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#France : Défense L'État veut mettre 300 milliards d’euros sur la table d’ici à 2025

08 février 2018 - 57 vues

Régénérer les hommes et moderniser les équipements, durement sollicités, tout en préparant l’avenir : c’est l’ambition du nouveau projet de loi de programmation militaire (LPM) français, qui prévoit de consacrer 295 milliards d’euros à la défense de 2019 à 2025. Soit 2 % du PIB.

295 milliards d’euros : c’est le montant que l’État prévoit de consacrer à ses armées entre 2019 et 2025. Avec l’objectif de porter ses dépenses de défense à 2 % du PIB en 2025, selon le projet de loi de programmation militaire (LPM) qui sera présenté ce jeudi 8 février en conseil des ministres.

Le budget de défense français, de 34,2 milliards d’euros en 2018, va bénéficier d’une hausse de 1,7 milliard d’euros par an jusqu’en 2022, avant des « marches » de 3 milliards par an à partir de 2023, soit après la prochaine élection présidentielle, selon cette loi de programmation militaire (LPM).

Créer quelque 6 000 postes civils et militaires d’ici 2025

Cette trajectoire budgétaire ascendante contraste avec les réductions d’effectifs et les tensions financières endurées pendant plus d’une décennie par l’institution militaire, avant un redressement amorcé dans la foulée des attentats de 2015.

Reste une incertitude quant à la forte hausse des moyens programmée en 2024 et 2025, au-delà du quinquennat Macron. Pour l’heure, ce sont 198 milliards d’euros de besoins, de 2019 à 2023, qui sont « couverts de manière ferme », souligne-t-on au ministère. Les montants des années suivantes seront « précisés » lors d’une actualisation de la LPM en 2021.

« Les précédentes LPM demandaient des efforts aux armées. Cette fois, on demande un effort à la nation pour les armées », fait-on valoir dans l’entourage de la ministre des Armées Florence Parly.

En matière d’effectifs, après quelque 60 000 suppressions de postes entre 2005 et 2015, le ministère ambitionne de créer quelque 6 000 postes civils et militaires d’ici 2025, dont 3 000 d’ici cinq ans. Il compte notamment renforcer les effectifs de la cyberdéfense (1 500 postes) et du renseignement (1 500 postes).

Davantage de crédits pour les petits équipements des militaires

Cet « effort budgétaire inédit » pour « arrêter la lente érosion de nos capacités militaires », selon les propos du président Emmanuel Macron, va être consacré en priorité à l’amélioration du quotidien du soldat et à la modernisation d’équipements à bout de souffle, alors que la France est engagée tous azimuts depuis des années, au Sahel (opération Barkhane), au Levant (Chammal) et sur le territoire national (Sentinelle).

Pour améliorer la condition de quelque 200 000 militaires français et chercher à les fidéliser, la LPM doit augmenter nettement les crédits consacrés aux petits équipements (gilets pare-balles de dernière génération, treillis ignifugés), à l’entretien du matériel et aux infrastructures.

Deuxième grand axe : la modernisation accélérée des matériels, nombreux à aligner plusieurs décennies de service, a été privilégiée.

Renouvellement des véhicules blindés médians

Au menu figure le renouvellement accéléré des véhicules blindés médians de l’armée de Terre (programme Scorpion), dont 50 % des nouveaux modèles seront livrés d’ici 2025. Les fameux VAB, 40 ans au compteur, seront notamment remplacés par les blindés Griffon, dont 150 exemplaires supplémentaires seront commandés.

La Marine obtient quatre pétroliers ravitailleurs de nouvelle génération, dont deux d’ici 2025, et se voit accorder 19 patrouilleurs au lieu de 17, indispensables pour surveiller les zones économiques exclusives françaises outre-mer.
L’armée de l’Air, elle, va bénéficier du renouvellement accéléré de sa flotte d’avions ravitailleurs par 15 A330 MRTT, alors que ses KC-135 volent depuis plus de 50 ans.

Des études sur le remplacement du porte-avions Charles de Gaulle

Pour préparer l’avenir, la France va lancer des études sur le remplacement de l’unique porte-avions français, le Charles de Gaulle, qui sera retiré du service à l’horizon 2040. Seront également lancées des études sur le système de combat aérien du futur et sur le char de combat du futur.

Sur le plan de la dissuasion nucléaire, clé de voûte de la défense française, les coûteux travaux de renouvellement des deux composantes (navale et aérienne) seront engagés au cours du quinquennat. Budget estimé : 37 milliards d’euros entre 2019 et 2025.

Face à ses annonces, l’ancien chef d’État-major des armées Pierre de Villiers a appelé à la vigilance mercredi soir sur France 3, en soulignant que la mise en œuvre de ces projections budgétaires était rarement fidèle aux engagements initiaux. « Nous sommes sur une pente à 1,7 milliard jusqu’en 2022 et ensuite la pente est à 3 milliards à partir de 2023 […] Évidemment, nous avons l’expérience, il faudra être vigilant » sur l’exécution de ces engagements, a lancé le général. Qui a démissionné en juillet 2017 après un conflit avec le chef de l’État en raison de coupes budgétaires.

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