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#Afrique :L'UNIVERSITE DES CONNAISSANCES AFRICAINES APPELLE A L'#INSURRECTION DE L'AUDACE CONCEPTUELLE

02 novembre 2016 - 338 vues

Patrice PASSY - DB CONSEILS

Directeur Associé chez DB CONSEILS

L'Afrique est-elle capable de profondes transformations pour développer une autorité de puissance avec ses deux milliards quatre cent mille habitants en 2050 ? Deuxième puissance démographique au monde dans 30 ans, il est temps de conceptualiser les contours de cette puissance. 

Le contexte                                                                                           

En 2015, les peuples africains vivent dans un monde où les nouveaux rapports sont marqués par la concurrence violente que se livrent des États dans la course au leadership mondial. La plupart des enjeux, qui conduisent la vie quotidienne africaine, sont issus de choix globaux, qui sont en fait un habitacle imposé. Que l'on regarde la conduite de ces économies, le contrôle de leurs finances publiques, la mise en ordre des systèmes financiers mondiaux qui les affectent, l'industrialisation africaine est nécessaire. Il y a urgence d'une harmonisation du droit des affaires, des fiscalités applicables aux entreprises à l'intérieur de nos États, de la mise en place d’une vigoureuse réponse structurelle sur le "bouquet de manque africain",d’organisation de vraies politiques sociales collectives et individuelles, d'indispensable investissement dans les métiers d'avenir où ses ingénieurs sont loin de constituer une taille critique pour freiner le développement. Tout en 2015, appelle à la mise en commun des efforts, des intelligences, des stratégies et non au bal des égoïsmes étatiques, auxquels nous assistons depuis 55 ans. Ce bal des égoïsmes finira par être mortels aux africains, face aux grandes mutations que génère la mondialisation.

Notre appel aux évolutions endogènes africaines

La crise économico-financière, la baisse du prix du pétrole, le terrorisme, les sept faims africaines, les incohérences institutionnelles qui ravagent nos perspectives depuis 2000, deviennent un appel aux évolutions endogènes africaines. Le monde actuel s’inscrit dans une gestion récurrente des équilibres devenus instables, dûs au vieillissement des structures économiques, financières, politiques, monétaires et sociales d'un certain nombre des leaders mondiaux. L’arrivée de la Chine dans la course pour le leadership mondial est, pour les africains, un réactif en laboratoire. Elle est révélatrice de quelque chose de plus profond : la puissance mondiale a quitté les rives de l'Atlantique pour s'installer sur les rives du Pacifique. Mais cette tornade a mis à jour, la nécessité de repenser nos systèmes politiques, de proposer au monde notre modèle africain d’émergence économique, de ne plus copier-coller ce qui existe depuis nos indépendances et d'accepter, l'idée qu'il n'y a pas de politiques applicables sans un gouvernement économique comme support pour la conduire, c'est-à-dire une construction politique intelligible pour nos peuples.

Bien sûr, nous ne sommes pas sourds, nous entendons le vent mauvais des batailles fratricides sur les constitutions, sur l’alternance politique, sur la démocratique, drapé dans de pseudo-vertus de fausses valeurs nationales. Car qu'on me dise où est la souveraineté des États si endettés, que n'importe quel spéculateur, dans n'importe quelle place financière, peut obliger nos gouvernements à modifier leurs politiques économiques ou fiscales ?                   Qu’on nous dise, si une économie sans maîtrise de sa monnaie, sans institution fédératrice et reconnue par tous, peut orchestrer une émergence économique ? Enfin, sans maîtrise de l’économie de la connaissance comment produire un corpus théorique national, utile à la mise en œuvre des projets structurants et mobilisateurs pour nos souverainetés. 

Université des connaissances africaines et l'appel à l'insurrection de l'audace conceptuelle

Notre rationalité est devenue économiste, son paradigme est le libéralisme triomphant. Nous n'avons plus d'autres ressources qu'un appel déraisonnable à la mise à mort de notre obsolescence créatrice... et à l'insurrection de l'audace conceptuelle. Ce qui relie, rallie, relate, États peuples nations, quelle que soit leur complexité constitutive ou découlant de l'Histoire, c'est souvent une idée, une éthique référentielle. 

Cela peut aussi être une intention autour d'un projet global ; une stratégie d'ensemble liée à une vision commune des enjeux du monde ; un pacte républicain ou autre qui autorise le respect des différences et surtout leur expression positive. En clair : une politique et son appareillage. Par l'appareillage politique, la nation naturelle concrétise son optimal degré de souveraineté. La nation naturelle naît à elle-même par le Politique. La nation politique est une nation naturelle dotée d'une intention et des moyens d'agir dans le concert du monde. Mieux que l'idée d'indépendance, l'idée de souveraineté est la seule qui puisse mettre fin à toute forme de colonisation. On peut être indépendant et ne pas être souverain.

La Françafrique est la gestion néocolonialiste d'un lot d'indépendances.

Durant l'esclavage, beaucoup de nègres marron n'étaient pas « libres » : peu souverains en leur imaginaire malgré les chaînes rompues.

Construisons de nouvelles souverainetés collectives

C'est donc une autre forme de souveraineté qu'il faut trouver à l'intérieur des terres africaines, et cette forme ne peut être que collective. Pour que la deuxième puissance démographique mondiale puisse jouir de son statut dans 30 ans, il nous faut, après les indépendances octroyées, franchir une nouvelle étape de son histoire. N'ayons pas peur, d'écouter les arguments de ceux qui vivent dans le passé, qui tiennent absolument à leurs privilèges, qui pensent que le fédéralisme est la solution, de ceux qui sont réticents, de ceux qui veulent une inflexion, de ceux qui pensent qu’il est temps de créer nos souverainetés collectives, de thématiser nos évolutions par la mutualisation des intérêts des États, la mise sur pied des connivences économiques entre peuples et États... Il va donc s’agir de construire notre souveraineté collective.

La souveraineté met fin à toute forme de colonisation en dotant une entité collective d'un outil politique d'abord capable de s'auto-organiser, puis de maîtriser et de choisir les interdépendances qui lui sont nécessaires (ses relations extérieures, ses adhésions, ses alliances historiques, ses associations, ses choix économiques, son réseau écologique international, sa coopération régionale, son maillage de luttes dans les combats mondiaux, etc...). Les souverainetés peuvent établir entre elles toutes formes d'alliances et d'associations, et s'articuler sur des formes de convergences infiniment complexes, bien au-delà des fédérations ou confédérations. En la matière, la capacité inventive, seule, confronte désormais les limites.

L'idée de souveraineté, articulée en différents niveaux et différents espaces, est adaptée à l'écosystème interdépendant du monde contemporain africain. Là où l'assistanat-dépendance accule les pays africains à une rupture avec l'écosystème du monde, le processus de souveraineté optimale pourrait les réinstaller par la responsabilité dans leurs propres réalités, dans celles de leur région et dans celles du monde. S’opérerait ainsi, l'affirmation positive et sereine d'une volonté commune et d'une intention s'articulant en pleine conscience à d'autres volontés et d'autres intentions. Par « volonté » et « intention » j'entends : une autorité intérieure, individuelle et collective. Par « processus de souveraineté optimale » j'entends : la récupération de tous les espaces de souveraineté qu'autorisent le niveau de conscience collective et le rapport de forces politiques en présence. Toute accession à l'autorité intérieure, nous délivre des enfermements idéologiques, du verrou des mots d'ordre, et des vieilles conceptions de l'État-nation. Toute autorité intérieure est génésique en ces matières : elle crée des formes toujours nouvelles et toujours dynamiques, en relation avec le monde.

 

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