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#Chère Lectrice, Cher Lecteur, Persévérance dans l'effort

08 décembre 2017 - 209 vues

 

 Ne faites qu'une chose à la fois

M. Jules Claretie a dit quelque part : "Notre siècle n'est pas celui des affaiblis, des anémiés ; c'est le siècle des émiettés." Et ceci est vrai.

Le grand défaut de l'homme moderne, c'est d'entreprendre 5, 6, 10 choses à la fois ; de vouloir mener de front la finance, les sports, la politique et les arts ; de tenter toutes les expériences, d'entamer toutes les études et d'essayer d'embrasser le monde dans ses faibles bras.

L'élève qui veut arriver abandonnera cette défectueuse méthode. Il ne doit chercher qu'un but, ne franchir qu'une étape à la fois et ne jamais dévier du chemin qui mène à ce but. Libre à lui, le but étant atteint, d'assigner un nouvel objectif à son infatigable activité et d'en poursuivre la réalisation.

Le champ ouvert à l'ambition de l'homme est illimité, mais celui-ci ne pourra en tirer profit que s'il s'astreint à ne tracer un nouveau sillon qu'après avoir terminé le précédent.

Dans son très beau livre : l'Éducation de la volonté (Alcan, éditeur), M. Jules Payot s'élève avec force contre cette tendance de l'étudiant moderne à poursuivre plusieurs travaux à la fois :

"C'est si bien dans l'effort modéré mais continu que réside l'énergie réelle et féconde que tout travail, s'il s'écarte de ce type, peut être considéré comme un travail paresseux.

Travail continu implique, cela va sans dire, continuité de direction. Car l'énergie de la vo­lonté se traduit moins par les efforts multiples que par l'orientation vers une même fin de toutes les puissances de l'esprit.

 

Ne faites jamais partie du type éparpillé

Voici en effet un type de paresseux très fréquent. Le jeune homme est vif, gai, énergique. Il reste rarement à rien faire. Dans sa journée, il a lu quelque traité de géologie, un article de Brunetière sur Racine, parcouru quelques journaux, relu quelques notes, ébauché un plan de dissertation, traduit quelques pages d'anglais.

Pas un seul instant il n'est resté inactif. Ses camarades admirent sa puissance de travail et la variété de ses occupations. Nous, cependant, nous devons flétrir ce jeune homme du nom de paresseux. Pour le psychologue, il n'y a dans cette multiplicité de travaux que l'indice d'une attention spontanée d'une certaine richesse, mais qui n'est pas encore devenue attention volontaire.

Cette prétendue puissance de tra­vail varié ne témoigne que d'une grande fai­blesse de volonté. Cet étudiant nous fournit un type de paresseux très fréquent, et que nous appellerons le type éparpillé. Cette "prome­nade de l'esprit" est agréable, à coup sûr mais ce n'est qu'une promenade d'agrément.

Nicole appelle des "esprits de mouche" ces travailleurs qui vont se posant çà et là, sans profit. Ils sont, pour rappeler la jolie image de Fénelon, "comme une bougie allumée dans un lieu exposé au vent".

Ne soyez donc pas de ces "esprits de mouche" dont parle Nicole, ne faites jamais partie du type éparpillé si bien qualifié par M. Payot. Choisissez le seul labeur que vous croyez avantageux pour vous, qui convient le mieux à vos facultés, que vous vous sentez capable de mener à bien.

Le choix dûment et sérieusement fait, attachez-vous y opiniâtrement, restez indifférent aux sollicitations extérieures, aux distractions puériles que la vie sèmera sur votre route.

 

Soyez gai, prenez votre part de joie sans perdre votre temps en bavarderies inutiles

Ceci ne veut pas dire que vous devez être morose, hargneux et ennemi du rire sain ; car, comme l'écrit Henry Muret : "On a fini par com­prendre que tout travail doit s'accomplir sans ennui. Il faut aimer son labeur, et, pour l'aimer, il sied d'en bannir la tristesse."

Non, l'écueil dangereux, c'est l'attention donnée aux futilités, le temps prodigué en bavarderies inu­tiles, les stations prolongées dans les cafés ; ce sont ces milliers de minutes perdues qui acca­parent l'esprit, encombrent la voie et dissimu­lent le but, derrière l'enchevêtrement de leurs broussailles.

Soyez gai, prenez votre part de joie, recherchez les plaisirs élevés, les conversations spirituelles, mais sans vous attarder outre mesure dans ces charmants entractes de votre vie active.

 

Nous avons tous des tempéraments et des goûts différents

Fermez l'oreille aux avis de ceux qui chercheraient à vous détourner de votre tâche. Le plus souvent, vos conseilleurs ignorent et vos goûts et votre ambition. Aucun de nous n'envi­sage les choses sous le même angle, parce que nous avons tous des tempéraments et des goûts différents.

Pierre s'y prendrait comme ceci et Paul comme cela, suivant leurs tendances, leur éducation, leurs habitudes, leurs qualités res­pectives. Leur nature, inconsciemment, les pousse dans des voies opposées. Chacun d'eux présume que l'effort sera moindre de ce côté-ci plutôt que de cet autre, parce qu'ils subordonnent tous les 2 leurs décisions à la valeur de leurs aptitudes personnelles.

 

N'écoutez que vos propres inspirations

Comment voulez-vous qu'un étranger, un parent même, qui voit selon ses idées, qui calcule d'après ses inclinations, sache mieux que vous ce que vous devez faire, ce que vous pouvez faire ?

Il ne peut connaître que superficiellement vos capa­cités, il ignore la somme d'énergie que vous êtes susceptible de fournir dans les diverses péripéties de la lutte que vous allez entre­prendre. Il est inapte à juger impartialement de votre pouvoir de résistance.

Le mieux est donc de ne se fier qu'à soi, de n'écouter que ses propres inspirations. C'est, sinon la plus agréable, du moins la plus sûre manière de devenir un homme de bonne heure.

Ne marchandez pas trop le prix de l'expérience, vous ne regretterez jamais dans la suite les peines qu'elle vous aura coûtées.

Assignez à votre action une tâche nettement délimitée, entrevoyez clairement la topogra­phie, pour ainsi dire, de l'œuvre qui vous solli­cite. Proportionnez la durée des étapes à l'importance de vos ressources morales et matérielles. Sachez bien à l'avance où vous allez.

 

Avancez toujours avec régularité et méthode

Que toute votre énergie, que tous vos efforts intelligemment coordonnés, pèsent sur le même point, uniformément, sans interruption, jusqu'à ce que ce point vous soit acquis. Puis avancez toujours un peu plus, avec régularité et méthode, d'un point à un autre et de cet autre au suivant.

Évitez la hâte, résistez aux défaillances, luttez, vous serez étonné vous-même du résultat que vous obtiendrez. Une maxime persane dit fort ingénieusement :

"La patience est un arbre dont la racine est amère et dont les fruits sont très doux." Ayez le courage d'attendre la maturité de ces fruits, vous serez heureux, un jour, de les cueillir.

 

L'homme courageux est celui qui accomplit courageusement tous les actes de la vie

Ici encore, je ne puis résister à l'envie de mettre sous les yeux du lecteur une nouvelle page de l'Éducation de la Volonté. L'œuvre de M. Payot devrait être le livre de chevet de tous ceux qui pensent, de tous ceux qui veulent agir avec méthode, raison et dignité. Écoutons ce véritable éducateur :

"Rares sont dans la vie les occasions d'accomplir des actions d'éclat. De même qu'une excursion au Mont-blanc se résout en quelques myriades de pas, d'efforts, de sauts, d'entailles dans la glace ; de même la vie des plus grands savants se résout en longues séries d'efforts patients."

Agir, c'est donc accomplir 1000 menues actions. Bossuet, qui fut un admirable direc­teur de conscience, "aux grands efforts extraordinaires où l'on s'élève par de grands élans, mais d'où l'on retombe d'une chute pro­fonde", préférait "les petits sacrifices qui sont quelquefois les plus crucifiants et les plus anéantissants, les gains modestes, mais sûrs, les actes faciles, mais répétés, et qui tournent en habitudes insensibles... Peu suffit à chaque jour si chaque jour acquiert ce peu..."

En effet, l'homme courageux n'est point celui qui accomplit quelque grand acte de courage, mais bien celui qui accomplit courageusement tous les actes de la vie.

C'est l'élève qui, malgré sa répugnance, s'oblige à se lever afin d'aller chercher un mot dans le dictionnaire, qui achève sa tache malgré le désir de paresser, qui termine la lecture d'une page ennuyeuse.

C'est en ces 1000 actions insignifiantes en apparence que se trempe le vouloir, "toutes oeuvres donnent accroissement".

Nous devons, à défaut de grands efforts, en accomplir à toute heure de petits, excellemment et avec amour. Qui spernit modica paulatim decidet. La grande règle ici, c'est d'échapper toujours, jusque dans les plus petites actions, à la vassalité de la paresse, des désirs et des impulsions du dehors.

En mettant de l'ordre dans la division et l'exécution de votre travail, vous doublerez le temps, vous abattrez 2 fois plus d'ouvrage que les autres. Vous vivrez de la "vie intense", préconisée par le président Roosevelt.

 

L'homme qui veut réussir doit faire momentanément le sacrifice de ses aises

Vos amis, vos voisins, se demanderont comment il vous est possible de venir à bout de votre vaste labeur, sans fatigue apparente, sans traces de préoccupations, sans vous départir de votre sérénité, de votre gaîté coutumières.

Vous serez pour eux un sujet d'étonnement et d'admiration. Ils subiront votre prestige et croiront à vos conseils ; ils reconnaîtront d'eux-mêmes vos dons exceptionnels d'organisateur et s'incline­ront devant votre suprématie.

La conquête est sans doute difficile, le tra­vail aride ; mais l'homme qui veut arriver doit faire momentanément le sacrifice de ses aises.

Une fois parvenu au sommet auquel il aspire, il se reposera, ses peines lui seront payées au centuple, et c'est devant un vaste horizon, au milieu d'une nature complaisante et propice, qu'il pourra goûter en paix les joies du devoir accompli et de l'ambition réalisée.

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