AFRIQUE2050 Cameroun : le RDPC du Président Paul Biya doit inclure les jeunes pour une tentative de relooking

Paul Biya à Bastos, à Yaoundé, en octobre 2018 © ALEXIS HUGUET / AFP

Par Félicité VINCENT

Bousculé par l’opposition lors de la dernière élection présidentielle camerounaise et régulièrement critiqué pour son inertie, le RDPC est déterminé à changer.

Cependant, malgré tous les efforts du parti, il fait face à la résistance de beaucoup de ses dirigeants plus âgés qui n’ont pas l’intention de prendre leur retraite de sitôt. Le 10 février, Paul Biya, président camerounais de 88 ans, a parlé dans un discours aux jeunes d’une « transition générationnelle » à celle à qui ses jeunes compatriotes devraient se préparer en intégrant diverses instances dans la sphère publique.

Les paroles de Biya ne passaient pas inaperçues. Ils ont depuis été analysés, commentés, disséqués et largement rapportés dans la presse locale. Certains y voient même un message ou un avertissement du chef de l’Etat à ses collègues les plus fidèles, dont la loyauté et l’obéissance lui ont permis de gouverner en toute tranquillité d’esprit depuis plus de 38 ans.


À la croisée des chemins


Depuis lors, tout le paysage politique camerounais est dans un état d’attente. Le comité central du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC que le président a réveillé le cœur de sa machine politique . Sous la houlette de Jean Nkuete, 77 ans, secrétaire général du parti, le comité central s’affaire à préparer un grand sommet, qui sera annoncé cette année. Cet événement, qui est censé avoir lieu tous les cinq ans, n’a pas eu lieu depuis 10 ans.

Après un cycle électoral tumultueux – qui a vu l’émergence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, alors que les partis d’opposition traditionnels, que le gouvernement avait appris à accommoder, ont été relégués à l’arrière-plan – le RDPC est à la croisée des chemins.

Bien qu’elle dispose d’une ultra-majorité dans toutes les institutions, elle s’est rendu compte qu’elle avait besoin de reconstruire sa base politique. Il sait aussi qu’il devra devenir plus efficace et se débarrasser de certains de ses nombreux organes qui ont été créés principalement à des fins électorales, mais qui sont des coquilles vides sans dirigeants identifiables.

Surtout, le RDPC est comme le reste de l’élite policière et administrative du pays : vieillissant et de moins en moins en phase avec ses citoyens.

« Comme dans toutes les organisations similaires, le manque de jeunes en position de force est dû à deux choses: la longévité de ceux qui sont au pouvoir et l’absence d’alternatives », explique le politologue camerounais Moussa Njoya. Ceux qui sont vieux aujourd’hui sont arrivés au pouvoir quand ils étaient assez jeunes, comme c’est le cas avec le président de la République lui-même. Mais une fois établis dans les échelons supérieurs de l’administration, ils ont préféré sauvegarder leurs intérêts. Et la plupart des jeunes composent maintenant l’opposition. Il suffit de regarder ceux qui entourent Maurice Kamto dans la MRC, de Mamadou Mota à Bibou Nissack.

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