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#France #ENTRETIEN. Olivier Faure : « Le PS a asphyxié ses propres talents » Actus Internationales

08 février 2018 - 162 vues

Olivier Faure est président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale. En campagne pour le poste de premier secrétaire de son parti, il est dans le Finistère et le Morbihan jeudi et passera par les Côtes-d’Armor et l’Ille-et-Vilaine vendredi, à la rencontre des militants socialistes bretons. Résolu à écrire "un nouveau chapitre" de l’histoire du PS, il plaide pour "un fonctionnement plus décentralisé" du parti, qui donnerait plus de place aux jeunes et s’appuierait sur les succès locaux.

Quatre candidats sont en lice pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste : Olivier Faure, Stéphane Le Foll, Emmanuel Maurel et Luc Carvounas. Les militants voteront le 15 mars pour les départager, sur la base des motions déposées par chaque candidat. Le congrès national du PS, qui verra la désignation officielle du nouveau Premier secrétaire du PS, se tiendra les 7 et 8 avril à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Olivier Faure, en campagne jeudi dans le Finistère et le Morbihan et vendredi dans les Côtes-d’Armor et en Ille-et-Vilaine, se dit résolu à écrire "un nouveau chapitre" de l’histoire du PS. Entretien.

Que représente la Bretagne pour le Parti socialiste ?

Une région importante ! Longtemps terre de conquête, l’Ouest est devenu une terre d’excellence pour les socialistes. C’est là qu’on crée, qu’on innove. Ce n’est pas un hasard si les regards sont souvent portés sur ce que peuvent faire Johanna

.Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne, préside le groupe Nouvelle Gauche à l' Assemblée Nationale.

Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne, préside le groupe Nouvelle Gauche à l' Assemblée Nationale. | Christophe Morin / IP3

Olivier Faure est président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale. En campagne pour le poste de premier secrétaire de son parti, il est dans le Finistère et le Morbihan jeudi et passera par les Côtes-d’Armor et l’Ille-et-Vilaine vendredi, à la rencontre des militants socialistes bretons. Résolu à écrire "un nouveau chapitre" de l’histoire du PS, il plaide pour "un fonctionnement plus décentralisé" du parti, qui donnerait plus de place aux jeunes et s’appuierait sur les succès locaux.

Quatre candidats sont en lice pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste : Olivier Faure, Stéphane Le Foll, Emmanuel Maurel et Luc Carvounas. Les militants voteront le 15 mars pour les départager, sur la base des motions déposées par chaque candidat. Le congrès national du PS, qui verra la désignation officielle du nouveau Premier secrétaire du PS, se tiendra les 7 et 8 avril à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Olivier Faure, en campagne jeudi dans le Finistère et le Morbihan et vendredi dans les Côtes-d’Armor et en Ille-et-Vilaine, se dit résolu à écrire "un nouveau chapitre" de l’histoire du PS. Entretien.

Que représente la Bretagne pour le Parti socialiste ?

Une région importante ! Longtemps terre de conquête, l’Ouest est devenu une terre d’excellence pour les socialistes. C’est là qu’on crée, qu’on innove. Ce n’est pas un hasard si les regards sont souvent portés sur ce que peuvent faire Johanna Rolland ou Nathalie Appéré.

La transition entre les générations s’y est effectuée dans de meilleures conditions, à Nantes, Rennes, Lorient. Autour de personnalités comme Loïg Chesnais-Girard, Yohann Nédélec, Emmanuel Couet, est apparue une génération d’élus et de responsables locaux totalement opérationnels, qui incarnent le renouveau. C’est un exemple à suivre.

Il n’y a pourtant eu qu’un député PS élu aux législatives en Bretagne, passé ensuite chez En Marche…

C’est vrai, mais ce qui a été sanctionné par les électeurs aux mois de mai et juin, c’est la rue de Solférino, nos pratiques nationales, nos sempiternelles divisions, pas ce qui se fait dans les territoires. Il vient d’y avoir des municipales partielles dans la Nièvre, Le Puy-de-Dôme, la Haute-Garonne, où nous avons conservé, voire conquis des mairies. Là où nous avons des personnalités et des politiques bien comprises, nous faisons mieux que résister. Tout l’enjeu du congrès sera de repartir de ce que nous avons de meilleur, c’est-à-dire de nos expériences dans les territoires, pour reconquérir une crédibilité au plan national.

La Bretagne peut-être un bon socle pour cette relance ?

 

Je souhaite que nous ayons un fonctionnement plus décentralisé, en associant aux décisions ceux qui animent le parti dans les territoires. Le Bureau national ne peut pas être uniquement composé de Franciliens, mais doit tenir compte du poids démographique et politique des uns et des autres.

Je voudrais que les cadres fédéraux puissent y participer, qu’on n’ait plus le sentiment d’un huis clos entre quelques initiés qui se positionnent les uns par rapport aux autres sans tenir compte des réalités du pays. Repartir de ce que sont les préoccupations des Français, de ce que nous avons réussi dans les territoires et dont nous n’avons, curieusement, jamais fait le recensement. C’est le problème de ce parti, qui a progressivement asphyxié ses propres talents qui ne demandent qu’à être entendus. C’est d’ailleurs certainement pour cela que certains ont pris un chemin parallèle avec La République En Marche, pour forcer le destin. Cela ne les excuse pas, mais il y a là une part d’explication à certaines désertions.

Le parti peut-il se reconstruire sans faire alliance avec d’autres formations politiques ?

Je suis partisan de notre autonomie stratégique. La première question à se poser, c’est qui sommes-nous ? Que voulons-nous faire ? Comment nous réaffirmer dans le débat public ? Il s’agit d’obliger les autres à se positionner par rapport à ce que nous sommes, et non pas nous positionner par rapport à ce qu’ils sont, pour ne pas être les supplétifs d’autres formations politiques. La question, ce n’est pas les autres, mais nous. De quoi sont fortes La France Insoumise ou La République en Marche aujourd’hui ? De nos faiblesses ! C’est parce que nous n’avons pas été à la hauteur qu’ils ont réussi à percer. Si le PS avait été à la hauteur de sa propre histoire, il n’y aurait pas eu l’émergence de ces deux forces-là.

Quelle est l’ambition que vous vous fixez pour le PS ?

Être à nouveau la première force à gauche à l’issue des prochaines élections locales, les municipales, départementales et régionales. C’est la condition d’un retour de la gauche, y compris aux affaires nationales. Les citoyens qui nous avaient fait confiance jusqu’ici se sont réfugiés, à la présidentielle, beaucoup dans le vote Macron, pour partie dans le vote Mélenchon, mais surtout dans l’abstention.

Nous avons besoin de réenchanter le discours à gauche. Que ferons-nous si les militants nous choisissent ? Mois après mois, nous reviendrons sur tous les grands sujets qui intéressent la vie quotidienne des Français, et nous bâtirons des scénarios alternatifs qui seront ensuite soumis au vote des militants et des Français qui souhaitent accompagner la reconstruction de la gauche. Nous devons avoir l’ambition d’être à nouveau le lieu d’ébullition, là où se croisent société civile et militants politiques, être le carrefour de toutes les innovations.

Qui sera élu premier secrétaire ?

Je souhaite que les militants me donnent la force nécessaire pour engager cette renaissance. Je suis entré dans cette campagne en n’étant ni l’homme d’un clan, ni l’homme d’un courant, je suis celui qui anime le groupe socialiste à l’Assemblée depuis un an, avec la volonté de remettre tout le monde autour d’une table, de permettre aux gens de se parler. Je ne supporte plus, comme la plupart des militants je crois, l’idée que les conflits qui nous ont opposés depuis 20 ou 30 ans soient encore notre actualité. Rocardiens, Fabiusiens, Straus-Khaniens, Hollandais, Aubristes… tout cela me paraît hors de saison.

Si nous ne savons pas mettre un terme à ces antagonismes du passé, à un moment où le Président de la république prétend pouvoir dépasser le clivage gauche droite, si nous ne parvenons même pas à rassembler les socialistes entre eux, comment pourrons-nous, demain, rassembler la gauche, puis les Français ? Ça n’a aucun sens de vouloir rejouer le match du quinquennat à l’infini. Ce match, nous l’avons déjà tous perdu.

Vous voulez tourner la page ?

Plutôt écrire un nouveau chapitre, en restant dans le même livre. On a une histoire, des moments de fierté, d’autres de crise, et c’est comme ça depuis plus d’un siècle. Le chapitre entamé par François Mitterrand au congrès d’Épinay est clos, les Français y ont mis un point final en mai et juin. Il faut désormais construire autre chose. Notre renaissance passera par la réaffirmation de nos valeurs d’origine, qui doivent continuer à nous animer, et l’entrée dans la modernité.

Jean Jaurès n’avait pas affaire à la transition numérique, à la transition énergétique, aux mutations dans le monde du travail… Fidèles à nos valeurs, nous devons apporter des réponses nouvelles aux sujets qui sont ceux de ce monde en constante évolution. Notre absence signifierait la victoire définitive des néolibéraux. C’est la raison pour laquelle je suis prêt à me mettre en première ligne dans ce combat pour porter une espérance nouvelle !

 

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