. Cet accord, annoncé conjointement avec TotalEnergies – qui détient une participation égale et exploitera le gisement – ââtémoigne de la volonté de Petrobras d'étendre ses réserves au-delà du Brésil. Bien que le montant de la transaction n'ait pas été divulgué, cette initiative s'inscrit dans le cadre du plan stratégique à long terme de l'entreprise pour la période 2026-2030 et d'une stratégie plus globale de développement des ressources énergétiques africaines. La PDG, Magda Chambriard, avait précédemment souligné que la Namibie, l'Angola et le Nigeria constituaient des marchés prioritaires pour la croissance. Cet investissement annule les désinvestissements antérieurs des précédents gouvernements, signe d'une confiance renouvelée dans le potentiel pétrolier offshore africain, alors que les acteurs mondiaux de l'énergie recherchent de nouvelles opportunités d'exploration.
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6. Les investissements dans les technologies africaines ont bondi de près de 50 % en 2025.
Les investissements dans les startups technologiques africaines ont fortement rebondi en 2025, enregistrant une hausse de près de 50 % pour atteindre 1,64 milliard de dollars, alors que l'écosystème commençait à se remettre d'un ralentissement prolongé des financements à l'échelle mondiale. Selon le dernier rapport de Disrupt Africa sur le financement, 178 startups ont levé des fonds au cours de l'année, ce qui représente une légère baisse du nombre d'entreprises financées, mais une valeur totale levée nettement supérieure. Ce redressement intervient après deux années de fortes baisses provoquées par le « hiver du financement » mondial. Bien que le nombre d'investisseurs actifs ait de nouveau légèrement diminué pour s'établir à 330, cette baisse est bien moins importante que les années précédentes, ce qui suggère une stabilité croissante. Le Nigeria, l'Égypte, le Kenya et l'Afrique du Sud ont été les principaux moteurs de cette reprise, la fintech dominant une fois de plus les flux d'investissement. Même si les financements n'ont pas encore retrouvé leur niveau d'avant la crise, cette dynamique témoigne d'un regain de confiance dans l'écosystème des startups africaines.
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7. L'Afrique du Sud rejoint Afreximbank et débloque un financement massif.
Étape majeure pour l'intégration économique continentale, l'Afrique du Sud est officiellement devenue le 54e et dernier membre de la Banque africaine d'import-export (Afreximbank). Cette décision stratégique lui donne un accès immédiat à un important programme de 8 milliards de dollars destiné à dynamiser le commerce et l'industrialisation. Le président Cyril Ramaphosa a déclaré que ce partenariat devait se traduire par des gains concrets dans le secteur manufacturier, la diversification des exportations et la participation aux chaînes de valeur. Ce financement arrive à un moment crucial, alors que l'Afrique du Sud fait face à des difficultés dans le commerce mondial et cherche à diversifier ses marchés d'exportation. Le programme privilégiera des secteurs clés tels que la transformation des minéraux, la construction automobile et les infrastructures énergétiques. De plus, ce partenariat renforce les efforts déployés pour la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), en tirant parti du rôle essentiel de l'Afrique du Sud dans le commerce intra-africain.
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8. Comment les programmes de lutte contre la pauvreté remodèlent la confiance et les liens communautaires
Les transferts monétaires destinés à lutter contre la pauvreté constituent de puissants outils d'aide immédiate, mais leur impact dépasse largement le cadre économique. Une vaste analyse de près de 90 études internationales révèle que ces programmes modifient systématiquement la perception qu'ont les citoyens de leur gouvernement et les uns des autres. Bien conçus et mis en œuvre de manière fiable, ils peuvent renforcer significativement la confiance dans les institutions étatiques et accroître l'engagement politique. Cependant, leurs effets sur les relations communautaires sont plus complexes ; si certains programmes consolident les liens sociaux, d'autres, mal appliqués, peuvent alimenter le ressentiment ou les tensions entre bénéficiaires et non-bénéficiaires. En définitive, la conception des programmes est déterminante : un ciblage transparent et une attribution claire à l'État maximisent les retombées sociales et politiques positives. Alors que les gouvernements développent leurs filets de sécurité sociale à travers le monde, ces conclusions soulignent que la protection sociale n'est pas seulement une politique économique, mais un puissant levier pour la légitimité politique, les relations communautaires et le développement à long terme.
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9. Le Nigéria cible le marché halal avec une nouvelle stratégie nationale
Le président Bola Tinubu a lancé la Stratégie nationale nigériane pour l'économie halal, une initiative audacieuse visant à conquérir une part du marché mondial halal, estimé à 7 700 milliards de dollars, et à accélérer la diversification économique. Présentée à Abuja par le vice-président Kashim Shettima, cette politique définit une feuille de route couvrant l'agroalimentaire, la pharmacie, les cosmétiques, la logistique, le tourisme et la finance islamique. Le gouvernement prévoit que cette stratégie pourrait ajouter environ 1,5 milliard de dollars au PIB nigérian d'ici 2027, tout en créant des emplois et en stimulant les exportations. Les responsables ont insisté sur la nécessité d'une mise en œuvre rigoureuse afin de respecter les normes internationales et de transformer les opportunités en valeur durable. Cette initiative s'appuie sur le récent accord de qualité halal conclu entre le Nigéria et la Turquie, témoignant de l'ambition du pays de devenir un pôle halal mondial compétitif.
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10. MTN entreprend l'acquisition d'IHS Towers
MTN a annoncé son intention d'acquérir IHS Towers pour 2,7 milliards de dollars, marquant un revirement radical par rapport à sa stratégie initiale de désinvestissement dans les infrastructures de télécommunications en Afrique. IHS, qui exploite des milliers de tours de télécommunications au Nigeria, en Afrique du Sud, au Brésil et en Colombie, a été fondée à Lagos et est cotée à la Bourse de New York depuis 2021. L'entreprise avait même racheté près de 6 000 tours sud-africaines à MTN en 2022 dans le cadre de cette stratégie. Face à l'accélération de la demande numérique sur le continent, MTN semble désormais reconsidérer sa stratégie de contrôle des infrastructures. Bien que l'offre ne soit pas encore contraignante, elle souligne l'importance cruciale des tours de télécommunications pour le développement des services mobiles et l'essor de l'écosystème financier numérique africain.
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