AFRIQUE2050 : Diplomatie gabonaise: entre le Gabon et la Russie, les relations sont de «grande qualité»

23 octobre 2020 à 23h37 - 335 vues

Par RadioTamTam

La pandémie a ralenti les échanges économiques entre le Gabon et la Russie mais il y a de grands projets en discussion, confie en interview exclusive à Sputnik Johanna Rose Mamiaka, ambassadrice de la République gabonaise en Russie.

Sputnik: Comment évaluez-vous les relations actuelles entre la Russie et le Gabon?

Johanna Rose Mamiaka: Je voudrais tout d’abord vous remercier de me donner l’opportunité d’évoquer, par le biais de votre support médiatique, les relations Russie-Gabon qui sont en tous points de vue des relations de grande qualité. Deux éléments permettent en effet d’évaluer les rapports entretenus par les deux pays sous cet angle.

D’abord, il y a une convergence de vue des autorités russes et gabonaises sur nombre de sujets de l’agenda international, tels que le développement durable et la lutte contre le terrorisme. Ensuite, il y a une volonté affichée des deux États d’élargir le champ d’action de leur coopération bilatérale.

Ce sont là des indicateurs qui permettent donc d’affirmer que les relations entre la Russie et le Gabon sont d’un bon niveau.

Sputnik: Comment la pandémie a-t-elle ralenti la coopération bilatérale et dans quels secteurs?

Johanna Rose Mamiaka: À l’instar de tous les pays du monde, la pandémie de coronavirus a mis en veille les activités en développement entre le Gabon et la Russie. La période post Sotchi [octobre 2019, ndlr] notamment en est la parfaite illustration, en ce que les projets discutés et les rencontres organisées durant le Forum économique n’ont pu voir le jour.

Il est évident que tous les secteurs de coopération ont été impactés par l’arrêt des échanges internationaux réguliers, et ce, au-delà de la seule sphère économique, car même les consultations politiques et autres projets prévus de longue date ont dû être reportés sine die.

Toutefois, nous suivons attentivement l’évolution de la situation sanitaire, afin de reprendre nos activités dans les meilleurs délais.

Sputnik: Y a-t-il de nouveaux grands projets de coopération en vue entre Libreville et Moscou?

Johanna Rose Mamiaka: Il y a bien entendu des projets toujours en discussion entre les deux capitales, sur la base d’une coopération que l’on souhaite riche et multisectorielle. Le Gabon a un bon potentiel économique à mettre en valeur, alors que la Russie possède une grande expertise technique à faire valoir. En conséquence, nous avons à cœur de mettre ces atouts au service de nos intérêts respectifs.

Sputnik: Est-ce que le Gabon prévoit une collaboration liée au vaccin Spoutnik V?

Johanna Rose Mamiaka: En tant que membre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Gabon est attentif aux politiques édictées par l’institution en matière de santé publique, et particulièrement dans le contexte de crise sanitaire que nous connaissons actuellement.

C’est donc sur la base des recommandations que fera l’OMS sur cette question que mon pays prendra les mesures idoines concernant le vaccin, ou tout autre traitement contre le Covid-19.

Sputnik: D’après vous, quels problèmes intérieurs du Gabon pourraient être résolus avec la participation de la communauté internationale? Ou notamment de la Russie?

Johanna Rose Mamiaka: Si vous placez les questions de développement économique dans le registre des problèmes intérieurs du Gabon, alors je dirais que mon pays a besoin d’intensifier les liens de coopération multiforme avec les partenaires internationaux dont la Russie, dans le but d’accroître les échanges économiques mais aussi de renforcer cette vision commune sur la nécessaire primauté du multilatéralisme dans les relations internationales.

Sputnik: La nomination de Liliane Massala, votre homologue en France, est perçue par Paris comme un «excellent signal». D’après vous, comment cette nomination va-t-elle changer les relations entre le Gabon et la France?

Johanna Rose Mamiaka: Si votre question fait référence à la nature du nouvel ambassadeur du Gabon en France qui est une dame, je voudrais rappeler que ce n’est pas un fait nouveau dans mon pays, de voir une femme accéder à de hautes fonctions, et précisément au poste d’ambassadrice de la République gabonaise en France.

En revisitant l’Histoire, vous constaterez en effet que le Gabon a, depuis de nombreuses années maintenant, associé les femmes à la gestion de la chose publique, à un niveau très élevé.

Et s’agissant particulièrement de Paris, la première femme à y avoir servi en qualité d’ambassadrice du Gabon fut madame Honorine Dossou Naki, en 1994.

SOURCE : Sputniknews

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